9 mauvaises réactions face à ton racisme

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Ceci étant dit entamons notre propos du jour.


Une des questions que vous m’avez le plus posée est comment gérer mes émotions quand on me dit que je fais un truc raciste ? Comment réagir ?

Par exemple :

Je ne sais pas comment gérer les retours sur mon racisme sans me mettre en colère

Faisons donc la liste des mauvaises réactions.

Car, avant de réfléchir à comment réagir, je pense qu’il est essentiel d’avoir une cartographie de l’ensemble des mauvaises réactions.

Mais encore avant ça, il faut comprendre pourquoi les mauvaises réactions sont toxiques.

Tes réactions sabotent la discussion

Il y a un concept qu’on appelle la fragilité blanche. Il a été décrit par une sociologue, elle-même blanche qui la définit comme une réaction disproportionnée des personnes blanches dès qu’on pointe leur propre racisme.

Tant qu’on pointe celui des autres ou qu’on reste abstrait, ça va. Mais quand on pointe quelque chose de concret sur une personne, il y a des mécanismes de défense qui se mettent en place parce que le malaise ressenti est trop grand.

Le souci c’est que tous ces mécanismes, tu vas le voir, étouffent la discussion. Ils confisquent la parole.

Résultat : les personnes racisées ne parlent plus de ce sujet en ta présence et tu vis dans un monde imaginaire où tu sous-estimes l’importance du racisme dans leur vie.

C’est à se demander pourquoi autant de gens s’offusquent des groupes de discussion sur le racisme en non-mixité, puisque quand ils viennent ils ne veulent rien écouter ?

Réaction #1 | Se mettre en colère

Quelqu’un nous suggère qu’on a dit un truc raciste et la colère monte en nous.

Voilà pourquoi il peut être sage d’attendre d’être à tête reposée pour en parler, quand c’est possible.

Si tu te mets en colère à chaque fois, ne t’étonne pas qu’on ne te parle plus de racisme.

Surtout si ta colère est disproportionnée par rapport au propos en face.

Réaction #2 | Le déni

Le déni consiste à répondre des choses du type je vois pas les couleurs. Ou alors refuser de discuter du sujet.

Ou encore rappeler qu’on est une bonne personne et confisquer la parole en même temps.

On en reparlera demain.

Réaction #3 | Les larmes

J’ai eu le cas avant-hier. J’ai expliqué à quelqu’un que tout le monde contribuait au racisme et elle s’est mise à pleurer en me disant que c’était horrible.

Oui. Mais c’est comme ça. Mettre sa tête sous le sable n’est une option que pour les personnes blanches.

Je ne dis pas que pleurer c’est mal, au contraire. Je pense que c’est plutôt un bon signe quand quelqu’un pleure dans une discussion : ça veut dire qu’on peut être vulnérable l’un ou l’une envers l’autre.

Mais dans le cadre d’une discussion sur le racisme il faut apprendre à ne pas laisser ces larmes confisquer le débat.

Sinon on se retrouve dans des situations où une personne Noire essaie d’expliquer pourquoi une remarque était raciste… l’autre personne pleure… et tout le groupe se retrouve à conforter la personne qui a fait la remarque. Plutôt que la personne qui l’a subie !

D’ailleurs, avant-hier quand c’est arrivé j’ai dit calmement :

Je viens de créer une formation sur le sujet donc ça va bien se passer. Je sais comment gérer. Mais imagine si tu avais fait ça avec un de tes camarades ? Tu me disais plus tôt qu’on t’avait jamais pointé ton racisme. Mais normal ? Regarde comment tu réagis ?

Personne a envie de te faire pleurer juste en disant un truc aussi bateau que “le racisme est partout”.

Mais tu as tellement peu l’habitude de discuter de racisme que c’est toi qui pleure au lieu de moi qui vit vraiment le racisme.

Tu ne peux pas demander à tes ami·e·s de gérer ça, c’est toi qui dois te solidifier sur le sujet, en acceptant que le racisme existe. Dis-toi que si on t’en parle c’est qu’on te respecte.

On ne parle pas de ce sujet avec les gens d’extrême-droite par exemple, on les fuit.

Mais le problème c’est exactement ce que je lui ai dit : tu n’as pas forcément en face de toi quelqu’un qui est formé à l’antiracisme et qui peut t’expliquer que tu es dans la fragilité blanche combinée au phénomène de l’exceptionnalisme avec une couche de police de la parole.

La plupart des gens se diront juste qu’il faut désormais fuir toute discussion avec toi sur le sujet.

Réaction #4 | Accuser la forme

Justement, la police de la parole consiste à toujours demander aux personnes racisées de faire un feedback poli sur le racisme. Le dire bien, sans colère.

Sauf que c’est une injonction injuste : bien entendu qu’une personne qui vit du racisme aura du mal à l’expliquer sans colère.

C'est-à-dire qu'si tu es en colère, c'est qu'tu n'es pas capable de raisonner logiquement.

Puisque, en tout cas en Occident, la colère c'est l'ennemi de la réflexion, ça c'est un truc paternaliste, tu vois, c'est une façon de dire qu'en gros tu es primitif, tu ne sais pas organiser ta pensée.

Ça c'est une façon de te disqualifier, c'est une façon d'disqualifier le discours. Et c'est une façon aussi d's'assurer un certain confort.

C'est à dire "Je veux bien t'entendre mais dis-le moi gentiment que ça soit pas trop inconfortable". Non, des fois, c'est juste un crachat dans ta gueule tu vois que j'ai envie de t'envoyer, pour que tu comprennes.

Réaction #5 | Parler de ton intention

Quand tu bouscules quelqu’un dans la rue par inadvertance, tu commences par t’excuser ou par crier mais j’ai pas fait exprès ?

