[Micro-Pensée] Le garçon qui criait au loup

Avant de commencer, vous avez été plusieurs à me demander une version “propre” de l’email d’hier des découvertes de la semaine. Parce que pour les gens externes à l’atelier, le titre ne veut rien dire. Voici donc une version plus facile à partager. Partage-là à des gens qui sont dans le déni, font l’autruche en refusant de s’informer ou au contraire sont dans l’angoisse :

Partager l'article propre

Ceci étant dit, c’est parti pour l’email d’aujourd’hui :


Le Berger mauvais plaisant

Aka : le garçon qui appelait au loup

Tu connais sûrement déjà cette fable. Mais je te propose de la relire attentivement. Et je t’explique la morale que j’en tire ensuite.

Un berger, qui menait son troupeau assez loin du village, se livrait constamment à la plaisanterie que voici. Il appelait les habitants du village à son secours, en criant que les loups attaquaient ses moutons.

Deux ou trois fois les gens du village s’effrayèrent et sortirent précipitamment, puis ils s’en retournèrent mystifiés.

Mais à la fin il arriva que des loups se présentèrent réellement. Tandis qu’ils saccageaient le troupeau, le berger appelait au secours les villageois ; mais ceux-ci, s’imaginant qu’il plaisantait comme d’habitude, se soucièrent peu de lui. Il arriva ainsi qu’il perdit ses moutons.

Cette fable montre que les menteurs ne gagnent qu’une chose, c’est de n’être pas crus, même lorsqu’ils disent la vérité.


Quelle est la morale de l’histoire ?

Ne pas mentir sur un danger. Certes.

Mais je trouve qu’on passe à côté de l’essentiel.

À mon sens ce n’est pas le berger qui est le plus fautif : c’est le village.

On aura toujours dans une communauté des personnes qui mentent, exagèrent, etc.

Pour autant…

…ce n’est pas parce que quelqu’un crie souvent au loup que les loups n’existent pas

Voilà ce qu’on oublie. Les loups vont continuer à exister, même si on crie trop souvent au loup. Nier totalement l’existence des loups est dangereux.

Ce n’est pas parce que les actualités traitent tout comme une crise (la pluie, la chaleur, les pseudos-scandales politiques, la grève des joueurs de foot) que les vraies crises n’existent plus.

Morale alternative : la nature humaine change peu

Cette fable a été écrite par Ésope il y a plus de 2600 ans. Elle est intemporelle parce que la nature humaine n’a pas changé depuis.

Autre morale alternative : tu connais probablement les Fables de La Fontaine. Mais est-ce que tu sais qu’il a volé la plupart de ses fables à Esope (et deux autres fabulistes) ?

On l’a vu la dernière fois : les grands artistes volent.


Avant de me quitter…

Viens, regarde comment on est bien :