Les découvertes de la semaine #44

1 vidéo, 1 livre de cuisine

Ça fait plus d’un mois qu’on a pas fait un épisode des découvertes de la semaine ! Mais avant ça, n’oublie pas d’aller voter pour l’email que tu préfèrerais me voir écrire dans cette liste (en appuyant sur “read more”).

L'Atelier Galita
Écris un titre d'email
Read more

[Vidéo Semi-Longue] Le véritable héritage de Jean-Marie Le Pen

Comment j’ai découvert cette vidéo ?

YouTube a compris que dès qu’Usul fait quelque chose il faut me le proposer. J’en suis au point où, avant de t’écrire, j’étais en train d’écouter sa revue de presse qui fait 2h41… autant dire que je suis un bon client de ce qu’il fait.

Les 3 choses que j’en retiens

#1 | Jean-Marie Le Pen était le plus respectable de l’extrême-droite de son époque. Ça semble dur à imaginer aujourd’hui mais la stratégie du Front National a été de mettre en avant un leader présentable pour peser dans le débat républicain.

Jean-Marie Le Pen était un des rares qui n’était pas antirépublicain (dans le vrai sens du terme c’est-à-dire qu’il n’était pas royaliste). Il avait également déjà exercé des fonctions politiques avant. Bref, la stratégie initiale est celle de la vitrine.

#2 | Un jour tout a basculé à cause de Mitterrand et des médias. Aujourd’hui on dirait que Ruquier et Bolloré ont propulsé Zemmour. Et bien l’équivalent ici c’est Mitterrand qui a pesé de tout son poids pour que Le Pen ait une tribune. C’est un propos que j’ai entendu plusieurs fois dans la bouche de vieux routards de gauche, mais je n’avais jamais vu de source.

Là on montre comment Mitterrand a usé de son influence pour exiger que Le Pen passe à la télé. Parce que ce dernier lui avait écrit une lettre dénonçant “l’ostracisme dans les médias” qu’il subissait.

Ça ne te rappelle rien ? La stratégie de dire qu’on les censure ?

Il a fini par faire une émission de grande écoute… durant laquelle les journalistes se sont opposés frontalement. Mais le problème c’est que ça change rien au fait que des millions de français et de françaises ont brutalement eu Jean-Marie Le Pen dans leur salon. On en revient au danger de débattre publiquement avec l’extrême-droite, même si c’est pour s’opposer frontalement.

#3 | Un autre jour, tout a basculé d’une autre manière. Alors que Le Pen cherchait à être la vitrine respectable, il dit dans une émission “je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé, mais je n’ai pas pu moi-même en voir (…) mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale”.

Aujourd’hui ça semble difficile à croire mais à l’époque Le Pen ne faisait pas ce genre de sorties. Toutes ses outrances étaient maîtrisées pour précisément rester dans le champ républicain.

Ce n’est donc pas une stratégie : il avait 39 de fièvre le jour de l’émission, n’avait pas correctement préparé. Il a dit ce qu’il pense, certes, mais ça lui a échappé. Il dira d’ailleurs juste après à un de ses proches “en 40 ans de vie politique c’est la plus grosse connerie que j’ai jamais sortie”.

Sauf qu’il ne peut plus reculer. Il ne peut pas retirer ce qu’il dit, sa base ne comprendrait pas qu’il cède. Il va alors accélérer.

La suite, tu la connais. Il abandonne le concept de respectabilité. Car on le renverra toujours à cette déclaration.

Pourquoi tu dois découvrir cette vidéo à ton tour ?

Déjà parce que cette émission est très qualitative (c’est le second épisode). Ensuite parce que ça permet de bien comprendre comment Le Pen a préparé le terrain pour ce qui arrive aujourd’hui. J’ai notamment été surpris de découvrir qu’il avait lui aussi essayé la stratégie de dédiabolisation.

[Livre] Simplissime

Comment j’ai découvert ce livre ?

On me l’a offert à mon anniversaire. Pas celui-ci, celui d’avant. Je l’ai regardé, je l’ai rangé, je ne l’ai plus jamais ouvert. Ne serait-ce que parce que je n’aimais pas assez mon appartement précédent pour m’occuper de cuisiner.

Mais aussi parce que la cuisine reste une blessure d’enfance. Un truc où on se moquait de moi plutôt que de me montrer comment faire.

Encore aujourd’hui je le dis : l’apprentissage de la cuisine est un gigantesque bizutage. Comme énormément de gens n’ont pas eu de vrais cours, ils sont convaincus que ça ne s’apprend pas. Qu’il faut juste essayer des trucs.

Bien sûr, comme toutes les disciplines, c’est totalement faux. Ça dépend énormément des aptitudes et du niveau. On a tendance à sous-estimer tout ce qu’il faut pour maîtriser un geste de base.

Les 3 choses que j’en retiens

#1 | Le livre La cuisine pour les nuls est nullissime. On me l’avait offert pour mes 18 ans. Ça ne m’a servi qu’à une chose : apprendre à faire des oeufs brouillés. Ensuite j’ai abandonné car c’est bien trop complexe.

#2 | La bonne pédagogie peut changer une vie. Je le savais déjà puisque c’est mon métier de former les gens. Mais c’est fou de voir l’impact que ça peut avoir. Je viens de passer un mois où j’ai fait beaucoup plus de nouvelles recettes que durant toute ma vie. Simplement parce que c’était simplement expliqué. Pas à pas.

#3 | Pour enseigner quelque chose de simple il faut que ça soit simplissime. J’aime bien l’idée du titre. Quand les gens disent mais la cuisine c’est simple. Il y a du vrai : ce n’est pas complexe une fois qu’on a certaines bases. Ça ne veut pas dire que c’est pas facile mais ça reste évidemment plus simple que de construire une fusée.

Mais c’est un piège. Le concept même de l’enseignement c’est qu’il simplifie son sujet. Peu importe le niveau de complexité de départ. Il y a plus de gens qui ont appris la cuisine en autodidacte sans aucune aide extérieure que des gens qui ont appris à créer des fusées en autodidacte. C’est vrai.

Mais ça ne change pas que dans les deux cas il y a des gens qui n’arrivent pas à apprendre en autodidacte. C’est à ça que servent les profs. Et la personne qui enseigne ne peut pas se contenter de dire non mais c’est simple.

Ok, super, mais justement là je te demande de me simplifier, pas de me dire d’où on part : j’ai besoin que la barre soit encore plus basse, sinon j’aurais appris seul.

Pourquoi tu dois découvrir ce livre à ton tour ?

Bien entendu, ça ne se lit pas de manière linéaire. On va picorer les recettes au fur et à mesure de nos envies.

Je dirais que même si tu as un niveau avancé en cuisine, le concept d’avoir uniquement des recettes de moins de 7 ingrédients, expliquées en un huitième de page, est génial.

Je ne comprends même pas pourquoi toutes les recettes de cuisine ne sont pas sous ce format :