Surmonter les 3 obstacles du télétravail : la démotivation, la fusion des temps et l'entourage

Par quelqu'un qui télétravaille depuis 2012

J’ai commencé à télétravailler en 2012. Par conséquent, j’ai fini par oublier à quel point c’était dur pour les débutants.

Car oui, le télétravail c’est extrêmement dur. Il y a des avantages évidents mais aussi de gros obstacles à surmonter.

On va voir ici les trois principaux : la motivation, la fusion des vies pro et perso et l’intrusion des proches.

Si tu n’as pas le temps de tout lire, va directement au tout dernier point : c’est le plus important. Pour les autres…c’est parti !


#1 | La démotivation

La question que tout le monde se pose. Comment garder la motivation ? Tu as dû te rendre compte que le temps ne passe pas moins vite. Au début tu t’es dit que tu aurais grave du temps. Mais en fait non : tu as toujours 24 heures dans une journée.

Accepter la procrastination

Tu vas devoir accepter de ne pas être à fond en permanence. Il faut arrêter de te crisper au volant. Car, manque de pot, la procrastination est reliée à ton sentiment de culpabilité. Elle est une manière de soulager la culpabilité en la fuyant.

La meilleure manière de lutter est donc d’accepter que c’est ok de ne pas travailler tout le temps.

Sinon tu décroches la double peine : tu ne travailles pas…mais tu ne te divertis pas non plus. Ce n’est pas un temps de relaxation puisque tu te sens coupable.

Quand j’étais au collège, je passais le weekend entier à redouter la remise du devoir d’arts plastique. Mais je commençais à le faire à la dernière heure du dimanche. Donc non seulement je faisais un truc nul mais en plus je n’avais même pas savouré le weekend.

Je sais, c’est dur. Mais il va falloir que tu l’acceptes : dès que tu as envie de te divertir, divertis-toi pleinement. Ne résiste pas : lâche prise. Plonge pleinement dans le divertissement. Mais vis-le pleinement.

Piste pour te déculpabiliser : le rendement d’une heure de télétravail est généralement bien plus grand qu’une heure au bureau. Donc en vrai tu pourrais travailler à mi-temps que tu serais toujours aussi efficace. Car tu n’as pas les interruptions habituelles.

Tu as un rythme naturel

Puisque tu n’as plus le rythme imposé par les autres, tu vas devoir trouver le tien. Pourquoi t’imposer un 09h-18h si ce n’est pas ton rythme ? Écoute ton corps, écoute ton énergie et comprends ton rythme. Ce sera peut-être 09h-18h. Mais ce sera peut-être 17h-22h.

Pareil, il faut l’accepter. Lutter contre est une perte d’énergie.

Toutes les tâches ne sont pas égales

Certaines tâches vont te demander beaucoup de concentration, d’autres non. Certaines te font plus plaisir que d’autres. Sois stratège : quand tu sens que tu manques de concentration ou de motivation, choisis les tâches les plus faciles.

#2 | La fusion des vies pro et perso

Ce phénomène est infernal. Le temps devient indifférencié et tu te retrouves dans une sorte de gloubi-boulga terrible : ni vraiment du travail, ni vraiment du loisir.

Pire encore : cette soupe est tentante. Tu vas donc devoir lutter pour ne pas te laisser aspirer. Surtout si tu rajoutes le phénomène de culpabilité par la procrastination qu’on a vu plus haut. Comment lutter ?

Avoir un espace de travail distinct

Si tu as une pièce séparée et le choix, je ne veux rien entendre : ne travaille jamais dans la pièce ou tu dors. Sous aucun prétexte. Jamais.

Maintenant, il se peut que tu n’aies pas le choix. Soit parce que tu vis dans un studio, soit parce que vous êtes plusieurs et que vous ne pouvez pas tous travailler dans l’autre pièce.

Si c’est le cas, tu dois quand même créer un espace de travail. Ne travaille pas depuis ton lit. Ça c’est le rêve Instagram. La photo est marrante à partager. En réalité c’est un cauchemar sur le long terme. Sans compter que c’est dangereux. En 2017 je me suis fait une névralgie cervicale en travaillant 7 heures d’affilée depuis mon lit.

J’ai fait des dégâts probablement irréversibles à mes muscles. Au moment où je t’écris, j’ai une douleur permanente à la main droite. Malgré d’innombrables séances de kiné. Je ne sais pas si je pourrais guérir un jour.

Si je pouvais remonter dans le temps, je m’empêcherais de prendre cette sale manie de travailler dans un lit.

Au passage…travailler sur un ordinateur portable n’est pas bon sur la durée. Tu as besoin d’un clavier externe. Sinon, l’écran ne peut pas être à hauteur de tes yeux et tu dois courber la nuque.

Mais… pour un ou deux mois, si tu ne peux pas faire autrement ce n’est pas trop grave.

Avoir des habits distincts

Au tout début, je m’habillais en costard tous les matins, et je l’enlevais tous les soirs. Aujourd’hui je me permets plus de liberté mais je ne passe jamais une journée en pyjama.

