Les découvertes de la semaine #33 - 1 vidéo, 2 articles

Édition spéciale sources de mon article sur l'extrême-droite

Avant de commencer, je n’ai pas oublié le live de cette semaine. Simplement j’ai eu des petits imprévus et il ne me restait que vendredi (aujourd’hui) comme créneau. On se donne donc RDV à 12h30 pour un live sur les 4 accords toltèques. Je t’enverrai un email 15 minutes avant pour te donner le lien et te le rappeler (mais sinon tu pourras y accéder de toi-même en allant sur la chaîne YouTube du Syndrome de La Page Noire.


Bienvenue dans les découvertes de la semaine. Aujourd’hui une édition un peu spéciale puisque je vais revenir sur les sources de mon article de la semaine sur l’extrême-droite :

Je n'ai pas encore lu l'article


[Vidéo] L’injonction au débat - LBM 87

Comment j’ai découvert cette vidéo ?

Je suis abonné à sa chaîne YouTube grâce/à cause de la polémique Astronogeek (longue histoire). Il avait décrypté la situation avec brio. Je l’avais déjà regardée en diagonale. Du coup, quand j’ai voulu écrire un article sur le sujet, j’y ai immédiatement repensé.

Les 3 choses que j’en retiens

#1 | Le débat démocratique a pour but de produire du consensus éclairé par la raison, pas d’humilier l’autre par des astuces rhétoriques. Ce qui est le fonds de commerce de l’extrême-droite. De plus, tous les sujets ne sont pas compatibles avec la forme du débat. Par exemple, on ne fait pas débattre un platiste et un ingénieur de la Nasa pour savoir comment envoyer une fusée.

Sans compter que le débat est un format en direct. Or, il est plus long d’expliquer une bêtise que de la dire. Beaucoup plus long. On appelle ça la loi de Brandolini. On peut donc très bien répondre par articles/livres/vidéos interposées. Pourquoi il faudrait à tout prix que ça passe par la forme débat pour que ce soit démocratique ?

#2 | C’est facile de ne pas réduire une personne à son idéologie quand cette personne ne te réduit pas à ton identité. Souvent, les personnes qui disent “non mais moi j’ai des amis de tous les bords politiques” ne font pas partie des cibles de l’extrême-droite.

On peut comprendre que je n’ai pas envie d’être ami avec des gens dont le projet est de m’expulser de force du pays…

#3 | Si quelqu’un accepte de débattre avec une idéologie c’est qu’il tolère cette idéologie, non pas qu’il tolère les idées de tout le monde. Car personne n’accepte toutes les idées. C’est le grand principe caché, parfois inconscient. Quand quelqu’un dit “je veux débattre avec l’extrême-droite” il dit automatiquement qu’il tolère les idées d’extrême-droite. Car il ne dirait pas “je veux débattre avec un serial killer” ou “je veux débattre avec Daesh”. Il a forcément une limite.

Ce n’est donc pas parce qu’il serait un fanatique du débat qu’il accepte de débattre avec l’extrême-droite, c’est parce qu’il n’est pas totalement allergique à ses idées.

Ça ne veut pas dire qu’il est d’accord avec. Mais son seuil de tolérance n’est pas franchi.

Pourquoi tu devrais la découvrir à ton tour ?

Si tu as aimé mon article, tu devrais aimer cette vidéo qui est vraiment le coeur de mon inspiration.


[Article et Audio] Enquête de 3 mois sur les envies présidentielles d’Éric Zemmour

J’ai écouté cet article comme on écoute un roman. C’était passionnant. J’en ai presque oublié que c’était vrai… en tout cas le travail de fond est énorme. Du journalisme comme on en voudrait plus souvent.

Comment j’ai découvert cet article ?

Je cherchais à me documenter pour mon article et ce titre m’a intrigué : Enquête. Eric Zemmour, la tentation présidentielle. J’ai cliqué et découvert avec déception qu’il s’agissait d’un article abonné MAIS qu’on pouvait écouter librement l’audio ! Du coup j’ai écouté ça en faisant la vaisselle.

Puis, aujourd’hui, je me rends compte qu’en fait on peut lire un (et un seul) article abonné de l’Express gratuitement, il suffit de lire la consigne et d’appuyer “ok”. Ce que je viens de faire : j’ai désormais accès à l’article écrit, ce qui est bien plus pratique.

Les 3 choses que j’en retiens

#1 | Zemmour a multiplié par dix les audiences de CNews. C’est du jamais vu. Voilà pourquoi il y est devenu intouchable.

La recette fonctionne : en un an et demi, la tranche de début de soirée de CNews, qui enregistrait auparavant moins de 80 000 téléspectateurs, rassemble souvent jusqu'à 900 000 personnes entre 19 et 20 heures. Soit une multiplication par 10 de l'audimat : du jamais-vu en si peu de temps dans l'histoire des chaînes d'information.

#2 | L’extrême-droite est parfaitement consciente de la fenêtre d’Overton. J’en doutais pas mais c’est toujours bon de se le rappeler. Ils savent. Ils savent que plus ils sont exposés plus ils gagnent. Que débattre avec eux ne les affaiblit pas mais les renforce.

"Eric Zemmour repousse toutes les limites, se félicite en off un chef de file de cette mouvance (Génération Identitaire). C'est la seule personne qui peut parler de pétainisme sans qu'on puisse dire qu'il est antisémite. C'est un brise-glace, car il n'est pas français de souche, il peut aller très loin."

