[Micro-Pensée] Tu veux le prestige ou le bonheur ?

Malheureusement, les choses prestigieuses sont souvent des billets pour l’ennui.

Regarde le nombre de personnes qui font des études de droit parce que ça impressionne leur parents mais qui détestent ça et font tout sauf du droit à la sortie.

Le signal social est une très mauvaise boussole. La mort en est une bien meilleure. Il vaut mieux agir pour construire la meilleure oraison funèbre possible, que d’agir pour construire le meilleur CV possible.

Si tu veux te lancer dans la mode mais que ça fait peur à tes parents, fais-le. Si tu veux aller travailler dans un secteur moins prestigieux mais que ça fait peur à tes proches, fais-le.

Tu ne devrais jamais écouter tes parents sur ce genre de choses

(Et en fait, le signal social c’est un peu un avis de parent géant. C’est toutes les choses que les parents du monde ont retenu comme étant prestigieuses : avocat, médecin, etc)

Je ne te refais pas la démonstration, je l’ai déjà faite ici :

Pourquoi il ne faut jamais écouter tes parents

Mais en résumé :

  1. Leur jugement est obscurci par la peur. On le sait depuis Yoda : l’amour mène à la peur qui mène au côté obscur de la force. Surtout pour un parent : son équation est globalement négative. Si tu finis en prison c’est un drame pour lui et la société dira que c’est sa faute. Il t’aidera probablement à payer tes dettes. Mais si tu deviens millionaire… l’argent est pour toi.

  2. Ils appliquent les règles d’un jeu qui n’existe plus. Ils ont connu un monde de plein emploi : ils ne peuvent pas comprendre le chômage. Un monde où un bac+3 donnait une probabilité de 100% d’être cadre.

  3. Ils se projettent en vous. Ils ont tendance à vouloir vivre à travers vous les rêves qu’ils avaient pour eux. Ou au contraire à vous éviter les désillusions qu’ils ont connu à leur époque.

Mais je m’égare. Je disais…

… le signal social est une mauvaise boussole.

Voici une des strophes qui le résume le mieux :

Regarde comment j’étais cool avant : grande école de commerce, paré pour la vente. Jusqu’au jour où j’ai tapé ma crise pour redécorer ma vie avec des couleurs vives.

Ça a été écrit par quelqu’un qui a tout plaqué pour s’essayer à la chanson.

Mais sans aller jusque là… je suis toujours étonné par le nombre de personnes qui sont attirées par des entreprises prestigieuses mais chiantes comme la mort. Je ne vais citer aucune entreprise pour ne pas vexer… mais le prestige n’est pas un bon objectif.

J’avais dit que citais pas. Mais on va citer. Y’a des personnes heureuses chez L’Oréal et c’est très bien. Mais je connais aussi beaucoup de personnes qui sortent d’école de commerce et imaginent que c’est le graal à atteindre. Voilà comment elle se retrouvent perdues dans une organisation qui ne leur ressemble pas.

J’ai une amie qui m’a dit : je ne comprenais pas. Tout le monde semblait se donner tellement d’importance. On aurait dit qu’ils travaillaient sur des fusées ou des remèdes contre le cancer. J’avais envie de leur crier “détendez-vous, on vend juste de la laque et du shampoing avec des stars imprimées dessus.

Le problème ici ce n’est pas l’Oréal. C’est une entreprise qui assume qui elle est. Le problème c’est de croire que ce serait l’alpha et l’oméga pour tout le monde parce que c’est une entreprise prestigieuse. Si, de base, tu n’aimes pas les produits qu’elle vend, pourquoi t’infliger cette peine ? J’ai pris l’Oréal mais j’aurais pu prendre n’importe quelle autre multinationale qui a une image employeur.

On oublie que le prestige est déterminé par les autres. Le prestige est la moyenne de ce qui fait rêver les autres. Le prestige ne dit rien de l’adéquation entre l’entreprise et toi. Le prestige ne dit pas si les gens aiment travailler là-bas.

Pareil pour les métiers prestigieux. Choisir un métier pour son prestige, c’est se plier à l’avis des autres.

Où ai-je volé ça ?

Dans plein d’endroits. Mais la strophe venait de la chanson C’est l’enfant - L’enfant