Tu te connais mal

5 exemples de biais financiers

J’ai reçu un email adorable hier. Le voici :

Bonjour!

Je suis une de vos lectrices au Québec! :)

J'ai l'impression qu'il manque une option dans vos raisons de chercher la gratuité et c'est la considération socialiste. Le désir et l'espoir que certain contenu soit accessible à toustes. 

Évidemment, ce n'est pas encore gagné, mais dans plusieurs cas, c'est possible si on repense les choses différemment. 

En aucun cas, ça me signifie que les producteurices de contenu ne devraient être bénévole, mais iels pourraient être rémunérés autrement que par des frais pour leur contenu ou par la publicité.

Oui, vous avez parlé de l'option des subventions, mais il y a aussi des processus d'affaires qui le permettent, comme des programmes de dons ou des abonnements corporatifs (par exemple, je serais plus enclin à payer un abonnement sachant qu'il permet à toustes d'avoir accès à un contenu plutôt que de payer une formation pour moi-même au gros prix)

Merci de m'avoir lue et merci de votre contenu riche 

J.

Cet email m’a inspiré le contenu d’aujourd’hui. On va voir ensemble des biais financiers étudiées par la micro-économie.

Biais #1 : tu préfèreras payer 39€ douze fois en un an, plutôt qu’un abonnement mensuel de 20€

Dans l’email que je viens de te partager, la lectrice me suggère de proposer un abonnement en disant qu’elle aurait davantage tendance à y souscrire.

Je sais qu’elle est de bonne foi. Mais… je propose déjà cette solution.

Ici :

D’ailleurs, au début c’était la seule manière que j’avais de financer l’Atelier. Je ne dirai donc jamais assez merci aux 57 personnes qui ont passé le pas dès la première semaine où j’ai proposé l’abonnement.

Sans elles, je ne sais pas si j’aurais continué. Ça m’a donné l’énergie pour continuer, ça m’a permis d’envisager de vivre de ce contenu.

Mais je me disais aussi que ça serait long. Parce que 57 personnes à 4€/mois (le prix de l’abonnement de l’époque)… ça faisait moins de 250€/mois bruts. Donc sans enlever les impôts.

Si ça ne tenait qu’à ça j’aurai donc arrêté. Je ne peux pas passer 25 heures par semaine pour si peu.

Aujourd’hui il y a 97 personnes qui sont abonnées premium, entre 4€ et 9€/mois (selon leur moment d’arrivée). Ça me rapporte cette année en moyenne 481,73€/mois, bruts.

Donc environ 6 000€/an.

Mais ce qui me permet vraiment de financer l’Atelier ce sont les formations. Au moment où je t’écris j’en ai vendues pour 22 694€ (toujours brut : il faut diviser par deux environ pour avoir un revenu net). Ce qui fait environ 2 300€/mois.

Voilà donc ce qui finance vraiment l’Atelier.

Pourquoi je te raconte ça ? Pas pour les chiffres en soi mais pour la différence entre les deux. Vous me soutenez 6 fois plus par le biais des formations que par le biais des abonnements.

Ce comportement est prévu par la micro-économie. Il est en effet beaucoup plus simple de vendre un produit précis qui bénéficie à soi, plutôt que de payer pour un abonnement de soutien.

Parce que, là, j’ai comparé avec les abonnements premium… mais je propose un produit précis : des emails le weekend, un groupe Whatsapp et des réductions sur les formations. Quand j’avais un Tipee où c’était vraiment juste pour me soutenir, vous me donniez 70€/mois.

Il y a deux phénomènes : on paie plus facilement pour un produit précis (plutôt que le soutien). Rappelle-toi de l’histoire d’hier. Quand un logiciel de récupération de données te propose de le faire gratuitement puis t’affiche un bouton “faire un don en soutien”… bah tu ne donnes pas.

Le deuxième phénomène c’est la douleur de l’abonnement. On a peur de s’engager, même quand c’est sans engagement.

Les deux personnes qui ont dépensé le plus d’argent dans mes formations n’en ont acheté “que” 10 sur 14. Y’a des gens qui ont pris les 14. Mais ont moins dépensé. Comment est-ce possible ?

C’est parce que ces deux personnes ne sont pas abonnées premium. Elles paient donc chaque formation à 39€ plutôt que 19€.

Ce qui veut dire qu’elles ont dépensé 400€ au lieu de 250€, par refus de l’abonnement.

C’est un comportement classique.

D’ailleurs, vous êtes 97 abonné·e·s premium mais vous êtes 1 135 à m’avoir acheté des formations !

La différence est dingue. Alors qu’une formation c’est bien plus cher qu’un abonnement.

Biais #2 : le coût de ta vie augmente en même temps que tes revenus

Autre phénomène largement étudié : notre tendance à augmenter notre niveau de vie en même temps que notre revenu. Si bien qu’aujourd’hui je n’ai pas l’impression de gagner beaucoup plus qu’au début de ma vie professionnelle.

Parce que, jusqu’à un certain seuil (estimé autour de 5000€ par mois), chaque fois que tu vas augmenter en revenus, tu vas augmenter tes dépenses. Parfois sans même te rendre compte.

Sans démarche consciente de ta part, tu risques donc de tomber dans ce piège consistant à dépenser tout l’argent supplémentaire que tu gagnes.

Biais #3 : l’argent ne résout pas les problèmes d’argent

Alors… bien évidemment que si tu es dans une grosse galère, une entrée d’argent va te soulager. Mais ça ne va JAMAIS guérir le problème de base s’il y en avait un.

Attention, je ne dis pas qu’on est pauvre parce qu’on a un problème. L’essentiel des revenus s’expliquent par la reproduction sociale. Si vos parents étaient riches vous serez probablement riches.

