Le niveau musical s’est effondré

En moyenne, le niveau de la musique a chuté. Il n’y a jamais eu autant de mauvaise musique. Ce qui est logique puisqu’il n’a jamais été aussi facile de faire de la musique. Mais…

Il n’y a jamais eu autant de bonne musique

Hier, je t’ai parlé des effets d’Internet sur la création de contenu. Mais je me suis concentré sur les aspects économiques. Parlons maintenant de qualité intrinsèque.

Il n’a jamais été aussi facile d’auto-éditer depuis le programme Amazon KDP. On peut désormais écrire son livre, le mettre en forme directement depuis l’interface et appuyer sur un bouton pour le recevoir en format imprimé, chez soi.

Conséquence : il y a beaucoup de mauvais livres. De manière générale, la moyenne de qualité a diminué. MAIS on a aussi beaucoup plus de bons livres qu’avant. Des livres qui seraient restés dans des tiroirs.

En gros, là où avant y’avait 100 livres, on va en avoir désormais 1000 voire 10 000. Donc même si le niveau moyen diminue, ça fait quand même plus de bons livres en valeur absolue.

Je vais essayer de te montrer ça avec un schéma :

Tu vois que la surface verte est plus grande, même si la surface rouge est elle aussi beaucoup plus grande.

C’est valable aussi bien pour les livres que la musique ou les films.

Le second âge d’or du rap

D’ailleurs, ce phénomène a directement touché le rap.

J’ai été jaloux d’avoir connu le rap après son âge d’or. On le situe généralement entre 1985 et 1999/2000. Quand j’entendais les gens en parler je me disais que ça devait être génial de vivre ça.

J’ai découvert le rap dans ce qu’on sait désormais être le creux. Les années maudites du rap. Entre 2005 et 2015.

On pensait qu’on ne revivrait jamais une telle époque. Mais maintenant on sait qu’on se trompait. Les mêmes personnes qui me parlaient d’âge d’or me disent qu’on est clairement actuellement dans un second âge d’or.

Avec en plus une particularité appréciable : il y a désormais des dizaines de sous-genre de rap. Entre Damso, Orelsan, Booba, Vald et Alpha Wann, il y a un monde d’écart. Sans parler de PNL. Est-ce encore du rap, PNL ? On parle de cloud rap.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Précisément parce qu’on n’a plus besoin d’un intermédiaire pour réussir. On n’a plus besoin d’un grand public pour vivre confortablement. Alpha Wann a fait sa musique pendant 10 ans à une échelle confidentielle. Et il en vivait.

Aujourd’hui, il est un poil plus connu, mais il continue à tracer une route d’intégriste du rap. Sans concession sur la forme pour avoir un format qui passerait bien à la radio.

Freeze Corleone a fait pareil. Il a distribué sa musique directement, sans label. Grâce à distrokid (une sorte d’Amazon KDP pour la musique). Distrokid lui a permis de toucher 100% des royalties. On revient à la théorie des 1 000 fans : quand on trouve un moyen de distribuer son produit sans payer des intermédiaires, on peut en vivre en en vendant 10 à 20 fois moins.

D’ailleurs il s’en vante :

J'ai mes droits, j'ai mes masters 

Les masters se sont les fichiers originaux de la musique (et les droits financiers qui vont avec). Alors que certains artistes signés en maison de disque doivent céder leurs droits. Sur leur propre musique.

Il y a de tout pour tous les goûts

Ce qui est vrai pour le rap est vrai pour les autres arts. Et même au-delà : je suis des dizaines de Youtubeurs qui proposent des émissions toutes plus variées que les autres. Mais que je n’aurais jamais pu voir à la télévision. Car ce ne serait pas rentable.

Tu te rappelles ? La télévision se finance via la publicité. Or, la publicité paie très très très mal. Il faut donc un énorme public pour que ça soit rentable. On ne peut donc pas se permettre de faire des émissions avec 10 000 spectateurs.

Alors que certains vidéastes vivent de leur contenu avec un public de cette taille. Si on ne se finance pas par la publicité, 10 000 spectateurs peuvent suffire à vivre pour un individu.

