Mes lectures d'octobre

En octobre, c’est grâce à l’Atelier que j’ai lu. En effet, j’ai lu quatre livres. Deux qui m’ont permis de préparer mes formations et un troisième que j’ai lu grâce au deuxième.

White Fragility - Robin DiAngelo

Ma note : ★★★★★

J’ai pris une claque. Dans tous les sens. Je ne m’y attendais pas. J’étais un peu sceptique parce que le concept a été tellement repris que je pensais en maîtriser l’essentiel.

Comment je suis tombé sur ce livre ?

Dans le milieu militant antiraciste on ne peut pas passer à côté de ce concept. Mais c’est le livre Moi et la suprématie blanche qui m’a décidé définitivement à le lire. Car il y avait énormément de passages cités.

Ce que je n’ai pas aimé

Je ne sais pas. Ah si… certaines choses ne sont pas transposables au contexte français. Car elle prend des exemples vraiment spécifiques. Mais c’est rare.

Ce que j’ai aimé

Tout.

Ce qui est le plus dingue c’est que j’ai vu mon niveau augmenter immédiatement après la lecture. Pour le coup, on est vraiment dans ma raison égoïste de faire l’Atelier : ça m’oblige à lire des livres puis à les résumer dans des formations pour lesquelles on me paie. C’est génial : je deviens un meilleur humain tout en étant payé pour ça.

Vraiment, ce livre c’est comme si j’avais appris les règles du foot alors qu’avant je regardais sans tout comprendre.

Mettre des mots sur les concepts permet de lutter bien plus facilement.

Quelques extraits

“J’étais surprise d’à quel point autant de personnes blanches sont en colère et sur la défensive à l’idée qu’elles puissent être liées au racisme de quelque manière que ce soit. L’idée même qu’on puisse leur demander de participer à un atelier sur le racisme les enrageait.

Elles arrivaient dans la salle exaspérées et le faisait sentir tout au long de la journée en posant leurs ordis violemment sur la table, en refusant de participer aux exercices et en contredisant à tout bout de champ. Je ne comprenais pas leur aigreur ou désintérêt à en apprendre davantage sur une dynamique sociale aussi complexe que le racisme”

Aucun des Blancs dont je décris le comportement dans ce livre ne s’estimerait raciste. Ils se qualifieraient même plutôt de progressistes sur le sujet et réfuteraient avec véhémence toute complicité avec un système raciste. Pourtant, toutes leurs réponses illustrent la fragilité blanche et la façon dont elle maintient le système en place.

Ces réactions entraînent des frustrations et des affronts quotidiens infligés aux personnes non blanches par des Blancs qui s’estiment ouverts d’esprit et, par conséquent, non-racistes.

Ce livre est conçu pour nous, les progressistes blancs qui, bien souvent, malgré nos intentions conscientes, leur rendons la vie si difficile. « Je pense sincèrement que ce sont les progressistes blancs qui, au quotidien, nuisent le plus aux personnes non blanches. » Je définis un progressiste blanc comme une personne blanche qui ne se pense pas raciste, ou moins raciste, ou qui pense être « convaincue » ou « avoir déjà compris ».

En ce moment, vous êtes peut-être en train de penser à tout ce qui vous rend différent des autres Blancs, et vous vous dites que si je savais comment vous êtes arrivé dans ce pays, ou à quel point vous êtes proche de ces gens, comment vous avez grandi dans tel quartier, traversé telles épreuves ou avez vécu telle expérience, alors je saurais que vous êtes différent ou différente – que vous n’êtes pas raciste.

C’est un réflexe courant dont j’ai été témoin un nombre incalculable de fois dans le cadre de mon travail. Voici un exemple : j’ai récemment fait une intervention devant un groupe d’environ deux cents employés. Il n’y avait pas plus de cinq personnes non blanches dans toute l’entreprise et, parmi elles, seules deux étaient afro-américaines.

