Pourquoi vendre un accompagnement haut de gamme ?
Ce mois-ci je lance un programme d’accompagnement haut de gamme. Si ça t’intéresse je te mets un lien pour réserver un appel à la fin de cet email. Mais avant ça… comme à chaque fois que j’ai pris une décision majeure pour l’entreprise Atelier Galita, je vais t’expliquer le pourquoi du comment.
Tout projet doit être rentable ou financé
Si tu m’as connu sur mon projet d’avant : Dessine-Toi un Emploi tu sais peut-être qu’en 2 ans d’existence, Dessine-Toi un Emploi a généré quelques centaines d’euros de revenus et perdu une dizaine de milliers d’euros.
Oui, je payais de ma poche pour pouvoir faire du contenu gratuit qu’ensuite des gens critiquaient. Pour me faire insulter le jour où j’ai annoncé que je voulais proposer un livre payant.
Absurde.
Puis… quand le blog s’est fait pirater, je n’avais pas les moyens de le “réparer”. J’ai demandé à ma soeur et une collègue (développeuses) de regarder et elles m’ont confirmé que c’était possible mais en travaillant dessus.
Je ne leur ai évidemment pas demandé de travailler gratuitement. J’ai abandonné. J’étais de toute façon déjà en perte de vitesse sur le projet.
J’en ai tiré la leçon suivante : quand tu ne finances pas un projet tu ne rends service à personne.
Y’avait des gens qui aimaient Dessine-Toi un Emploi… et au final le contenu n’est même plus disponible.
Ne parlons même pas de la démotivation que ça a créé chez moi.
Je n’ai pas refait la même erreur pour l’Atelier.
L’Atelier est rentable depuis sa création. La première année (2020), j’ai généré 33 000€ de ventes brutes (faut diviser par deux pour avoir le net).
J’écrivais 2 fois par semaine sur Dessine-Toi un Emploi. Puis une fois. Puis plus du tout. Je me disais que c’était parce que j’étais incapable de maintenir ma motivation sur le long terme. Après tout… je n’ai jamais été au bout d’un sport ou d’une activité.
Oui je t’entends penser “mais comment il a ignoré qu’il était TDAH”.
Mais en réalité, ce n’était pas que moi le souci, c’était aussi la structure de motivation. Je suis obligé d’investir une partie de ma journée pour générer de l’argent.
Quand j’ai annoncé que j’allais écrire un email tous les jours, je me suis demandé combien de temps j’allais tenir.
On est 6 ans plus tard et j’ai tenu.
J’ai failli abandonner en 2024. Sauf que… l’Atelier générait 35% de mon revenu.
D’un coup ça devient plus dur d’abandonner un truc aussi important dans mon revenu.
Voilà pourquoi l’argent assure la durabilité d’un projet.
L’argent doit venir de vous
Je suis toujours ébahi de comment on est arrivé·es à valoriser le modèle du contenu financé par la publicité.
La publicité dégrade tout ce qu’elle touche. Déjà parce qu’elle vient t’interrompre dans le contenu. On peut pas faire de publicité sans interruption. C’est plus ou moins bien fait et c’est souvent mal fait.
Ensuite parce que c’est de l’argent corrupteur. La personne qui paie on appelle ça un·e client·e.
Toute entreprise a ses client·es en priorité1. Toujours. Je dis entreprise mais c’est exactement pareil pour une association.
Du coup, si les client·es ne sont pas les utilisateurs, y’a des conflits d’intérets.
Y’a pas meilleure illustration que la phrase de l’ex-PDG de TF1 :
Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.
Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.
Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise.
Je n’ai rien à rajouter à ça. TF1 ne cherche pas à créer du contenu qui est utile ou épanouissant pour son audience. TF1 cherche à créer du contenu qui permettra à Coca-Cola de leur rentrer des publicités dans le crâne.
