Les tutos de Nico #3 - Se mettre en couple grâce à Tinder (ou pas)

Bienvenue pour ce troisième épisode !

On va voir ensemble comment apprendre à trouver un ou une partenaire amoureuse via le processus de dating.

J’ai dit “Tinder” parce que ça parle à tout le monde. Mais en fait ce que je veux dire c’est plutôt “le dating”. C’est-à-dire une démarche active de recherche de partenaire.

D’ailleurs, 90% de ce qu’on va voir aujourd’hui fonctionne aussi hors du dating. Seule la troisième étape est vraiment dédiée au dating.

Première étape : tu veux quoi ?

What do you want ??????? - Blog de SasuSaku199

En fait c’est comme la recherche d’emploi : l’erreur la plus fréquente consiste à partir en recherche sans savoir ce qu’on cherche. Ça a l’air évident, dit comme ça, mais tu n’imagines pas à quel point on fait facilement cette erreur.

On a vite fait de se laisser aspirer par la démarche en elle-même.

Donc, demande-toi : tu veux un couple ? Avec certitude ?

Ne me réponds pas “je sais pas, je veux attendre de voir où ça mène”. Ma question est : “dans l’idéal est-ce que tu recherches un couple ?”.

Par opposition à toutes les autres formes d’interactions : amitiés sexuelles, plan c*l, coup d’un soir, etc.

Tu noteras que ces formes ne sont pas inférieures au couple. Contrairement à ce qu’on veut nous rentrer dans le crâne. Tu es libre de choisir ce que tu veux, en fonction de tes convictions et de tes envies. L’essentiel est de faire preuve de clarté en toi comme envers les autres.

Pour ce tutoriel, on part du principe que ce que tu veux c’est un couple. Et on part du principe que c’est une priorité. Au moins ta priorité #2.

Là encore, c’est ok d’avoir d’autres priorités mais il faut être lucide. Si ton travail te prend tout ton temps et ton énergie, ce sera ça ta priorité.

Si trouver un couple est ta priorité, je te conseille de définir ce qu’on appelle des dealbreakers. C’est-à-dire une liste d’éléments qui feraient échouer un couple avec toi. Ou plutôt, les choses qui nuiraient à ton bonheur.

Il faut à tout prix que tu commences par ça. Pourquoi ? Parce que sinon tu vas te laisser aspirer par la phase de lune de miel. On y reviendra en dernière partie. Dans les premiers mois d’une relation, on ne se dispute pas et on fait totalement abstraction de choses qui nous tueront à moyen terme.

Voici une liste non exhaustive de mes propres dealbreakers :

  • Fume du tabac

  • Plus à droite que Mélenchon

  • Fait des blagues racistes

  • N’aime pas Paris

  • Veut des enfants



J’en ai une douzaine comme ça. Et un seul de ces critères suffit à m’empêcher de construire une relation de couple.

Il faut être inflexible là-dessus. Car, malheureusement, tu ne peux pas obliger les autres à respecter leurs propres dealbreakers. Même en disant dès la première fois “je ne veux pas d’enfant et je n’en voudrais jamais”, tu n’es pas à l’abri que l’autre imagine qu’un jour il te changera, ou que lui-même change d’avis un jour.

D’ailleurs, j’insiste sur le fait que les dealbreakers sont à évaluer à l’instant t. Ne crois pas que tu vas changer une personne. Arrête de vouloir changer les gens pour qu’ils te conviennent. Essaie plutôt de trouver des gens qui te conviennent dès le début. Car c’est déjà suffisamment de travail de maintenir un couple avec quelqu’un qui te convient, pour se rajouter le défi d’essayer de le faire avec quelqu’un qui ne te convient pas.

Deuxième étape : les trois grands secrets

Tu as ta liste des dealbreakers ? Il est maintenant temps d’avoir trois révélations. J’ai observé que beaucoup de gens autour de moi échouaient à trouver un couple à cause de l’incompréhension d’un de ces secrets.

Secret #1 : on n’a pas besoin de beaucoup de temps pour savoir si on veut un couple avec quelqu’un

Je sais. Tu as rencontré des dizaines de mecs et de meufs qui t’ont dit “j’ai besoin de plus de temps pour savoir si je veux m’engager”.

Damso a déjà répondu :

Je sais c'que tu veux vraiment quand tu dis que tu n'sais plus c'que tu veux vraiment
Je sais qu'tu n'as plus le temps quand tu dis que tu penses qu'il te faut plus de temps

Ne te laisse pas duper ! D’expérience, il faut moins de 5 minutes (souvent moins de 30 secondes pour classer la personne en face dans une des trois catégories).