Je n’ai cessé de mettre en avant à quel point il était important pour les Blancs de faire preuve d’humilité raciale et de ne pas se dispenser de reconnaître les mécanismes inévitables du racisme.

À peine avais-je terminé de parler qu’une file de Blancs se formait, officiellement pour me poser des questions mais, en réalité, principalement pour réitérer l’opinion sur la race qu’ils avaient en entrant dans la salle.

Le premier, un homme blanc, m’a expliqué qu’il était américain d’origine italienne et que les Italiens, autrefois, étaient considérés comme des Noirs et victimes de discrimination. Par conséquent, est-ce que je ne pensais pas que les Blancs aussi faisaient l’expérience du racisme ?

Le fait que dans cette pièce remplie de collègues presque tous blancs, à son image, il puisse s’affranchir de l’examen de sa couleur sous prétexte que les Italiens ont autrefois été victimes de discrimination est un exemple d’individualisme extrêmement courant.

Il lui aurait été plus profitable (car cela aurait élargi sa vision du monde actuelle au lieu de la protéger) de se demander comment les Américains d’origine italienne ont pu devenir des Blancs et l’influence que cette assimilation a eue sur ses expériences en tant qu’homme blanc aujourd’hui.

Comme le souligne l’écrivain Ta-Nehisi Coates : « La race est l’enfant du racisme, pas sa mère. » Ce qu’il veut dire, c’est que nous avons commencé par exploiter les peuples pour leurs ressources, et non à cause de leur apparence ; en un mot, l’exploitation est venue avant l’idéologie de l’inégalité des races justifiant cette exploitation.

L’universitaire Marilyn Frye utilise la métaphore de la cage à oiseaux pour décrire comment les forces d’oppression sont liées les unes aux autres. Si vous vous placez tout près d’une cage et que vous appuyez votre visage contre les barreaux, ils disparaîtront de votre champ de vision et vous verrez l’oiseau sans qu’aucun obstacle ne s’interpose entre vous et lui.

Si vous tournez la tête pour examiner l’un des barreaux de la cage, vous ne pourrez pas bien distinguer les autres. Si votre représentation de la cage se fonde sur cette vision à très courte portée, vous ne comprendrez pas pourquoi l’oiseau ne se contente pas de contourner l’unique barreau que vous voyez pour s’envoler. Vous pouvez même imaginer que l’oiseau aime être en cage, ou a choisi de l’être.

Mais si vous reculez de quelques pas et élargissez votre champ de vision, vous constatez que les barreaux forment une structure conçue pour maintenir l’oiseau à cette place et qu’il est cerné par un réseau d’obstacles reliés entre eux de façon systématique.

Si certains oiseaux arrivent à s’échapper, la plupart n’y parviennent pas. Et ceux qui s’enfuient devront franchir un certain nombre d’obstacles auxquels leurs pairs qui n’ont jamais vécu en cage ne sont pas confrontés. La métaphore de la cage aide à comprendre pourquoi il est parfois si compliqué de voir et de reconnaître le racisme : notre champ de vision est limité.

Deep Work - Cal Newport

Ma note : ★★★★★

Une lecture géniale. Là encore, j’étais un peu sceptique. Ça fait longtemps qu’on me parle de ce livre. Mais le titre m’avait induit en erreur (le sous-titre est beaucoup plus évocateur).

J’ai eu le déclic quand j’ai lu un autre livre du même auteur. Je l’ai trouvé tellement bien que ça m’a décidé à lire celui-ci.

Ce que je n’ai pas aimé

Peut-être un peu longuet dans la seconde moitié.

Ce que j’ai aimé

Avoir un angle entièrement dédié à la concentration était passionnant. On parle rarement de ce sujet dans la gestion du temps. Ou plutôt on parle de manière superficielle. Là, on va vraiment au fond du sujet.

J’ai aussi beaucoup apprécié le fait de ne pas tomber dans il faut se débarrasser des smartphones que je trouve totalement stérile.

Quelques extraits

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