Il faut que tu sépares tes habits de vie, de tes habits de travail. Ça va t’éviter la fusion. Sans aller jusqu’à la discipline de mettre un costume le matin puis de l’enlever, impose-toi de sortir de ton pyjama.

Ton corps est plus fort que ton esprit

Si tu es en manque de sommeil, ton corps vaincra ton esprit.

Si tu es en manque d’exercice physique, ton corps vaincra ton esprit.

Si tu es en manque d’hydratation, ton corps vaincra ton esprit.

Si tu manges trop gras, trop sucré, ton corps vaincra ton esprit.

Ne prends pas à la légère les impacts de ton corps sur ta productivité.

#3 | L’intrusion de tes proches

Voici le plus grand des obstacles. Car il ne dépend pas de toi. Tes proches vont être tentés de s’engouffrer dans la brèche qu’offre le télétravail.

Le proche qui t’interrompt en permanence

Que ce soit ton partenaire, un de tes parents, un ami… tu dois être intraitable sur les interruptions.

J’ai oublié de préciser mais il est évident que je me réfère à des proches qui sont adultes. Tu ne pourras jamais empêcher un bébé de t’interrompre. Si tu dois télétravailler avec un bébé, je ne peux rien faire d’autre que de prier pour ton salut.

La règle la plus simple est de reproduire les conditions du bureau. Surtout si vous n’avez vraiment pas l’habitude du télétravail. Passez par sms, messenger, whatsapp pour communiquer.

Ça peut paraître drastique mais c’est important pour ancrer la discipline. L’idée c’est qu’on ne s’autorise à se parler que si on aurait décroché le téléphone en temps normal.

Maman, est-ce que tu m’aurais appelé pour me dire ça, si j’avais été au bureau ? Non. Alors tu ne peux pas m’interrompre en profitant que je sois à portée de voix.

Bien entendu, on peut assouplir la règle quand les deux personnes prennent de l’expérience et de la maturité en télétravail.

Le proche qui s’ennuie

C’est une variante du point précédent. Tu n’es pas responsable de son divertissement. En revanche, tu peux aussi être un bon copilote de télétravail, en prenant son ennui comme un appel à l’aide et en l’aidant à identifier la tâche qu’il ou elle fuit.

Je te dis pas de devenir son manager. Surtout pas. Juste d’être un soutien.

Et justement…parlons du syndrome du manager.

Le proche qui se prend pour ton manager

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Voici le syndrome le plus dangereux. Ton proche décide de manager ton travail. Il fait des remarques comme :

  • Mais là tu ne fais pas grand chose

  • T’es pas ministre : tu peux bien t’arrêter 5 minutes pour discuter

  • Attends, je t’ai vu sur Facebook/Youtube y’a 3 minutes donc tu ne travailles pas, tu fais semblant

Alerte rouge. Si tu as quelqu’un qui se prend pour ton manager, ton télétravail va vite devenir un enfer.

Tu dois être intraitable. Même s’il faut une énorme dispute pour que ça rentre. Vraiment, tu ne peux pas laisser passer ça.

La personne te dira qu’elle fait ça pour ton bien mais c’est faux. Elle cherche juste à avoir le contrôle, le pouvoir. Elle ne le fait pas exprès, mais on aime être le manager. Surtout si ce proche est ton père ou ta mère. Car ils t’ont managé pendant des années.

Tu n’as pas l’énergie de gérer un manager. Tu es la seule personne qui décide si tu es en train de travailler ou pas.

Si tu veux aller sur Facebook pendant ton temps de travail, c’est ton droit. Au bureau, si tu faisais ça, ton proche ne viendrait pas s’introduire dans ton lieu de travail pour te dire de travailler plus durement.

Je sais que c’est dur à accepter pour les proches mais je vais le dire de manière simple et intraitable :

Aller sur Facebook pendant son temps de travail est du travail.

Ou plutôt, il faut imposer une distinction fondée sur le temps de travail et non le travail effectif. Cette distinction a été déployée il y a plus d’un siècle déjà dans le monde du travail salarié.

La preuve ? Ton salaire ne change pas selon la quantité de travail fournie. Un employeur rémunère ton temps de travail et non pas ton travail effectif.

Ce qui n’est pas le cas d’un prestataire comme un chauffeur Uber ou un freelance que l’on paie en fonction de sa quantité de travail.

Voilà d’ailleurs pourquoi on a inventé les managers : pour que l’employeur puisse pousser les salariés à travailler le plus possible pendant le temps de travail.

Mais ton proche n’est pas ton manager.

J’insiste : ton proche n’est pas ton manager. Tu dois lui faire comprendre. Tu es la seule personne qui décide de ton temps de travail.

Bonus : gérer son temps

Il faudrait un livre entier pour traiter le sujet. Mais si tu veux j’ai fait une conférence sur le sujet :

Et en version écrite si tu veux aller plus vite :

Comment gérer son temps ? [garanti sans méthode fumeuse]


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