À l’inverse, la devise de Mediapart est :
Mediapart, seuls nos lecteurs peuvent nous acheter
Là encore… tout est dit. Si les lecteurs sont les clients alors Mediapart a intérêt à produire du contenu de qualité du point de de vue des lecteurs. Or, aucun lecteur ne va demander à ce qu’on lui prépare le cerveau entre deux pubs.
Pour autant, j’aime l’idée que la plupart des gens puissent accéder gratuitement au contenu. Voilà pourquoi j’ai choisi un modèle de type Freemium : 90% d’entre vous consommez le contenu sans avoir jamais versé un euro. Et 10% ont acheté au moins une formation.
Ce sont ces 10% qui génèrent la quasi-totalité du revenu.
Je me mets à temps plein sur l’Atelier
En Septembre 2025, j’ai quitté mon CDI, je me suis lancé à temps plein sur l’Atelier et j’ai repositionné le contenu pour traiter uniquement d’autisme (et sujets connexes).
Ça veut dire que j’ai jusqu’à Septembre 2026 pour multiplier le revenu par 3.
Puisque l’Atelier représentait 33% de mon revenu, faut multiplier par 3 pour que ça fasse les 100% d’avant.
Pour y arriver y’a pas 36 méthodes. Y’en a exactement 3.
Méthode 1 : vendre plus souvent
Au lieu de lancer 5 à 10 formations par an, je pourrais en sortir 15 à 30. Mais ça voudrait dire en sortir une toutes les deux semaines, voire toutes les semaines.
Ça ne serait probablement pas sain pour la qualité du produit. Et puis ça serait pas agréable. Je travaille aussi pour prendre du plaisir personnel.
Méthode 2 : vendre à plus de gens
Comme j’avais mon CDI à côté, je ne faisais quasiment pas d’acquisition. Le revenu était généré avec une liste emails d’environ 3500 personnes.
Je pourrais viser de faire monter la liste autour de 10 000 et ça le fait…
C’est dans mes cordes. C’est la première stratégie que j’avais choisie.
Y’a un seul inconvénient : le résultat n’est pas proportionnel du tout aux efforts. Il faut s’exposer à l’aléatoire des réseaux sociaux pour ramener des gens.
Méthode 3 : vendre plus cher
Au lieu d’aller chercher de nouvelles personnes, on se concentre sur celles qui sont déjà là et on leur propose quelque chose de plus haut de gamme.
Y’a un énorme avantage : un prix plus haut permet de financer un produit plus efficace.
J’aime beaucoup faire des petites formations à 59€. Parce que c’est relativement accessible. Mais aussi parce que ça me demande pas de faire du suivi.
Quand je te vends une formation à 59€, c’est comme quand je te vends un livre : tu sais que c’est à toi de faire le travail d’apprentissage. C’est un abonnement à une salle de sport et tu te démerdes.
Contrairement à une salle de sport, j’ai toujours proposé des remboursements faciles et donc je ne prospère pas sur le fait que tu oublies d’y aller. Mais ça reste le même principe : je te donne des machines et tu te débrouilles pour les utiliser.
Si tu n’y vas jamais je dors très bien le soir.
Et puis de toute façon vous êtes des centaines à acheter ces formations donc même si je le voulais, je ne pourrais pas t’accompagner personnellement.
Maintenant, si je te vends un programme d’accompagnement à 2 000€… d’un coup c’est plus pareil. Je deviens responsable de te guider et m’assurer que tu progresses.
Les sciences de la pédagogie sont unanimes là-dessus : pour maximiser les chances de succès d’une formation en ligne il faut créer de l’accountability. L’accountability c’est un mot dur à traduire mais qui est facile à comprendre : est-ce que y’a une autre personne qui s’assure de ta motivation.
Si je continue l’image de la salle de sport, c’est l’équivalent de prendre un coach qui va te créer un programme de pratique et qui va te relancer quand tu viens pas.
