L'obsession pour le diagnostic autistique est toxique
Et oui, même l'auto-diagnostic
L’obsession pour le “diagnostic” de l’autisme est malsaine.
On sait Nicolas, tu nous en as parlé y’a deux semaines : l’autisme n’est pas une maladie, c’est une condition sociale.
C’est vrai. Mais aujourd’hui ce n’est pas cet axe que je veux aborder. On va partir du principe que l’autisme est bel et bien une maladie. En l’occurrence, un trouble psychique.
C’est faux, hein ? Mais c’est pour la démonstration.
Est-ce que tu connais une autre maladie où tout tourne autour du diagnostic ? Quand tu dis à quelqu’un que tu as une gastro, il ne réagit pas en disant oh mais attends, t’es sûre, t’as fait un diagnostic complet de la gastro ? Il te demande si tu prends des médicaments, si tu manges du riz et des bananes, si tu t’hydrates et si tu te reposes
Quand tu dis à quelqu’un que tu as une dépression, il ne réagit pas en disant oh mais attends, t’es sûr… t’as fait le diagnostic complet de la dépression ? Il te demande si tu prends des antidépresseurs, si tu as du monde pour te soutenir et si tu essaies de faire du sport.
Oui, le conseil de faire du sport est un bon conseil en cas de dépression. Le souci c’est que les gens ne comprennent pas que c’est extrêmement dur.
Habituellement, tout le monde comprend ces deux choses :
Le diagnostic est le début de l’intervention de soin, pas la finalité
On n’attend pas une certitude de 100% pour intervenir, on fait une balance bénéfice-risque.
Alors pourquoi quand on parle d’autisme c’est tout l’inverse ? Toutes les discussions se concentrent autour du diagnostic. D’ailleurs on utilise même un terme absurde de “diagnostic officiel”. Comme si y’avait un certificat d’État de l’autisme.
Disclaimer : un tel certificat n’existe pas. Même si tu fais ton diagnostic avec un médecin, un autre médecin pourra te dire qu’il est faux. Ce n’est pas théorique, je connais des gens à qui s’est arrivé, ce n’est pas rare.
Je pense, en bon marxiste, que ce sont les conditions matérielles qui ont créé cette réalité sociale et non l’inverse. En termes plus simple : c’est parce que la médecine (psychiatrie) est incompétente sur l’autisme qu’en retour on s’obsède sur le diagnostic.
Si tu regardes, la médecine (psychiatrie) française :
Ne sait pas “traiter” l’autisme
A énormément de mal à diagnostiquer l’autisme
Du coup entre le truc où elle est nulle et le truc qu’elle sait pas faire, elle met toute son énergie sur le truc où elle est nulle. Car, par la magie de la relativité la phrase suivante est également vraie :
La médecine (psychiatrie) est 100 fois meilleure à diagnostiquer l’autisme qu’à le traiter
D’ailleurs, quand tu lis entre les lignes, une grande partie du propos des psys est de dire mais pourquoi vous voulez un diagnostic d’autisme, ça vous servira à rien ensuite.
Pire encore, en France on est encore sous grande influence de la psychanalyse. Or, la psychanalyse a instillé une idée extrêmement dangereuse qui touche même des psys qui ne s’en réclament pas :
“Il n’y a pas toujours quelque chose à FAIRE”
Beaucoup de psys font ce que j’appelle des thérapies de la conversation. C’est-à-dire qu’on discute des problèmes sans forcément avoir un protocole de solutions.
C’est extrêmement dangereux parce que ça fait que beaucoup de gens baissent les bras face à leurs souffrances psychiques.
Malheureusement, en France, ces psys sont la majorité. Mais heureusement tu as également des psys qui se revendiquent de la branche scientifique de la psychologie : la TCC. En TCC tu vas avoir un protocole pour chaque souffrance psychique.
Attention, ça ne veut pas dire que les psys TCC peuvent réussir à tous les coups. Mais ça veut dire qu’iels vont avoir une idée précise du chemin à emprunter.