Catégorie 1 : je n’ai envie de rien avec cette personne

Catégorie 2 : j’ai envie de coucher avec cette personne

Catégorie 3 : je pourrais faire couple avec cette personne

Tout ceci est une question d’alchimie, ça va souvent plus vite que le cerveau analytique. Voilà pourquoi c’est aussi rapide. Si tu as besoin de faire fonctionner ton cerveau analytique c’est qu’il y a un souci quelque part.

La catégorie 1 est facile à différencier des deux autres.

En général l’hésitation est entre la 2 et la 3.

Pourquoi ? Parce qu’on croit qu’une personne peut monter de 2 vers 3. D’expérience ça n’arrive quasiment jamais. Ou alors ça donne un couple poussif.

Si tes tripes classent l’autre en catégorie “on va coucher avec mais pas faire un couple ensuite” … elles ne le classeront pas en catégorie “on va faire un couple finalement”.

En revanche, quelqu’un peut descendre. Tu crois que c’est la catégorie 3. Puis après une heure tu te rends comte qu’en fait non.

Autre souci : les gens mentent. Ils vont te dire qu’ils ont besoin de temps pour savoir s’ils veulent s’engager avec toi. Mais ce n’est pas vrai. Ils profitent juste de l’ambiguïté. Pourquoi ? Parce qu’il est très difficile d’admettre qu’on veut uniquement coucher avec quelqu’un.

Crois-moi : quand vous êtes mutuellement en catégorie 3 c’est une sorte d’ouragan qui t’aspire. Tu ne peux pas lutter facilement. Si tu dois pousser quelqu’un c’est que tu n’es pas en 3 pour lui. Si quelqu’un te met en catégorie 3, il ou elle, va te tirer. Tout sera beaucoup plus fluide.

Ne parlons même pas du sexisme. Il faudrait un livre entier, mais certaines personnes vont essayer de te faire croire que si tu dis dès le début que tu veux un couple, ça les fait fuir. Tu essaies de leur mettre la bague au doigt. Tu es vraiment une meuf meuf… Et que donc il faut du temps. C’est faux. Ces mêmes personnes qui t’ont dit qu’il leur faut du temps, t’as pas remarqué que quelques temps après ils finissent par se mettre en couple brutalement avec une meuf ? Catégorie 3, tout simplement. Si quelqu’un te met en catégorie 3 il ou elle ne va pas fuir sous prétexte que tu fais pas tout exactement dans le bon timing.

Pareil pour les mecs qui disent “elle a couché le premier soir donc elle sera pas la mère de mes enfants”. C’est faux. C’est une fausse excuse pour justifier d’avoir quelqu’un en catégorie 2.

Enfin… certaines personnes n’ont jamais vécu la catégorie 3. Donc comment savoir que ce n’est pas “normal” d’essayer un couple avec une personne de catégorie 2, quand on a rencontré que ça ?

Ce qui m’emmène au secret suivant…

Secret #2 : la catégorie 3 est super rare

C’est déprimant. Souvent quand j’explique les trois catégories on me répond :

Non mais attends…la catégorie 3 ça m’est arrivé très rarement. Genre 2 ou 3 fois.

Précisément. C’est très rare. C’est aussi pour ça que certaines personnes se persuadent qu’elles vont faire un couple avec quelqu’un en catégorie 2. Car on se dit qu’il faut pas non plus avoir des exigences irréalistes.

Mais malheureusement, le réalisme c’est d’accepter que l’alchimie qui mènent à un couple de qualité est rare.

Conséquence fâcheuse : il faut rencontrer beaucoup de monde pour y arriver. Même les personnes qui ont trouvé l’amour de leur vie, jeunes, ont en fait rencontré beaucoup de monde. On oublie à quel point on rencontrait vraiment beaucoup de gens dans le milieu scolaire. C’est pour ça qu’on avait moins besoin de faire du dating.

Secret #3 : l’amour vient de la vulnérabilité/l’authenticité

Pour faire couple avec quelqu’un il faut lui montrer tes failles. Il faut accepter une forme de nudité émotionnelle.

Oui mais c’est relou…ça veut dire qu’à chaque fois il faut tout recommencer…

=> Oui. Je sais que c’est chiant. Mais ça fait partie du jeu. Si jamais tu ne t’ouvre pas émotionnellement, tu vas développer des relations superficielles.

