[Micro-pensée] La mentalité de l'artisan

L’ère industrielle nous a fait oublier la richesse d’une démarche artisanale.

Dans Skin in the Game, l’auteur développe ce concept dans lequel je me suis instantanément reconnu.

#1 | L’artisan fait ce qu’il fait pour des raisons existentielles

J’enseigne le recrutement parce que je ne sais pas vivre sans enseigner. J’ai besoin d’enseigner pour me sentir exister. Ce n’est pas une stratégie de carrière. Il se trouve que savoir enseigner m’a ensuite permis de lancer des formations qui, aujourd’hui, me génèrent un revenu. Mais ce n’était pas une stratégie préméditée.

Je pourrais payer pour avoir le droit d’enseigner. Pareil pour l’écriture. D’ailleurs, techniquement, l’écriture m’a longtemps coûté plus qu’elle ne me rapportait puisque j’ai dépensé environ 10 000€ pour mon blog Dessine-Toi un Emploi. Sans jamais en tirer le moindre revenu.

#2 | Son métier a une part artistique

C’est dans le titre “ARTisan”. Les artisans ont donc cette combinaison entre art et business.

D’ailleurs, dans mon entreprise, mon collègue et moi on se fait appeler “les artistes”.

#3 | Il met une partie de son âme dans le produit

Les artisans mettent de l’âme, de l’amour. C’est pourquoi ils produisent de la qualité. Le père de Steve Jobs était un artisan. Il lui a appris qu’il était important de faire un produit beau partout, même dans les endroits qu’on ne regarde pas.

Voilà pourquoi les intérieurs des produits Apple sont beaux. Alors qu’on ne peut pas les ouvrir sans passer par un professionnel. C’est une question de principe. De religion, même.

L’intérieur d’un Macbook air.

#4 | Il a des tabous

Ce dernier point est une grande différence par rapport à un métier industriel. Par exemple, même pour 100 000€ je n’accepterais pas de faire un cours pour dire que y’a une génération Y et qu’il faut que les recruteurs s’y adaptent. Alors que beaucoup de gens me le réclament.

Bon après… si quelqu’un propose un million…on en reparle.

Mais t’as compris l’idée.

Où ai-je volé ça ?

C’est même plus du vol, là : c’est du pillage. J’ai quasiment traduit mot pour mot le passage de cet incroyable livre de Nassim Taleb : Skin in the Game