Pourquoi le télétravail ne s'impose pas

J’ai une élève qui m’a dit à l’été 2020 qu’elle pensait qu’il y aurait une révolution du télétravail. Maintenant que beaucoup de salariés y avaient été contraints pendant le confinement.

S’il est indéniable qu’une partie des entreprises vont le proposer de plus en plus et que ça a accéléré le mouvement, je pense qu’on ne verra pas de révolution soudaine.

Je lui avais répondu “tu verras, en vrai ça sera beaucoup moins répandu que tu ne le penses car les employeurs s’y opposent toujours, même si les salarié·e·s s’y convertissent.”

Mais surtout, ce qui me faisait dire ça c’était l’incroyable réticence des employeurs.

On s’extasiait de voir autant de personnes basculer en télétravail pendant le premier confinement.

Mais ce qui était encore plus incroyable a été d’en voir si peu pendant le second. J’ai des élèves qui ont été forcés par les employeurs à venir au travail, en pleine deuxième vague.

Sachant que le patronat avait freiné des quatre fers et s’était opposé à ce qu’il y ait une obligation de télétravail.

Je connais même des gens qui ont été rappelé pour venir physiquement assister à des réunions en visio où ils étaient la seule personne présente sur place (les autres étant à l’étranger).

Mais du coup, pourquoi ?

Puisque la productivité ne s’est pas effondrée. Ça aurait dû être la preuve définitive qu’on peut généraliser le télétravail en entreprise.

Je crois que la réponse est dans cette planche :

- Tout le monde devrait retourner au bureau, maintenant !

- Pourquoi ? La productivité ne s’est pas effondrée et on économise les temps de trajet. Pourquoi voulez-vous que l’on revienne au bureau.

- Pour que je puisse mieux vous surveiller

Tout est dit. C’est avant tout un enjeu de contrôle (ou en tout cas de sensation de contrôle) des salariés avant d’être un enjeu de faisabilité.

Je ne suis pas en train de dire que le télétravail ne pose pas de problèmes : il pose plein d’enjeux dans l’entreprise où je suis. Mais une partie des managers est motivée par le fait de pouvoir micro-manager à nouveau.