[Micro-Pensée] Il n'y a pas de plaisir sans discipline. Mais...

La plupart des artistes avec qui je discute sont unanimes : le syndrome de la page blanche se guérit avec la contrainte.

C’est pour ça qu’on a inventé les rimes. Les rimes donnent une contrainte qui va libérer la créativité.

La contrainte permet de limiter les chemins

Pourquoi la contrainte est si stimulante ? Parce qu’elle permet d’avoir une direction. Sinon on reste paralysé sans savoir où aller.

Voilà pourquoi, quand j’ai lancé l’Atelier, je me suis dit que j’allais fonctionner en format : les micro-pensées, les discussions ouvertes, les découvertes de la semaine, etc.

Parce que ça me permet, chaque jour, de savoir ce que je suis censé faire sur cette page blanche.

D’ailleurs, au début, je n’avais pas de format pour les emails premium (ceux du weekend).

Par conséquent, le niveau était plus inégal et je souffrais pour écrire. À chaque fois, je me demandais quoi faire. Presque la page blanche. Je dis “presque” car j’ai développé d’autres méthodes pour la contrer.

Puis, depuis cet été, j’ai créé deux formats premium : les tweets de la semaine et les nano-pensées. Depuis, c’est beaucoup plus simple d’écrire le weekend.

La rigueur permet de kiffer

C’était un prof vraiment à cheval sur la rigueur. L’entraînement. En faire 10 minutes tous les jours plutôt que de grosses sessions d’une heure ou deux heures mais irrégulières. Mais aussi la rigueur dans le jeu, les détails.

C’est ce que m’a raconté Guillaume Gentil dans le second épisode du Syndrome de La Page Noire.

Il est allé dans une école de musique beaucoup plus ouverte et éclectique que le Conservatoire. Mais, paradoxalement, le prof qui l’a marqué est celui qui lui a enseigné la rigueur.

Parce que la rigueur et notamment la régularité permet d’atteindre une habitude, une maîtrise.

Tu sais, le même concept que quand tu apprends à conduire. Au début, tu as conscience de tous tes mouvements. Puis au final tout devient intuitif. Tu ne penses plus au fait de passer les vitesses en appuyant sur la pédale et en te servant du levier. Ça devient aussi naturel que de marcher.

Ça ne peut venir qu’avec une pratique régulière.

J’avais déjà une grande expérience d’écriture. Mais avoir lancé l’Atelier, un format d’écriture quotidienne, m’a permis d’atteindre un niveau sans commune mesure avec ce que je faisais avant. J’écrivais déjà facilement. Mais là j’écris encore plus facilement que facilement.

Par conséquent, j’y prends encore plus de plaisir. Je ne sens plus mon instrument. Il n’y a plus de distance entre mon cerveau et la feuille.

Mais…trop de contraintes peut étouffer la création

Sauf que… ce n’est pas si simple.

En fait, la contrainte peut aussi totalement étouffer la création. C’est ce qui m’est arrivé sur le blog Dessine-Toi un Emploi. La contrainte du sujet a commencé par me booster. J’étais prolifique. Deux articles par semaine (à l’époque c’était énorme pour moi).

Puis elle a fini par m’angoisser.

C’est cette dualité que j’ai trouvé particulièrement intéressante dans ma discussion avec Guillaume. Car il a ensuite évoqué les moments où il essayait de cumuler la musique (en groupe) avec une alternance.

C’était trop.

Le plaisir est parti. Le fait de devoir pratiquer en groupe sans pouvoir s’y soustraire a commencé à l’angoisser.

D’où l’importance de se laisser une marge.

Alterner discipline et liberté

Il faudrait faire une heure tous les jours. Mais je suis mauvais élève. Il va y avoir des semaines où je fais une semaine tous les jours et d’autres où j’en fait aucune. C’est super dur d’être complètement discipliné. En art, la discipline peut t’amener à perdre le plaisir. Je pense que ça dépend du degré d’ambition que t’as. L’ambition canalise la façon dont tu vas te discipliner.

Je me retrouve dans ce concept : c’est aussi l’ambition qui va venir moduler le degré de discipline.

J’ai trouvé une autre astuce sur l’Atelier : je n’écris pas tous les jours. Je publie tous les jours.

La différence est de taille.

Par exemple, hier, j’ai tellement été pris par d’autres choses que j’avais oublié de programmer l’email. J’allais me coucher quand d’un coup j’ai eu un sursaut. Je me suis levé, j’ai rallumé l’ordinateur et j’ai été prendre un email dans ma liste de secours.

J’ai en permanence entre 3 et 20 emails de secours.

C’est ce qui me permet, même en conservant l’exigence de publier tous les jours, d’avoir quand même une marge de manoeuvre pour ne pas tuer le plaisir.

Je pense avoir trouvé le système qui me convient le mieux.

Où ai-je volé ça

Comme tu l’as vu, je me suis énormément inspiré de ma discussion avec Guillaume, lors du deuxième épisode du Podcast.

Si tu ne l’as pas encore vu, tu peux le retrouver sur YouTube :

Ou sur n’importe quelle application de Podcast en tapant “Le Syndrome de la Page Noire”.

D’ailleurs, si tu utilises une plateforme que je ne connais pas, n’hésite pas à me demander si je peux le diffuser dessus. J’ai essayé de mettre sur toutes les plateformes que je connaissais.