Le terme de brise-glace est bien trouvé et reflète l’irréversibilité du phénomène.

Grâce à lui, l'extrême droite est sortie de la clandestinité, elle qui s'est longtemps cantonnée à des espaces de débats marginaux, sur des sites à petits budgets (mais parfois à grosse audience) comme Fdesouche ou TVLibertés... De l'Action française à Génération identitaire, en passant par les étudiants de la Cocarde - le syndicat de la droite de la droite -, on rougit de plaisir à entendre l'essayiste défendre la France pétainiste, encenser Maurras et Barrès

Zemmour en est parfaitement conscient puisqu’il a décidé d’arrêter de s’excuser. Parce que s’excuser c’est reculer.

"Qui s'excuse s'accuse", répète-t-il en privé. L'été dernier, il a passé un savon à Geoffroy Lejeune, rédacteur en chef de Valeurs actuelles, coupable d'avoir fait son mea culpa après la publication d'une fiction dans l'hebdo où la députée Danièle Obono était décrite en esclave. "Je n'ai pas à comparaître devant le tribunal révolutionnaire des journalistes", répond-il systématiquement quand il est interpellé par la société des journalistes du Figaro. Lesquels sont pourtant tenus de respecter une charte stipulant que leurs propos, même en dehors du journal, doivent être compatibles avec la ligne éditoriale. "Nous avons toujours dénoncé le fait que Zemmour soit le seul à pouvoir s'émanciper de cette charte sous prétexte que ce qu'il écrit dans le journal ne tombe pas sous le coup de la loi. C'est comme le bon évêque qui va au bordel mais ne se fait jamais engueuler ! On est à la limite du délire", soupire un historique de la maison, dépité. 

#3 | Même dans la frange la plus extrême du Rassemblement National, ils commencent à le trouver un peu trop extrême.

"Marion" a détesté l'intervention d'"Eric" à la "convention des droites", organisée par ses amis. En septembre 2019, il avait ouvert cette journée de rencontres par un discours d'une rare violence contre "l'invasion, la colonisation et l'occupation" du pays par les immigrés. "C'était trop sombre", a immédiatement jugé en privé Marion Maréchal, sans savoir que ces propos vaudraient à son invité vedette d'être condamné, un an plus tard, en première instance, à 10 000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine.  

Sans compter ses propos sur les migrants qui sont tous des criminels. Ainsi que :

Je n’ai rien contre les homosexuels. En revanche je milite contre les gays

Mais aussi :

Vouloir la remigration ce n’est pas être raciste

Alors qu’il défendait le groupe néonazi Génération Identitaire.

Pour rappel, la remigration est une politique consistant à inciter le départ des indésirables (ici les gens pas blancs). D’abord de manière souple… mais on fait quoi avec les récalcitrants ?

Pourquoi tu devrais le découvrir à ton tour ?

Parce qu’il permet de voir à quel point ses idées ont progressé. Il en est désormais au stade où c’est possible de l’imaginer se présentant à l’élection présidentielle.

Voir l'article


[Article] Here’s why removing the far-right from social media works

J’en ai fait la dernière partie de mon article tellement ces infos sont précieuses.

Comment j’ai découvert cet article ?

L’un de vous me l’a envoyé sur le whatsapp premium, après qu’on ait débattu du refus de Booba de discuter avec Jean Messiha.

Les 3 choses que j’en retiens

#1 | Bannir l’extrême-droite des réseaux sociaux fonctionne. On a ici plusieurs études de cas pour s’en convaincre. Le doute n’est plus permis. Ça fonctionne non pas parce que ça convertit les éléments les plus radicaux. Ça, ça n’arrive jamais et ça ne peut donc pas être l’objectif d’une stratégie réaliste. En revanche, ça diminue drastiquement la capacité de recrutement de ces groupes.

#2 | La réaction des groupes d’extrême-droite ciblés ne laisse pas place au doute. Si, en public, ils continuent à prétendre que ça les renforce car les gens verront l’injustice et voudront les soutenir…en privé ils tiennent le discours inverse :

“J’ai perdu 4 millions de fans dans les derniers rounds de bannissements (…) J’ai passé des années à développer ma fanbase et ils l’ont détruite en un instant”

#3 | Il y a trois catégories de personnes qui s’opposent à cette tactique. Celles qui sont visées (l’extrême-droite) mais s’en fiche quand ça tombe sur leurs ennemis, celles qui y voient une violation du principe de débat démocratique et celles qui pensent que ça ne fonctionne pas.

L’article répond aux trois. Les premiers, c’est facile.

En ce qui concerne les personnes parlant de déni de démocratie, il y a encore deux sous-catégories : les personnes d’extrême-droite qui font semblant de défendre le principe démocratique et les personnes sincères (souvent centristes). Inutile de répondre aux premiers. Aux seconds il faut expliquer l’hypocrisie des premiers.

Enfin…pour celles qui pensent que ça ne fonctionne pas : cet article prend 3 études de cas et pointent vers d’autres études sur encore d’autre cas. Le verdict est unanime.

Pourquoi tu devrais le découvrir à ton tour ?

C’est la fin de mon article en plus développé. Enfin…c’est évidemment l’inverse hein ? C’est moi qui ai résumé cet article pour en faire la fin du mien.

Lire l'article


Sur ce… je te dis à tout à l’heure pour le live !