Les chroniques guadeloupéennes #5

Le mariage est passé. Enfin... la cérémonie. Techniquement c’est plutôt le premier jour du mariage. Mais tu as compris ce que je voulais dire.

Ah bah tiens... j’en profite pour aborder un sujet que je comptais aborder plus tard...

Ma sœur est aussi littérale que moi

J’avais oublié à quel point ma sœur (Laura) pouvait être aussi littérale que moi. Voire plus. J’ai l’habitude d’être la personne la plus littérale de la pièce.

Au point que les gens pensent parfois que je fais exprès. Mais je réponds toujours la même chose : si je faisais exprès, je le ferai uniquement quand c’est dans mon intérêt. Tu vois bien que ça me porte préjudice.

C’est comme la phobie administrative : les gens me disent que j’abuse et que ça m’arrange bien. Alors que non... je suis toujours perdant. Surtout sachant que j’habite seul et que personne ne va faire à ma place.

Donc, quand je déclare mes impôts en retard, je gagne un délai de paiement, certes. Sauf que je dois payer la majoration de 10%. Mais surtout... je perds de l’argent en ne déposant jamais des chèques et en n’envoyant jamais mes feuilles de soin pour me faire rembourser.

Je m’égare. Je te disais donc que ma sœur est littérale.

Hier, pendant la cérémonie, un ami à moi a expliqué que Carrefour avait fait une promotion spéciale pour l’ouverture d’un nouveau petit Carrefour. Le concept était simple : 15 caddies choisis aléatoirement étaient offerts.

L’idée c’était de pousser les gens à remplir leur caddies à fond dans l’espoir de tomber sur ceux qui étaient offerts. Ma sœur a alors dit :

Mais c’est toujours gratuit un caddie !

J’ai mis une demi-seconde à comprendre que ce n’était pas une blague. Puis j’ai répondu :

C’est une métonymie : c’est le contenu des caddies qui était offert, pas le caddie.

Ça m’a fait bizarre d’être celui qui est moins littéral. Mais au final, quand j’y repense maintenant je me dis que c’est quand même un miracle de pouvoir communiquer autrement que littéralement.

Comment on fait pour comprendre que “sans doute” ça veut dire que précisément il y a un doute ? Ou alors que “certainement” ça veut justement dire que ce n’est pas si certain ?

J’imagine qu’on pourrait difficilement faire de l’art écrit sans ça. D’ailleurs, je me demande comment j’arrive à faire de la poésie un jour, puis à être totalement littéral le lendemain ?

Je m’égare encore.

Ma première fois depuis 6 ans

Je sais que depuis tout à l’heure une partie d’entre vous ne lit pas vraiment. Parce que vous êtes plusieurs à vouloir savoir de quoi je parlais hier quand je disais que j’avais fait quelque chose pour la première fois depuis 6 ans.

C’était au mariage.

Je vois bien qu’il n’y a pas de réflexion sur les restrictions alimentaires pour le repas. Sachant que je suis végétarien depuis le premier janvier 2015. Je ne mange ni viande, ni poisson.

Mais, en même temps, j’ai confirmé ma présence au mariage super tard (genre la semaine d’avant). C’est tout à fait normal : surtout qu’il y a beaucoup moins de végétariens en Guadeloupe.

Je décide donc de lever mon abstinence de poisson. D’autant plus que c’était quelque chose sur lequel je réfléchissais depuis un moment.

Pendant ces 6 ans sans ingérer d’animaux, on m’a souvent dit :

Ah, c’est vrai que tu peux pas manger ça.

Je répondais toujours :

Non, je ne VEUX pas manger ça. Je PEUX tout manger.

Je trouve que c’est important de le rappeler. Les végétariens peuvent tout manger, ils choisissent simplement de ne pas le faire. Pour diverses raisons. Moi c’était avant tout pour des raisons de santé, bien avant le bien-être animal, et avant l’écologie.

C’est donc plus simple pour moi de manger un poisson directement pêché en Guadeloupe.

J’ai commencé par des accras. En vrai, je mange déjà tellement de fausse viande que ça ne m’a pas choqué. On sent même pas le poisson.

Puis j’ai enchaîné avec du thon en miettes dans une tomate. Pareil, ça ne m’a pas choqué.

C’est là que je me suis enflammé... j’ai mangé du tartare de poisson.

Et là... j’ai eu l’impression de manger du sang. J’ai commencé à avoir une légère nausée. Mais surtout j’étais crispé en moi comme quand je regarde un film avec des scènes sanglantes. D’ailleurs, rien qu’en te l’écrivant j’ai l’impression que mon cerveau grouille de cafards.

L’espace d’un instant, j’ai cru que j’allais m’évanouir.

Puis, s’est passé.

Je ne suis plus végétarien. 6 ans et demi après.

Non, les gens qui mangent du poisson ne sont pas des végétariens. Parce que le poisson est un animal. On devrait dire « de la viande de poisson ».

Je ne me sens pas changé. C’est comme tous les trucs dont on se fait une montagne.

Après, si ça se trouve, je serai malade demain…

Je ne suis plus la même personne en Guadeloupe

Je ne t’ai jamais vu comme ça, c’est dingue.