D’ailleurs, l’accountability provient pas forcément du prof/coach. Si jamais je t’assigne un binôme pour le programme de sport… tu auras plus de difficulté à annuler une séance parce que tu sais que ça met l’autre personne en galère.
Le GPS autistique : mon programme
Ça fait 2 mois que je travaille dessus. J’ai d’abord commencé par interroger 55 personnes parmi vous pour faire une étude de marché. C’est ce qui m’a permis de comprendre quelles étaient vos problématiques principales.
Je veux aider les adultes qui trouvent que l’autisme résonne avec leur vécu à passer d’un état d’épuisement et d’hypervigilance (dû aux errances médicales, une enfance traumatique à se sentir d’une autre planète, et à la suradaptation) à un état de conscience de soi où iels comprennent leurs besoins spécifiques et peuvent poser les bonnes limites aux autres et à iels-mêmes, ce qui améliore leur santé mentale et apaise les relations avec les proches et au travail.
“Résonne avec leur vécu” c’est un peu creux mais je veux dire que tu n’as pas besoin d’avoir la certitude d’être autiste pour qu’on travaille ensemble : la moitié des gens avec qui je parle sont encore dans le doute. Ce que je veux dire c’est que ça doit être une piste pour toi. Encore mieux : si tu penses être autiste et TDAH à la fois.
Ce serait trop long de détailler les problématiques qui sont revenues le plus souvent car y’en a une dizaine. Je le ferai dans d’autres emails.
Mais si je les rassemble dans trois gros paquets ça donne ça :
Axe 1 : connaître et aménager ton véhicule
T’as toujours cru que t’avais une voiture super dure à conduire. Mais en fait t’as un camion ! Faut réapprendre ton code de la route, les manoeuvres, etc. Rien ne cloche dans ton véhicule mais si tu le conduis comme une voiture ça peut faire d’énormes dégâts.
Au lieu de lutter contre toi-même dans une guerre que tu vas forcément perdre, il faut plutôt délimiter tes besoins. Y’a des chances que tu les connaisses mal car les besoins autistiques n’ont pas été bien représentés, que ça soit dans la fiction ou ailleurs.
Axe 2 : gérer les passagers
Les humains qui habitent chez toi (ou que tu fréquentes souvent) doivent également conscientiser que tu ne conduis pas une voiture. Y’a des chances que, comme vous ne compreniez pas, tu as géré jusqu’ici par le silence ou la guerre.
Je ne serai jamais contre la guerre mais uniquement quand tu la désires. Il faut donc apprendre à exprimer tes besoins d’une manière dépersonnalisée. C’est la faute de personne si tu détestes les bruits de mastication par exemple. C’est pas l’autre personne qui est stupide de mâcher trop fort.
Axe 3 : survivre sur l’autoroute (le capitalisme et la vie d’adulte)
Si tu es autiste tu es probablement aussi TDAH. Par conséquent tu as des difficultés à gérer la vie d’adulte. Pour y remédier il faut penser système plutôt qu’effort individuel. Mais surtout te déculpabiliser et comprendre la notion d’aménagement.
Idem, comment trouver une activité professionnelle compatible avec ton fonctionnement plutôt que de te faire violence en permanence…
Tu veux en discuter ?
Si ces 3 axes te parlent, on peut en parler en visio. L’idée c’est de creuser plus en détails tes problématiques pour qu’on voie ensemble si je peux t’aider avec mon programme.
Si tu as les problématiques qui rentrent dans ces 3 axes et suffisamment de budget pour investir dans un accompagnement, on discutera logistique, sinon je te donnerai plutôt des conseils et des ressources gratuites.
Si ça te parle, voici le lien pour réserver un créneau demain ou la semaine prochaine (y’a 16 créneaux en tout) :
https://calendar.app.google/uBXjJSKwQRenhXLaA
En réalité une entreprise a souvent ses actionnaires en priorité, les clients juste après… mais dans mon cas y’a pas d’actionnaire donc j’ai simplifié la démonstration