Attention, je ne parle pas de raconter des histoires tristes pour faire pitié. Ça c’est de la manipulation. Je te parle de raconter qui tu es, sans artifice, sans te cacher, sans fuir les émotions négatives (mais sans les chercher non plus).

J’ai rencontré des personnes qui ont mis plusieurs mois avant de me montrer la moindre vulnérabilité émotionnelle. Je me suis brutalement senti beaucoup plus attaché au moment en question. Et plus rien n’a été pareil avant.

Les humains sont attirés par les imperfections, les cassures. On ne peut pas tomber amoureux d’une personnalité lisse.

(Et personne n’est vraiment lisse au fond. Seulement, certaines personnes cachent leur vraie personnalité derrière des banalités, des blagues fades et des discussions superficielles. Ne fais pas ça, si tu veux améliorer tes chances).

Troisième étape : le mécanisme de dating

Ça mériterait un livre entier. Moi j’ai appris dans le livre Models, par Mark Manson. Mais voilà quelques principes que j’utilise.

J’évalue les dealbreakers dès la discussion

C’est important de bien filtrer en amont. Car tu peux discuter avec 10 personnes à la fois. En revanche, tu ne peux voir qu’une seule personne à la fois en rendez-vous.

Bien sûr, je n’ai pas une check list, je fais ça à l’instinct. Voire qu’une meuf est de droite est très rapide par exemple.

Dans tous les cas, il est crucial que tu apprennes à filtrer correctement pour ne pas gaspiller ton temps.

Pendant le rendez-vous, j’amène le sujet de la dernière relation

Dur à expliquer, car ça peut vite faire lourd. Mais c’est déjà moins lourd que ‘“t’es là pourquoi”. En général ça vient naturellement : l’autre fait une référence à son ex. Et on enchaîne en parlant de pourquoi ça s’est terminé. Souvent ça permet de commencer à comprendre ce que l’autre veut et à dire ce que l’on veut.

Vraiment, je peux pas te donner de méthode. Ce serait comme essayer de t’apprendre à danser. Mais parfois je provoque la discussion en rebondissant sur une phrase. Par exemple l’autre parle d’amour et je demande “t’es déjà tombée amoureuse ?”

Je polarise en permanence

Je montre des aspects clivants de ma personnalité, très vite. En rapport avec mes dealbreakers. Par exemple : “je ne crois pas en la monogamie”. Personne ne reste de marbre face à ça et ça permet de tout accélérer. Pareil pour “je ne veux pas d’enfants”. En fait, tu n’as aucun intérêt à cacher les aspects de ta personnalités les plus répulsifs. Au contraire. Ça permet de trouver plus vite les personnes qui vont aimer tes aspects qui repoussent les autres.

Je fais des demandes qui débouchent forcément sur un oui ou un non

Dans la même idée, il est crucial de faire de vraies demandes. Tu n’imagines pas le nombre d’occasions ratées parce qu’aucun des deux n’osent faire la demande. Alors les deux envoient des signaux cachés. Ta seule façon d’avoir le coeur net c’est de faire des demandes “go for no”. Tu essaies d’avoir un non franc. Par exemple plutôt que bouder parce que tu attends qu’il te réécrive… tu envoies “tu veux qu’on se revoit ?”. Plutôt que de te demander si y’a quelque chose entre vous tu dis “j’avais trop envie de t’embrasser hier soir…je suis le seul ?”…etc.

Le manque de clarté est ton pire ennemi. Ça doit être clair au point de déclencher seulement deux réponses : oui ou non.

Je me demande pas si je plais, je me demande est-ce que l’autre me plaît

Tu ne sais pas ce qui va plaire à l’autre. Arrête de te casser la tête. D’ailleurs la bonne personne pour toi n’aura pas besoin d’un date parfait. C’est ok de faire des “erreurs”. Demande-toi plutôt est-ce que la personne en face te plaît, c’est la seule chose que tu peux savoir avec certitude. Demande-toi si tu la mets en catégorie 1, 2 ou 3. Plutôt que de te demander dans quelle catégorie elle va te mettre. C’est à elle de s’occuper de ça.

Je mesure les taux de conversion de chaque étape

Je sais. Les gens ne veulent pas mesurer parce que c’est chelou. Mais c’est con. On apprend énormément de choses. Avant de compter (grosso modo hein)…j’étais persuadé que j’étais nul en rendez-vous. J’ai réalisé qu’en fait c’était plutôt à la discussion qu’il fallait davantage trier. Or, ça, tu ne peux le savoir qu’en mesurant.