C’est ce que me dit mon amie cet après-midi, sur la plage du bourg de Sainte-Anne.

Je le savais déjà, mais je me rends compte à quel point avoir vécu enfant dans deux endroits culturellement différents m'a donné une adaptabilité.

Mais je ne sais pas la maîtriser. Je ne sais pas être ma version guadeloupéenne avec des parisiens et ma version parisienne avec des guadeloupéens.

A Paris je déteste parler avec des inconnus, je dis bonjour à personne. En Guadeloupe je dis bonjour quasiment à chaque personne que je croise dans la rue, je tape la discute avec des inconnus... J’oublie la notion d’horaire et de lieu, je suis plus souple sur la norme sociale de rendez-vous.

Effectivement, je vois bien que je ne suis plus la même personne. Mais en même temps... les gens en face non plus ne sont pas les mêmes.

C'est flagrant avec les personnes qui vendent des choses. L'énergie est tellement différente.

Bon... le point négatif c'est que je ne suis plus habitué à dire non. J'achète tout ce qu'on me vend. Je me suis retrouvé avec une serviette et un paréo parce que la dame était sympathique. Le problème c'est que tout le monde est sympathique.

Ma soeur et mon amie doivent m'empêcher de m'assoir à un restaurant parce que la serveuse m'avait alpagué en m'appelant "mon chéri".

Le pigeon.

"Mais Nicolas, on n’a même pas faim, là."

Ciao de Tiitof

On est le soir, j'écoute par hasard la chanson d'un artiste martiniquais dont on m'a beaucoup parlé mais que je n'avais jamais écouté. Il dit :

"Je viens de là où juste vivre c'est un cadeau"

Je me dis qu'on devrait tous penser comme ça, peu importe d'où on vient. Mais ça retranscrit bien une certaine manière d'aborder la vie.

Juste vivre c'est un cadeau.

Ça sonne niais, mais en vrai c’est profond.

Souvent quand on me dit que je ne suis pas stressé je réponds que je stresse généralement pour les choses qui sont mortelles, ou la maladie. Parce que je viens d’un endroit où j’étais entouré d’histoires plus dures. Ma mère a une histoire plus dure. Je n’ai pas vécu tout ça, mais je crois que ça suffit à donner une forme de recul.

Juste vivre c’est un cadeau.

Et en parlant de cadeau

Pour des raisons pratiques, j'ai décidé de ne pas écrire d'autres emails que les chroniques pendant mes vacances en Guadeloupe. C'est plus simple pour moi. Ne serait-ce que parce que je n'ai pas d'ordinateur facilement à disposition. Je ne peux donc pas proposer de format comme les découvertes de la semaine qui me demandent de faire beaucoup de copier-coller.

Idem pour le format du samedi : les tweets de la semaine. Sur un téléphone c'est vraiment galère.

Par conséquent, les chroniques continuent pendant le weekend.

Si tu n'es pas premium tu vas donc rater deux jours. Mais voici ma proposition : je vais exceptionnellement activer l'option "essai de deux semaines".

Tu vas donc pouvoir y accéder gratuitement, à condition de rentrer tes coordonnées de paiement.

Tu pourras ensuite te désabonner dans deux semaines. Tu recevras un email juste avant pour ne pas oublier. Mais... si tu oublies, pas de panique, hein. On est entre nous. Tu m’envoies juste un email en disant que tu as oublié : je te rembourserai. Je l’ai déjà fait et je continuerai à le faire.

J’ai même eu des gens qui m’ont demandé des remboursements d’abonnement premium, plusieurs mois après, et c’est ok. J’ai détesté découvrir en 2015 que j’avais un abonnement Amazon Prime depuis 3 ans, sans même le savoir car un jour j’avais fait un essai et que j’avais oublié d’annuler. Je ne pouvais pas me faire rembourser.

Ici, tu pourras, je te rembourserai toujours sans poser de question.

Et, cerise sur le gâteau, pour l’occasion, je passe l’abonnement premium à 6,99€/mois au lieu de 8,99€.

Je veux recevoir la suite des chroniques

Voilà. J’ai hésité à rendre purement et simplement les chroniques du weekend gratuites mais je trouve ça injuste pour les personnes qui sont déjà premium.

Et puis... tu peux aussi simplement attendre la chronique du lundi. Je fais cette offre pour les personnes les plus motivées par cette série. Celles qui hésitent depuis un moment à devenir premium... c’est le moment de faire un pas.

Sachant, encore une fois, que tu pourras toujours annuler dans deux semaines (ou trois ou quatre ou...) si tu le souhaites.

Ceci étant dit, je te dis à demain ou à lundi.

PS : tu remarqueras que je n’ai pas fait de suspens à la fin de cet email. Comme ça tu ne pourras pas m’insulter en disant que je mets un cliffhanger pour te pousser à l’abonnement. Alors que pourtant… l’e-mail de demain va vraiment être spécial. C’est tout ce que je peux dire. Bien, je sais pas… mais il ne sera pas oubliable, ça j’en suis sûr.