Ce que je dis c’est que parfois on a un problème avec l’argent : ne pas savoir du tout économiser par exemple. Ou avoir une peur panique de manquer.

Et bien, rajouter de l’argent ne va rien changer. J’ai connu des collègues qui gagnaient très bien leur vie mais étaient à découvert dès le 3 du mois. Augmenter leur salaire ne changeait rien à l’affaire.

Biais #4 : tu dis que gérer l’argent t’intéresse mais tu mens

On dit souvent “mais pourquoi on apprend pas la gestion financière à l’école”.

Il se trouve que c’est une matière enseignée en école de commerce … et que c’est une des plus séchées ! Les élèves boudent la matière.

Car on a un réflexe en nous de “c’est trop compliqué pour moi”.

Biais #5 : le gratuit engendre de l’irrationalité

Le prix de 0€ nous rend fous.

Qu’est-ce qui nous attire autant, dans la gratuité ? Après tout, elle a aussi un côté obscur : des marchandises qu’il ne nous viendrait jamais à l’idée d’acheter deviennent irrésistibles sitôt qu’elles sont gratuites.

Pensez donc à tous ces stylos, porte-clés et calepins qu’on rapporte d’un colloque, pour finalement les jeter le lendemain ; ou à toutes les fois où on fait la queue pour une glace gratuite chez Ben & Jerry’s ou à tous ces produits qu’on achète en double – et qu’on n’aurait jamais achetés, sinon – uniquement pour obtenir le troisième gratuit.

Dan Ariely a mené une expérience intéressante. Il proposait à des passants le choix entre des chocolats de bonne qualité (Lindt) et des chocolats moyens (Kiss) :

Que s’est-il passé quand les « clients » sont venus se masser devant notre stand ?

Avec la truffe Lindt à 15 centimes et le Kiss à 1 centime, la rationalité l’a emporté : comparant le rapport qualité-prix des deux chocolats, environ 73 % des clients ont choisi la truffe, et 27 le Kiss.

Résultat logique. Mais ensuite, il décide de baisser chaque chocolat de 1 centime. Que se passe-t-il ? Sachant qu’on dit aux passants qu’ils ne peuvent en choisir qu’un.

Étape n°2 : introduction de la gratuité. Nous avons donc proposé la truffe à 14 centimes, et le Kiss gratuit.

Le prix de chaque chocolat n’avait diminué que d’un centime… cela aurait-il la moindre influence ?

Et comment ! Le modeste Kiss – gratuit – séduisit pas moins de 69 % des clients (contre 27 précédemment). Dans le même temps, la truffe Lindt vit sa popularité s’effondrer, passant de 73 à 31 % d’aficionados.

Pour s’assurer que ce n’était pas juste un effet du manque de cash dans les portefeuilles, il a répété l’expérience de plein de manières différentes. Avec le même résultat à chaque fois : le gratuit nous pousse à faire n’importe quoi. Parfois même à prendre des décisions qui nous portent préjudice comme prendre des trucs gratuits qui nous servent à rien et qu’on devra jeter ensuite.

Pour le savoir, imaginez que je vous donne à choisir entre un bon d’achat gratuit de 10$ sur le site Amazon, et un bon de 20$ cédé pour 7$.

Répondez vite : lequel prenez-vous ?

Si vous me dites : « le bon d’achat gratuit », vous rejoignez la majorité des personnes que mes collaboratrices et moi-même avons interrogées dans un centre commercial de Boston.

Mais regardez-y de plus près : un bon d’achat de 20$ vendu 7$ dégage un bénéfice de 13$. Soit 3 de plus que le bon gratuit. Le comportement irrationnel a encore frappé.

Autre expérience grandeur nature : le jour où Amazon a enlevé les frais de livraison :

Il y a quelques années de cela, le site Amazon.com s’est mis à proposer la livraison gratuite à partir d’un certain montant d’achats. Jusque-là, pour un livre à 16,95$, il fallait compter 3,95$ de frais de port.

Mais avec cette nouvelle offre, si le client commandait un autre livre, pour un total de 31,90$, la livraison était gratuite. À la base, le client n’avait parfois aucune envie d’acheter un autre livre (et je sais de quoi je parle), mais, la livraison gratuite étant trop tentante, il se décidait quand même à sauter le pas.

L’opération s’est donc traduite par une hausse des ventes dans tous les pays, à l’exception de… la France. L’internaute français serait-il plus rationnel que les autres ?

En fait, cette différence de comportement s’explique par la version hexagonale de l’offre.

Au lieu de faire cadeau de la livraison à partir d’un certain montant d’achat, Amazon.fr fixait les frais de port à 25 centimes d’euro, à partir d’un total convenu. Vingt-cinq centimes d’euro ou zéro, l’écart paraît insignifiant. Et pourtant ! Sitôt qu’Amazon a instauré la livraison gratuite sur son site français, les ventes y ont également explosé.

Nous sous-estimons à quel point l’attrait du gratuit peut nous faire perdre la tête.

Apprends à dépasser tes biais pour gérer ton argent

Comme tu le sais, je te propose à nouveau ma formation Comment devenir libre financièrement sans gagner au loto ?

Dedans je te montre justement comment te débarrasser de tous ces biais, pour ensuite travailler concrètement sur un plan qui te mènera jusqu’à une stratégie d’investissement.

Je dis bien qui te “mènera”. Dans le sens où c’est par étape. Si tu n’arrives pas à économiser, le plan te mènera d’abord à cette étape. Tout dépend de ton niveau de maturité financière.

Cette formation est donc disponible à nouveau au prix de lancement jusqu’à demain soir :

https://nicolasgalita.podia.com/comment-devenir-libre-financierement-sans-gagner-au-loto?coupon=HXJVK9G