Quatrième étape : regarde qui tu attires

Je vais aller vite mais ça pourrait être un livre entier aussi. Si tu attires toujours le même type de personne : ça vient de toi. N’accuse pas le monde. Genre “y’a plus aucun mecs qui veulent s’engager de nos jours ?”

“J’attire que des gens fade”

Si tu t’ennuies à chaque rendez-vous c’est que tu ne filtres pas assez en amont. C’est normal de s’ennuyer la majorité du temps. Mais pas tout le temps.

“Je tombe sur des gens qui ne veulent pas s’engager”

C’est parce que tu les tolères. À partir de maintenant, dès que quelqu’un te dit qu’il ne sait pas… tu passes à quelqu’un d’autre. Tout simplement. Ou tu dis clairement que toi tu as pour but de finir en couple et que tu veux pas fréquenter quelqu’un juste comme ça.

“Non mais vraiment, Nicolas, plus aucun mec ne veut s’engager de nos jours”

Ah bon ? Alors comment ça se fait qu’il y ait autant de gens qui se marient ? J’insiste. Tu fréquentes ces gens car tu les tolères. C’est sûr que si à chaque fois tu passes deux mois à accepter que l’autre dise “je ne sais pas trop”… tu risques pas de tomber sur les personnes qui veulent s’engager.

C’est sûr que si tu acceptes de passer le plus clair de ton temps avec des mecs qui ne s’engagent pas … tu ne verras que ça.

Cinquième étape : the talk

Admettons que tu fréquentes quelqu’un. Bien entendu vous n’allez pas décider de faire couple au bout de la première fois.

Pour autant, si tu as suivi la méthode, tu as dit dès le premier date que toi tu étais en recherche de couple. Pas en mode “je veux un couple avec toi maintenant et tout de suite” mais bien “de manière générale c’est ce que je veux”.

Ça peut être plus rapide, ça peut être plus lent, chacun son rythme. Mais je dirais qu’en moyenne au bout de trois semaines à se fréquenter et à coucher ensemble il est temps de définir la relation.

Il est temps de dire explicitement ce qu’on est : des sexfriends ? Un couple en construction ?

(holding hands) stick 1: so does this mean... that you're my girlfriend? / stick 2: yeah... I think that's what it means...

C’est d’ailleurs souvent le moment où les gens disent s’ils veulent que l’autre soit exclusif.

Tu ne peux pas faire l’économie de cette discussion. C’est dans l’ambiguïté que se construisent les plus grandes catastrophes.

Même si le plus souvent ce sera une formalité, tu ne peux pas te permettre la moindre ambiguité. Même si tu penses que tu es sur la même longueur d’onde que l’autre. Tu verras… vous l’être dit explicitement va te libérer d’un poids.

Avant-dernière étape : dire “je t’aime”

Fais-le. Voilà. Je n’ai pas de méthode. Il faut le dire. C’est tout. Tu peux aussi attendre que l’autre le dise, mais c’est tellement hypocrite. Pourquoi tu attendrais que l’autre prenne le risque que tu refuses de prendre ? Si tu attends qu’on te le dise, dis-le. Prends ton destin en main.

Parfois tu te heurteras à “pas moi”. Ça fait partie du jeu.

Dernière étape : gérer la fin de la lune de miel

Ça y est, vous avez décidé de construire une relation durable. Vous passez les premiers mois à coucher ensemble en permanence. Vous vous disputez jamais. Puis un jour ça disparaît.

Les six premiers mois c’est la “chute”. On contrôle pas vraiment. Mais quand arrive le carrefour, c’est une décision plus rationnelle : est-ce qu’on veut continuer ou pas ?

C’est là que tu vas te mordre les doigts si tu n’as pas vérifié les dealbreakers dès le début. C’est souvent à ce moment qu’ont lieu les ruptures du type “en fait je veux un enfant et pas toi” ou alors “en fait je supporte plus ton mode de vie (cigarettes, alcool ou à l’inverse sobriété)”.

Je ne sais pas quoi te conseiller si ce n’est d’avoir conscience de l’existence de cette phase. Par définition, je l’ai fait beaucoup moins que tout le reste. Donc je n’ai pas assez d’expérience pour avoir le recul dessus.

Juste : bon courage !

Avertissement final

Une grosse partie de ce que je viens de te dire vient de mon expérience personnelle. Même si j’ai appuyé avec des livres et des articles, ça reste très intime. Donc je ne détiens pas la vérité absolue. Prends ce que tu as à prendre et oublie le reste.