[Débrief] Qu'est-ce que l'empathie ?

Avant-hier, je vous ai demandé où vous pensez vous situer en matière d’empathie.

Vous avez été 27 à répondre.

Qu’est-ce que ça a donné ?

La moyenne est de…

Quand j’ai préparé cet exercice, je me croyais malin. Je m’apprêtais à vous dire “vous voyez, on croit tous qu’on est plus empathique que la moyenne, mais c’est pas possible”

Vraiment je me sentais comme un enfant qui met un seau d’eau au-dessus d’une porte.

Mais vous avez été plus malins que moi !

La moyenne est de 5,7.

Ça reste une surestimation. Vu comment j’ai défini l’échelle, vous devriez avoir une moyenne autour de 5,0. Mais sur un échantillon si petit, 5,7 ne me semble pas être une déviation significative qui trahirait un manque de lucidité.

Surtout que j’avais mis un 6,2 dans mon exemple, qui a pu jouer comme effet d’ancrage et vous poussez à répondre un peu au-dessus.

Félicitations. Il semblerait bien que collectivement, vous ayez été capables de vous auto-évaluer.

Qu’est-ce que l’empathie en psychologie ?

En psychologie moderne on différencie l’empathie de la sympathie. Ici, ce ne sont pas les termes du langage courant. Alors qu’est-ce que les sciences sociales entendent par empathie et sympathie ?

Voici un extrait de la page Wikipédia d’empathie :

« dans l'empathie le soi est le véhicule pour la compréhension [d'autrui], et il ne perd jamais son identité. La sympathie, par contre, vise à la communion plus qu'à l'exactitude et la conscience de soi est réduite plutôt qu'augmentée »

Toujours selon Wispé, « l'objet de l'empathie est la compréhension. L'objet de la sympathie est le bien-être de l'autre. […] En somme, l'empathie est un mode de connaissance ; la sympathie est un mode de rencontre avec autrui »

La différence entre les deux notions ?

La dimension de fusion émotionnelle. L’empathie consiste à comprendre ce que ressent et pense une personne, sans fusionner avec son émotion ou ses pensées. La sympathie consiste à faire un effet miroir où on fusionne.

La sympathie cherche à améliorer le bien être de l’autre, quitte à y sacrifier de la précision dans l’analyse.

Par exemple, selon cette définition, j’ai pas mal d’empathie mais très peu de sympathie. Je suis très peu atteint par les larmes de quelqu’un. En revanche je sais souvent mieux dire que les autres pourquoi la personne pleure.

Dire à quelqu’un “oh mon pauvre, tu dois te sentir trop mal, ça me fait de la peine pour toi”, c’est de la sympathie.

Lui dire “je comprends que ça fasse mal : ça faisait 7 ans que vous étiez ensemble, tu dois avoir du mal à savoir comment exister sans lui”, c’est de l’empathie.

La sympathie est parfois une aide pour l’empathie. Mais elle peut devenir un obstacle. Car on se projette émotionnellement. Or, parfois la personne va avoir besoin de quelqu’un qui peut lui tendre la main, sans tomber avec elle dans les sables mouvants.

Parfois, au contraire, elle aura besoin de sympathie et donc de compagnie, de quelqu’un qui saute dans sa piscine de boue. Ça dépend…

Du coup… si tu te mets, cette fois, un score d’empathie et de sympathie, ça donne quoi ?

Pour aller plus vite, tu peux mettre :

E: 6,2
S: 2,3

Je comprendrais que tu as voulu dire : 6,2 en empathie et 2,3 en sympathie

À toi de jouer (en cliquant sur le bouton bleu, comme la dernière fois)

PS : exceptionnellement demain je t’enverrai un email. Donc à demain.