Serviettes hygiéniques : mon baptême

Je ne vous oublie pas pour la playlist, mais c’est long ! Y’a 4h24 de musique. Je suis au 40ème son sur 62.

Tout a commencé par une discussion

Je montrais mon nouvel appartement quand on m’a fait la remarque suivante :

Tu devrais avoir des serviettes hygiéniques dans tes toilettes. C’est un produit de base.

Je n’y avais jamais pensé. Genre jamais.

Jamais, jamais.

Alors que je peux avoir des brosses à dent de secours ou des mouchoirs alors que j’en utilise quasiment jamais.

Je me suis dit que je le ferai. Pourquoi pas ?

Mais où est le rayon ?

L’espace d’un instant je ne savais pas où aller. À ma décharge, j’ai un monop’ chelou : parfois je galère même à trouver des mouchoirs. Parce que le rayon hygiène et le rayon propreté sont totalement séparés.

Mais quand même… ça veut dire qu’après 6 ans à fréquenter ce Monop’, je ne suis pas capable de trouver rapidement des serviettes hygiéniques.

Je finis par trouver le rayon…

Mais quoi prendre ?

C’est là qu’on voit l’impact redoutable des publicités à la télé. Tout le monde pense que ça ne fonctionne que sur les autres. Parce qu’on se trompe sur le rôle de la publicité. La publicité n’a pas pour but de faire directement acheter.

C’est un impact indirect. Ce n’est pas une histoire d’inconscient ou de message subliminal. Simplement, on achète beaucoup plus les produits qui nous sont familiers. D’où le nom de “publicité” : l’art de rendre public.

Donc, après une dizaine d’années où les pubs Always coupaient le club Dorothée à une époque où je ne comprenais pas du tout à quoi servait ce produit et pourquoi y’avait du liquide bleu… bah c’est la marque que je connais.

J’ai donc pris le paquet qui s’appelait “Normal” d’Always ultra.

Ensuite, je ne comprends pas trop la différence entre serviettes et tampons mais je me dis que si ça se trouve les personnes n’aiment vraiment pas changer. Alors je prends aussi des tampons.

Quand je dis que je ne comprends pas la différence, je veux dire que je ne sais pas à quel point ce sont des produits interchangeables dans les usages.

Cette fois-ci, je n’ai aucune image de publicité stockée en moi. Alors je me comporte comme je me comporte sur tous mes autres produits : je cherche le produit le plus sain. Surtout que j’ai eu immédiatement en tête tous les scandales sur les produits toxiques que peuvent contenir les tampons.

J’ai donc penché pour des tampons de la marque Nett, sans blanchiment au chlore. Mais même là, c’est le marketing qui opère sur moi : l’emballage est couleur carton brut, y’a écrit bio en gros dessus…

Et en vrai, je ne sais même pas vraiment ce qu’est un blanchiment au chlore.

Et ensuite j’ai vu un truc qui s’appelait Femfresh hygyène intime. Une boîte de 10 lingettes intimes. Je n’ai pas la moindre idée de ce que c’est. Mais j’ai l’intuition que ça peut servir. C’est vraiment posé à côté des autres produits. Alors je le prends au passage.

C’est la deuxième fois que j’en achète

En vrai, j’avais déjà acheté des serviettes hygiéniques pour une amie, il y a 13-14 ans.

Mon Dieu… j’ai l’âge où je peux raconter des trucs qui ont eu lieu y’a 14 ans… et j’avais plus que 14 ans y’a 14 ans.

Je me rappelle que j’avais eu super honte. J’avais dit à la caissière que c’est pas pour moi.

Rétrospectivement c’est tellement stupide. C’est pas un produit honteux.

Après… c’était aussi l’époque où j’avais honte d’acheter des préservatifs.

J’en ai parlé avec une amie qui m’a dit :

C’est fou. J’essaie de penser à un produit que les mecs achètent mais que moi j’achète jamais…

J’ai répondu “je sais pas… les rasoirs pour mecs” ?

Ouais mais c’est quoi la différence ?

En effet… aucune.

On est resté sur cette réflexion : ça n’existe pas un produit symétrique ? Ça aurait dû être les préservatifs masculins… mais les meufs en achètent. Je sais pas si je connais quelqu’un qui n’en a jamais jamais acheté… et même dans ce cas, ça semblerait pas fou d’en acheter.

Bref, j’ai acheté des serviettes. Pour “moi” (je veux dire pas spécifiquement pour une autre personne). Et c’est ouf que ça soit ouf.