Ça permet une offre bien plus diversifiée qu’avant.

Je n’ai plus l’obsession de la célébrité

Il y a encore peu de temps, je rêvais de lumière. J’ai un tshirt où il est écrit :

Dis-moi ce que t’es prêt à faire pour être légendaire ?

Une playlist Spotify qui s’appelle Gloire et papillons. Dedans y’a : Le chanteur, Fame, Mourir sur scène, The Show must go on, J’aurais voulu être un artiste1

Tu comprends l’idée…

Puis, un jour je suis devenu une micro, une nanocélébrité dans mon secteur professionnel. Suffisamment pour pouvoir être reconnu de temps en temps dans un bar, pour avoir des gens qui me demandent des autographes ou qui pleurent devant moi.

C’est pas arrivé souvent, hein. N’exagérons pas. Je me rends compte que listé comme ça, ça a l’air dingue. Mais c’est sur 6 ans et de très rares épisodes.

C’était marrant. Mais j’étais aussi suffisamment exposé pour recevoir des insultes, des appels à mon patron pour me faire licencier et avoir une personne qui essaie de me faire du chantage par sms en anonyme.

C’était… moins marrant.

Pareil, c’était rare. Mais ça a suffi à me faire imaginer ce que ça pourrait être si j’étais vraiment connu.

Ça m’a vacciné. Maintenant quand je m’imagine devenir célèbre, je m’imagine comme les Daft Punk. Ils ont tout compris.

Ce que je voulais c’était pouvoir vivre de ce que je crée

En fait… j’avais ce désir parce que je pensais que c’était la seule manière pour vivre de ce que l’on crée. Je ne comprenais pas qu’on pouvait vivre de son contenu avec un petit public.

Je pensais également que c’était la seule manière d’avoir de l’influence. Puis, grâce à Twitter, j’ai compris qu’on pouvait être le membre d’une équipe. Où chaque membre a son importance. Je n’irais jamais en manif défiler dans les rangs des antifas pour protéger un cortège des attaques des groupuscules néonazis. Je ne serais probablement jamais politicien pour peser sur les décisions.

En revanche, je sais écrire. Alors j’écris. À mon échelle.

J’ai découvert qu’il était plus gratifiant d’avoir beaucoup d’influence sur un petit nombre de personnes qu’une petite influence sur un grand nombre de personnes.

Bien entendu, il est possible d’avoir une grande influence sur un grand nombre de personnes. Mais ça arrive presque toujours par accident. C’est extrêmement dur. Et… comme on l’a vu… extrêmement coûteux.

Je te mentirais si je te disais que je n’aimerais pas avoir une influence nationale ou mondiale. Mais ça ne me fait plus rêver autant qu’avant.

Bienvenue dans mon comedy club

Avant je voulais être la franchise de boulangeries Paul : la boulangerie la plus influente de France. Maintenant j’essaie de devenir le meilleur boulanger de mon quartier.

Mais je crois que l’analogie qui fonctionne le mieux c’est celle du Comedy Club. Tu sais : tu as des humoristes qui viennent jouer. L’entrée est gratuite. Mais tu as un chapeau à la fin du spectacle dans lequel tu peux mettre ce que tu veux.

En plus de ça, tu as une consommation obligatoire au bar et on t’incite à rester manger, après.

L’entrée gratuite c’est l’Atelier normal.

Le chapeau c’est l’Atelier Premium.

Le bar-restaurant c’est les formations.

Si tu décides de passer premium avant demain soir, je te propose :

- un plat offert (une formation) si tu prends la formule annuel

- un tarif préservé tant que tu ne désabonnes pas

- un groupe whatsapp pour échanger


À partir de samedi minuit, la formule mensuelle passe à 8,99€ et la formule annuelle à 99,99€. C’est donc maintenant ou jamais pour sécuriser les tarifs que je te propose ici :

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Oui. Je sais que cette chanson ne s’appelle pas comme ça et que c’est juste le refrain. Mais si j’écris Le blues du businessman, on voit moins facilement de quelle chanson il s’agit.