Car la réalité c’est que y’a quasiment toujours quelque chose à faire face à une souffrance psychique.
On reproche souvent aux coachs en développement personnel de faire du travail de psy. Mais ça me rappelle ce que j’ai vécu dans le recrutement. J’étais fasciné par le fait que dans certains rencards (dates), les gens disent non mais on dirait un entretien de recrutement. Alors qu’un entretien de recrutement mené selon la méthode scientifique ne peut en aucun cas ressembler à un rencard. La réalité c’est que 95% des recruteurs recrutent sans méthode et donc ressemblent à un rencard.
C’est pareil ici : ce ne sont pas les coachs en développement personnel qui font du travail psy, ce sont les psychanalystes qui se contentent de faire du développement personnel.
Si ton psy ne sait pas où iel va après un diagnostic, y’a un problème.
Les gens suspendent leur vie pendant des années en attente du diagnostic
On arrive à la plus grande folie : les gens se mettent à attendre un diagnostic. Or, la moyenne pour avoir un diagnostic en France est autour d’un an et demi.
Y’a d’ailleurs un livre que j’adore qui s’appelle l’année suspendue qui raconte comment l’autrice est supendue à ce verdict.
Ça n’a aucun sens.
Je lis tellement de désespoir autour de ça que ça me fend le coeur.
Alors qu’il n’y a aucune raison valable de faire ça. Je dis bien : aucune.
Tu n’as pas besoin de finir ton diagnostic pour commencer à aménager ta vie
Quand je te dis que la médecine ne sait pas traiter l’autisme, je ne te dis pas que la science ne sait pas. On confond souvent science et médecine, à tort.
Comme le rappelle Flo de therapietsa :
Dans l’autisme, il y a un truc complètement absurde. Quand on arrive à traverser le parcours d’obstacle qui est la détection et le diagnostic et qu’on vous dit: “Oui, vous êtes autiste”, il ne se passe rien.
C’est marrant parce qu’en règle générale, quand on sort de chez le docteur, de chez le psychiatre, de chez le médecin en général, on vous dit quoi faire, non ? Ou on vous donne des infos pour bien faire. On aurait vachement de mal à imaginer un endocrinologue qui détecte quelqu’un diabétique et qui dise: Bonjour, bonne journée, continuez à manger du sucre. Non, ça paraît étrange, non ?
Donc ça, fatalement, ça m’agace. Il y a des faits scientifiques qui existent, qui sont étayés, qui sont corroborés par des dizaines et des dizaines d’études et on les connaît. Mais vous, on ne vous donne pas accès à ces infos cruciales et ça, ce n’est pas très normal.1
Y’a deux points cruciaux ici :
La science a des choses à dire sur comment aménager une vie autistique
Ces choses sont rarement partagées à l’issue d’un diagnostic médical de l’autisme
Donc non seulement, tu attends une année à rien faire en attendant le diagnostic mais en plus on ne te donnera de toute façon pas les pistes d’aménagement.
C’est donc malheureusement à toi de te prendre en main.
Comment ? Déjà en prenant connaissances des axes à travailler. Poser correctement l’énoncé du problème c’est déjà faire la moitié du chemin. Ces axes sont assez bien connus et tu pourras les retrouver à plein d’endroits. Malheureusement souvent en anglais mais tu as aussi du contenu français (notamment thérapietsa que je viens de citer).
Si ça t’intéresse, je peux te résumer non seulement ce que j’ai lu dans la vulgarisation scientifique mais aussi ce que disent les gens de mon audience. Car, j’ai mené moi-même une étude téléphonique auprès de 55 personnes autistes de mon audience.
Tout ça je te le présente, jeudi 19 mars dans une conférence en ligne où tu vas pouvoir :
Découvrir les problématiques les plus courantes
Te demander lesquelles sont les plus importantes pour toi
Découvrir le plan d’action que j’ai utilisé sur moi-même et que je peux t’aider à mettre en place
Voici le lien pour s’inscrire :
https://event.webinarjam.com/9y032/register/081qyt88?utm_source=substack
