Les chroniques guadeloupéennes #18

Bon, cette fois-ci je me rappelle qu’on est vendredi. Donc à la fin je vais de nouveau te proposer une solution pour voir les deux prochaines chroniques si tu n’es pas premium.

Cap sur Petite-Terre

Petite-Terre est un autre duo d’îles formant l’archipel de la Guadeloupe. D’ailleurs elles s’appellent aussi Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, comme les Saintes. Mais Petite-Terre est surtout une réserve naturelle. On ne peut donc pas y aller n’importe comment. Chaque bateau doit avoir une habilitation et le nombre total de personnes est limité. Ça permet de préserver des animaux qui viennent précisément parce que c’est un endroit isolé.

C’est la version cool d’un zoo.

Pour y aller, il faut prendre un bateau qui part à 7h du matin.

On se réveille. Mon amie me dit :

Oh non… y’a quelqu’un qui a sorti la carte de “je suis espagnole, j’ai vécu du racisme moi aussi”, dans le groupe Whatsapp premium de l’Atelier. En plus c’est quelqu’un qui n’y avait jamais parlé avant. Genre la personne choisit ça comme première intervention.

Il est 06h30 du matin. J’ai tout sauf envie de me coltiner ça. Surtout que je vois en elle la colère monter. Elle se demande pourquoi les gens font ça, surtout que l’email invitait à ne pas le faire. Je décide de ne pas lire le message.

Vous avez votre billet ?

On arrive à la marina de Saint-François et on se rend dans la boutique qui nous avait fait la réservation la semaine précédente. On avait avancé 30€ et elle nous avait assuré que c’était réservé. J’avais insisté car j’avais vu des gens se plaindre sur tripadvisor que certaines compagnies de skippers font du surbooking, c’est-à-dire qu’elles vendent plus de places que de gens pour compenser les désistements. Le souci c’est que quand tout le monde vient… ça veut dire qu’il faut refuser des gens qui avaient pourtant réservé.

Et là… patatras… la boutique s’appelle Nicole et Julie. Or, on avait réservé avec Julie, là c’était Nicole. Et Nicole elle aime que les choses se passent comme dans la procédure. Elle nous demande le bon.

Aucune idée de ce qu’est le bon. Je me rappelle pas avoir reçu le moindre bon. Je sais que Julie m’avait donné un prospectus sur lequel elle avait écrit par-dessus l’heure et le jour. Il est resté dans la voiture. Je le dis à Nicole.

Elle se met à “chercher” nos noms, elle ne nous trouve pas.

La journée commence mal.

Le ton monte un peu. Surtout qu’elle a un humour un peu passif agressif du style

Ahah quand on est en vacances on a la tête en l’air

Elle essaie d’appeler Julie, sans succès (elle dort). Je décide d’aller à la voiture pour ramener le prospectus.

Et… au dos du prospectus, effectivement il y avait un “bon” agrafé. C’est-à-dire un rectangle en papier

Je le ramène… entre temps elle avait trouvé notre skipper qui, lui, avait bien nos noms dans sa liste.

J’hallucine sur la gestion totalement désinformatisé du truc. Mais plus de peur que de mal. Go sur l’eau.

Mal de mer, le retour ?

Vu comment j’ai dégusté pour aller aux Saintes, je suis un peu inquiet. Surtout que Ludo, notre skipper a décidé que le monde se divisait en hommes et femmes et qu’on avait forcément un rôle attribué.

Il dit donc :

Les filles, derrière c’est plus calme, les garçons devant. Et vous deux : tout devant.

Dans “vous deux”, y’a moi. Je me dis mais il me connaît pas, je vais repeindre son bateau de vomi ça va le calmer.

On démarre…

Miracle : aucun mal de mer. Le fait de sentir le vent, de voir la mer, permet d’annuler les effets. Par contre… on fait des bonds de plusieurs mètres, on se croirait dans une attraction. Clairement si je lâche la rambarde je passe par-dessus bord.

