[Micro-Pensée] L'enfant, le supporter et le dictateur

Un des secrets de la création c’est qu’il faut réussir à désactiver son oeil critique pendant qu’on produit un premier jet, puis le rallumer quand on fait les jets suivants.

Ou, comme aiment le dire les écrivains sur Médium :

Write drunk, edit sober

En d’autres termes : écrire comme si on était ivre et relire sobre.

Ou, en version Mohamed Achachbar : Personne n’est un bon écrivain, tout le monde est un bon réécrivain.

Dans l’expression “premier jet” il y a le mot jet

On oublie toujours le jet de premier jet. Le jet est quelque chose qu’on vomit. On n’y réfléchit pas. On ne peut pas à la fois produire et corriger.

Voilà d’où vient une grande partie des syndromes de la page blanche. Parce qu’on essaie de produire en gardant son oeil critique actif.

Si tu te mets devant une feuille et que tu commences à écrire n’importe quoi. Au début ça va être bizarre. Mais au bout d’un moment tu vas commencer à écrire des trucs bien.

Tu pourras ensuite trier le bon grain de l’ivraie à la relecture. Mais pour pouvoir trier il faut bien avoir créé une matière au préalable.

Le trio : enfant, public, dictateur

Dans le premier épisode du Syndrome de La Page Noire, Lucile Dominczak a abordé le concept avec sa propre analogie.

Pour faire de l’art, il faut vraiment garder son âme d’enfant. Parce que dès que tu commences à avoir un regard d’adulte, tu te juges pendant que tu le fais, tu te juges avant de le faire et tu te juges après l’avoir fait.

Alors que si t’es dans une démarche de “j’ai fait un collier de pâtes”, t’es juste content de ton collier de pâtes. Pourtant personne n’aime les colliers de pâtes.

Donc d’abord l’enfant : pour créer on se met dans la même démarche qu’un enfant. On se met à faire des trucs sans se prendre la tête.

En d’autres termes “write drunk”.

Puis elle a enchaîné sur deux autres entités : le dictateur et le public internes. Le dictateur c’est l’exigence, c’est la voix qui te dit que tu peux mieux faire. Le public c’est l’auto-support, la voix qui te dit que c’est cool d’avoir fait ce que tu as fait.

Pour tout dans la vie il faut gérer ses petites voix internes. Y’a des moments où c’est ton dictateur qui va te sauver, y’a des moments où c’est ton public interne qui va te sauver. Mais si t’as seulement un public interne, je pense que tu risques la mégalomanie (…) Ton dictateur interne, c’est lui qui après coup va te permettre de te dire “ok là j’ai des axes d’améliorations et je peux bosser dessus” quand tu vas réécouter ton enregistrement ou relire ton article 3 ou 4 mois après.

Au milieu y’a toi. Le but c’est que tous les trois vous viviez dans une cohabitation assez cool où tout le monde à la place de s’exprimer à un moment où c’est toi qui choisis que chacun peut s’exprimer.

Et elle a conclu sur les moments opportuns

Le secret c’est d’être :

Dans l’enfant, le moi, la spontanéité quand tu crées et quand tu partages.

Dans le public, l’enthousiasme et je me félicite à la fin de la création et à la fin de la prestation

Dans le dictateur, une fois que tout ça est passé, pour dire on va prendre le temps d’améliorer ça et ça.

Tout est dit. Je n’ai rien à rajouter.

Où ai-je volé ça ?

Je l’ai volé à Lucile Dominczak pendant qu’elle discutait avec moi pour le premier épisode de mon podcast : Le Syndrome de La Page Noire.

Si tu veux le retrouver, tu peux le faire sur Spotify :

Normalement il devrait être sur Deezer, mais je n’ai pas de compte pour aller vérifier.

Apple vient de me l’approuver, tu peux donc l’écouter désormais sur Apple Podcast

Ecouter sur Apple Podcast

J’attends la réponse de Google pour Android, pour l’instant ils me disent que c’est en cours de vérification et que ça peut prendre plusieurs jours.

Mais dans tous les cas tu peux simplement aller sur la page du Podcast :

Aller sur la page du podcast

Et…je vais essayer de voir si j’arrive à faire une version YouTube…