[Podcast] C'est une de mes élèves qui m'a expliqué ce que je faisais

  
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Dans ce sixième épisode du Syndrome de La Page Noire on accueille Élise Bouskila.

Et pour une fois je peux vraiment dire que c’est mon invitée, puisque l’interview s’est déroulé chez moi.

Comme d’habitude on a parlé de plein de choses et tu peux d’ores et déjà aller écouter l’épisode sur YouTube ou sur une plateforme de podcast.

Mon outil me propose une option pour l’héberger directement sur la page de l’Atelier. Alors je fais le test. Je t’ai mis directement l’épisode sur l’Atelier. Tu devrais avoir un bouton play qui est apparu quelque part.

Si vous êtes beaucoup à l’utiliser, je continuerai à le mettre. Sinon on restera sur les liens habituels.

Ceci étant dit, revenons à nos moutons.

Comment trouver sa définition ?

Quand j’ai pensé à qui inviter pour ce podcast, j’ai été dans ma liste d’amis Facebook. Je me suis tout de suite dit que c’était une bonne idée. J’ai été vérifier que la danse Pom Pom était bien un art. J’ai vu que y’avait débat. Mais en même temps j’avais tapé le mauvais mot, j’avais tapé “cheerleading” qui est encore une autre discipline.

J’ai donc invité Élise. Avec un timing génial puisqu’on a habité dans la même ville sans se voir pendant 6 ans et qu’elle venait tout juste de déménager dans le Sud.

Sa première réaction a été “je sais pas si je suis légitime pour parler de création artistique”.

Là je me suis dit “merde”… parce que j’avais déjà le doute. En effet, je voulais pas en faire un moment où on parle d’entrepreneuriat. Mais en même temps je me suis dit “encore mieux si elle ne se définit pas comme artiste”. Car c’est précisément la raison pour laquelle j’ai lancé ce podcast : parler de ce déclic que j’ai moi-même mis du temps à avoir.

Grand bien m’en a pris. Je trouve que c’est un des épisodes qui représente le mieux ce que j’essaie d’illustrer.

“Je ne me reconnais pas dans l’image de l’artiste”

Cette phrase est devenue le titre de cet épisode. Elle résume bien ce qui nous chiffonne tous et toutes. Quand on pense à un artiste on imagine Picasso, Mylène Farmer… des gens un peu fantasques et exposés au monde.

Mais c’est la vision médiatique de l’artiste. Il existe plein de manière différentes de faire de l’art.

En l’occurrence, j’ai découvert qu’Élise faisait de la danse depuis son enfance et que, quand elle n’en faisait pas, ça lui manquait.

Je trouve que c’est une des meilleures définitions d’un artiste. Tu es un.e écrivain.e si quand tu n’écris pas, l’écriture te manque. Tu es un.e peintre si quand tu ne peins pas, la peinture te manque. Peu importe si ce que tu fais a du succès commercial ou pas.

J’ai l’impression, que les grands artistes connus de la danse sont très souvent dans le contemporain et, dans le contemporain y’a une forme de catharsis. La danse qui fait chialer. C’est cliché mais la danse contemporaine c’est souvent des émotions où le public est transcendé. Y’a un peu cette forme d’élasticité, souvent de souffrance, de musique très lente etc. Je me reconnais pas dans ça.

“J’ai l’impression qu’un artiste c’est quelqu’un qui crée pour les gens qui regardent son art”

“Et moi je crée pas pour les gens qui regardent le pom-pom, je crée pour les gens qui le dansent. C’est comme si un peintre était plus focalisé sur ses élèves qui apprennent la peinture plutôt que ceux qui allaient regarder la peinture. C’est pour ça que j’ai l’impression de ne pas être un artiste. Parce que je ne me reconnais pas dans la définition de l’art d’aujourd’hui”.

Ici, Élise nous parle de danse, mais je pense que c’est pareil partout. On est oppressés par les modèles dominants qui font la une. Lucile, dans le premier épisode, nous avait raconté qu’elle avait l’impression d’être trop vieille à 26-27 ans pour se lancer dans la musique parce qu’il y a un modèle de chanteuse pop médiatique.

Un jour une élève m’a expliqué ce que je faisais

Voici le moment qui m’a le plus marqué dans l’interview :

C’est une élève qui m’a expliqué ce que je faisais, elle m’a dit : t’as changé ma vie (…). grâce à toi j’ai repris confiance en moi, je me suis réconciliée avec mon corps et ma féminité et pour toujours ça aura changé ma vie. À aucun moment elle ne m’a parlé de danse.

Je dis souvent qu’il faut créer sans penser au regard du public. Mais j’oublie de dire que le regard du public est une bénédiction. En tout cas le regard du public qui est ta cible. J’ai vécu pareil avec l’Atelier : au début je savais pas qu’elle était ma ligne directrice. Et c’est certains et certaines d’entre vous qui me l’ont donnée. Avec des retours chaleureux.

Je comprends Youssoupha quand il dit :

J’étais un fils unique mais j’ai de l’amour fois mille. Tous les gens de mon public sont aussi de ma famille.

C’est cette danse entre ce qu’on veut exprimer et ce que le public renvoie qui est un des plus beaux cadeaux possible.

Et, tu sais quoi ? Tu n’as pas besoin d’être artiste pour le vivre. On peut tous demander aux gens qui nous aiment ce qu’ils aiment chez nous.

Fais-le. Vraiment. Envoie un texto à quelqu’un de ton entourage en lui demandant quelles sont tes qualités. On néglige le bien que ça peut faire.

La suite dans l’épisode

Comme je t’ai dit plus haut, je t’ai mis un accès direct à l’épisode avec un bouton play qui devrait s’afficher quelque part. Mais, comme d’habitude tu peux le retrouver en tapant le syndrome de la page noire dans n’importe quelle plateforme de podcast. Ou sur YouTube :