C’est drôle pendant 3 minutes… c’est moins drôle pendant les 42 minutes restantes.

Mais au final, mon esprit s’échappe. Je me mets à rédiger une réponse imaginaire à ce message Whatsapp que je n’ai pas lu.

Je me dis que je vais expliquer la différence entre le racisme et la xénophobie en lui écrivant un scénario où ce sont des peuples africains qui colonisent l’Amérique puis soumet les européens en esclavage. Pour à la fin arriver à un monde où l’Espagne et la France n’existent plus, effacées par un découpage au couteau des frontières. Il y a donc à la place, entre autres, une République d’Aquitaine où on parle Swahili (une des langues les plus parlées du monde) ainsi qu’une République Ibérique (qui correspond à notre Espagne et notre Portugal réunis) où on parle le Zoulou.

La colonisation et l’esclavage se sont arrêtés depuis un peu plus de 50 ans mais les conséquences sont encore visibles. Puisque même en République d’Aquitaine, on a une population noire qui descend des Swahili et qui domine le pays alors même qu’ils sont en minorité. Idem dans la République Ibérique où les entreprises qui exploitent les ressources naturelles sont majoritairement Zoulous.

Et bien là, je serais ok pour dire qu’une personne d’origine espagnole a pu vivre du racisme.

Bon, ok je triche : je n’ai pas inventé ce scénario. J’en ai inventé un similaire. Puis j’ai cherché si quelqu’un y avait déjà pensé. Bien sûr la réponse était oui, mais surtout j’avais oublié plein de paramètres !

Le début est un peu poussif, si ça t’ennuie mets directement la vidéo à 4:47

Le bateau arrive

Je suis tiré de mes réflexions par l’arrivée du bateau sur Petite-Terre. Magnifique… modulo les sargasses qui gâchent un peu le paysage. Il n’y en avait pas quand j’y avais été y’a 4 ans.

Petite-Terre a tenu ses promesses : on y voit des bébé requins-citron qui longeaient le bord du sable. Ludo nous a expliqué que c’est ce qui leur permet d’échapper aux prédateurs : un grand requin d’une autre espèce ou un autre gros poisson ne pourrait pas les suivre jusqu’au bord.

J’ai vu une tortue qui broutait le fond. Elle n’est pas au bord comme les requins mais on a encore largement pied. On peut donc la voir sans masque puisque l’eau nous arrive à la taille et qu’elle est totalement transparente. Encore plus sachant qu’elle reprend régulièrement sa respiration à la surface en sortant sa petite tête brièvement.

En plongeant avec le masque, j’ai croisé une raie, puis deux. J'étais beaucoup moins enchanté car j’avais peur de me faire piquer. Mais, c’est ce qui est dingue à Petite-Terre : l’eau m’arrivait au milieu du torse. Combien de fois dans une vie on peut voir ce genre d’animaux tout en ayant pied ? J’ai déjà fait des sessions de plongée en bouteille où j’ai vu moins d’animaux à 5 mètres de profondeur, qu’ici à 50 cm.

Toute seule dans un Carrefour Market

On retourne en Guadeloupe continentale. Je ne sais pas pourquoi mais je laisse mon amie aller faire des courses rapidement pendant que j’attends dans la voiture. C’est donc la première fois qu’elle se ballade toute seule.

Elle revient en me disant qu’elle s’était faite harceler 3 fois en moins de 5 minutes. L’un d’eux a même proposé de la payer pour coucher.

L’horreur.

Je me dis que c’est fou à quel point nos vies sont différentes et surtout que ça ne se passe jamais sous mon regard. Il a suffi d’une fois toute seule…

C’était décidément une journée… spéciale.

Mais c’est pas fini… on rentre à la maison, j’ouvre le fameux message Whatsapp… et tu connais la suite… j’écris l’email “pourquoi vous faites ça”.

Autant te dire qu’on était tous les deux sur les nerfs…

Je te laisse imaginer la suite.

Une dispute ?

Une dispute.


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