L’intention n’est pas le sujet. Encore heureux que tu ne sois pas intentionnellement raciste !

Tu peux le dire une fois dans le cadre d’une excuse mais pas te braquer dessus.

Et je sais que c’est dur. On m’a dit que j’ai fait une remarque sexiste le mois dernier. Je ne l’ai tellement pas fait exprès que je ne me suis jamais excusé. Parce que j’arrête pas de me dire c’est injuste : je l’ai pas fait exprès.

Mais l’intention n’est pas la question. C’est le résultat qui compte.

Réaction #6 | Partir du principe que c’est impossible

L’essentiel du racisme est véhiculé de manière inconsciente. C’est la définition même d’un biais cognitif. Donc si tu pars du principe qu’il est impossible que tu puisses avoir dit un truc raciste… la discussion est impossible.

Sans compter que c’est d’une ignorance totale.

Réaction #7 | Je suis spécial·e

La sociologie appelle ce concept l’exceptionnalisme blanc. Le fait que les personnes blanches se croient uniques au point de ne pas être influencées par des siècles de racisme. Ça appartient forcément au passé. Les autres blancs peuvent faire du racisme, mais jamais soi-même.

D’ailleurs, toujours avant-hier, l’étudiante m’a dit qu’elle n’avait jamais vu un homme qui ne faisait pas du sexisme. Elle a rajouté qu’une fois on lui avait dit “je traite les enfants de la même manière, fille ou garçon” mais que dans l’heure qui a suivi elle avait observé que c’était faux. Parce que c’est inconscient.

Je lui ai donc demandé :

Donc tu arrives à conscientiser que tous les hommes font du sexisme, mais tu te dis que par contre tu es la seule blanche à ne pas faire du racisme ?

Et c’est là qu’elle a eu le déclic. Elle a répondu oui, j’aimerais.

Ah bah oui… tout le monde aimerait.

Réaction #8 | Opposer une autre oppression

Comme on le voit dans le point précédent : subir une autre oppression aide grandement à comprendre le racisme. Mais ça ne suffit pas. Et la tentation est grande de riposter en ramenant à son oppression.

Par exemple, parler de sexisme alors qu’on te parlait de racisme (ou vice-versa d’ailleurs).

Ce n’est pas parce que tu subis du sexisme, de l’homophobie ou de la transphobie que tu ne peux pas contribuer au racisme (et encore vice-versa).

Les deux sont compatibles.

Encore une fois : je sais que c’est très dur. Sur le sexisme c’est la réaction que j’ai le plus souvent. Contrer en parlant de racisme. Parfois d’ailleurs c’est légitime au sens où y’a vraiment eu un préjugé raciste contre moi. Cependant, il faut ouvrir deux discussions. D’abord traiter la discussion de base. Sinon ça sabote la discussion.

Réaction #9 | Instrumentaliser une autre personne Noire

L’instrumentalisation c’est quand tu te sers d’une personne Noire comme d’un bouclier pour prouver que tu n’as pas dit/fait un truc raciste.

Le plus caricatural étant j’ai un ami noir. Les humoristes s’en sont tellement moqués qu’on pourrait croire que personne ne le dit plus, mais détrompe-toi : je l’entends une fois par semaine. Ou une variante.

Mais ça peut aussi être telle personne Noire à la télévision dit que c’est pas raciste… mon partenaire est Noir. Ou ma fille est métisse.

D’ailleurs, l’instrumentalisation d’un enfant est ce qui me fait le plus mal au coeur. On a énormément de témoignages d’enfants métis qui racontent comment leur parent blanc leur a infligé du racisme ordinaire durant toute leur enfance.

Quand je vois Didier Bourdon dire qu’il ne veut pas que sa fille métisse ait Assa Traoré comme modèle. Puis enchaîner en disant “on ne peut pas m’accuser de racisme car avec Les Inconnus on avait notre quota de noirs, il me semble”

…mon coeur coule dans ma poitrine. Pauvre enfant. Et, accessoirement, pauvre Pascal Légitimus.

Mais bon… il faudra qu’on reparle de Pascal un jour.

Comment désamorcer ses réactions ?

Ça commence déjà à faire long pour un email. Et puis… comme tu le sais, cette semaine je te propose une formation. Donc je te propose de trouver la méthode dans ma formation.

Tu y apprendras précisément comment déconstruire les croyances sur le racisme qui déclenchent cette réaction. Par exemple le fait de croire que le racisme est une affaire de mauvaise personne.

Tu découvriras comment devenir une bonne oreille, au point que les personnes racisées autour de toi se confieront à toi beaucoup plus souvent (et en vrai se confieront à toi tout court).

D’ailleurs, si tu es toi-même racisé·e, tu peux te servir de la formation pour apprendre des concepts qui te permettront de désamorcer en douceur ces réactions.

J’ai moi-même été impressionné par ma discussion d’avant-hier : c’est comme si avant j’avais toujours eu cette discussion dans le brouillard, en tâtonnant. Et là, j’ai eu la discussion en connaissant la carte par coeur. Je savais quoi dire à quel moment. Je pouvais mettre un mot sur chacune des réactions de l’étudiante :

Ok ça c’est la fragilité blanche, voilà comment je peux réagir…

Ok ça c’est l’exceptionnalisme blanc, il faut que je lui explique…

D’accord, ça c’est des white tears… ça se gère en rappelant qu’elle n’est pas une mauvaise personne et que ça devrait être moi qui pleure

Ah mais là elle est victime de la Southern Strategy, il faut que je l’en sorte…

Je ne pensais pas avoir autant appris, moi-même, en créant cette formation.

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