Les chroniques guadeloupéennes #10

La veille, j’ai envoyé l’épisode #4 des chroniques. Celui où je vois ma soeur en robe de mariage. 

Les chroniques sont publiées 4-5 jours après le jour en question. Donc là, par exemple, tu lis des événements qui se sont déroulés le 16 juillet.

J’ai reçu tellement de messages positifs en retour de cet épisode… 

C’est un des e-mails les plus likés (22 cœurs) de l’histoire de l’Atelier. 

J’ai même reçu « c’est ton meilleur e-mail depuis le début ». 

Je suis content. Bien sûr. Mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que je passe l’année à faire des e-mails construits et sourcés... pour que ce qui fonctionne le mieux ce soit juste une sorte de vlog Instagram à l’écrit. 

Mais en même temps c’est pour ça que j’aime tant écrire : les résultats sont pas entièrement prévisibles. 

Certains de mes écrits, je suis sûr qu’ils vont marcher. Très souvent j’ai raison. Mais parfois, certains qui me paraissent anodins battent des records. C’est ce qui permet de garder l’adrénaline quand j’écris.


Il paraît que le format des chroniques s’appelle journal extime. J’aime bien ce nom. Ça retranscrit bien comment je le vis. 


Aujourd’hui j’ai 32 ans 

Le jour de mon anniversaire est traditionnellement un jour triste. 

Je déteste sentir que je me rapproche de la mort. Je ne comprends pas bien ce que ça a de festif. 

Ça doit être parce qu’on le fêtait rarement quand j’étais petit. Logique : en juillet, tous les camarades de classe sont en vacances. 

Mon anniversaire est un jour nocturne. Je serre les dents pour que ça passe. 

Mais... aujourd’hui je le sens bien. Je me sens pas vraiment en jour d’anniversaire. Je suis tellement loin de ma réalité : en Guadeloupe, en train de faire le guide touristique...

Mon amie et ma mère sont en train de m’organiser un anniversaire surprise qui n’est plus une surprise parce que ma mère est convaincue que je déteste les surprises parce qu’elle-même déteste ça. 

J’adore les surprises. Qu’on se le dise. Même les mauvaises. Une fois, deux de mes élèves m’ont fait croire qu’elles étaient en froid pour une histoire de mec. Je me sentais tellement mal : comme si deux membres de la famille se disputaient. Elles me l’ont fait croire pendant plus d’un mois. 

Avant de me faire la surprise de venir à deux copines comme cochons (comme cochines ?). J’ai adoré. 

J’adore les surprises, les canulars, les films avec un twist. Je trouve que ça nous fait nous sentir vivant. Ça nous sort de l’escalator. 

Dommage pour cette année : ce n’est pas une surprise. Mais au final je suis content : ça leur enlève de la pression. C’était déjà suffisamment compliqué à organiser comme ça. 

32 ans... je suis tellement plus vieux que mon cousin Jonathan. Celui qui avait 18 ans quand j’étais petit (38 aujourd’hui). Je me disais que jamais j’aurai mon bac; jamais j’aurai 18 ans.

Oui je continue à utiliser le point-virgule totalement au hasard

J’ai 32 ans. C’est arrivé comment ? Je sais toujours pas envoyer du courrier. Je sais toujours pas utiliser un four. 

Pour l’amour de Dieu, je sais toujours pas conduire une voiture !

J’ai pas 32 ans. 

Comment ça j’ai 32 ans ? 

Ça veut dire que je peux me rappeler de mon père à cet âge !

Quand mon père avait 32 ans, j’avais 7 ans. J’étais au CE2 ! On était en 1996. Je peux me rappeler de l’année 1996. 

Mais comment il faisait ? Il avait trois enfants. Je pourrais pas avoir trois enfants. 

En même temps... la première fois que j’ai ramené des amis visiter la Guadeloupe c’était en 2011. 2011 c’était y’a dix ans. Comment c’est possible ? J’arrive pas à croire que 2011 c’était y’a dix ans. 

Un Escape Game d’anniversaire 

Mélissa, mon amie qui gère l’Instagram de l’Atelier, a créé un Escape Game en Guadeloupe. 

Ça s’appelle Tic Tac Escape Game. Si tu habites en Guadeloupe, vas-y : c’est génial. Je te le dis pas parce que c’est mon amie. Si tu vas en Guadeloupe, vas-y. 

Par chance, elle a ouvert une nouvelle salle. J’avais fait toutes les autres la dernière fois. Or, on ne peut faire une salle d’Escape qu’une seule et unique fois. 

Je suis donc allé avec enthousiasme avec ma sœur, ma mère et mon amie. 

Il y a deux principes pour réussir un Escape Game : fouiller et communiquer.  Je le sais. J’en ai fait des dizaines. Je leur dis. 

Fouillez et communiquez. 

Qu’est-ce que je n’ai pas fait ?

Tu l’as probablement déjà murmuré : j’ai mal fouillé, j’ai peu communiqué. 

On n’a pas perdu. Mais on a presque perdu. Ça m’a énervé de moi-même. 

Mais c’est ce que j’aime dans les Escape Game : c’est un jeu où il est impossible de gagner tout seul. 

L’iPhone qui s’échappe 

Cyril a perdu son iPhone. Alors qu’il est rentré dans la voiture en disant à quelqu’un « je monte en voiture, je te rappelle après »

Donc on sait qu’il l’avait. S’il l’a perdu c’est dans la voiture ou dans la fraction de seconde où il est passé de debout sur le parking à assis dans la voiture. 

On cherche partout. Aucune trace. On décide d’utiliser le logiciel de localisation. Mais c’est compliqué. En vrai il l’a forcément perdu sur le parking. Mais ça paraît tellement improbable...

On met 10 minutes à trouver ses codes pour le logiciel. On finit par réussir à localiser le téléphone. Il est...

Tu l’as probablement déjà murmuré : il est sur le parking. 

On y retourne. Il y était encore. 

Quelqu’un dit « t’as trop de chance ». 

Je réponds : « ou alors il a pas de chance : le téléphone est tombé dans la fraction de seconde ». 

Vaste débat. C’était chanceux ou malchanceux ?

C’est un débat plus profond qu’il n’y paraît et qui est développé sur des centaines de pages dans un livre génial qui s’appelle The Luck Factor. 

La guerre est déclarée 

On est à ma soirée non surprise d’anniversaire. Quelqu’un va faire une soirée le lendemain. Avec une centaine de personnes. Ça amène naturellement le débat sur le vaccin. 

Et là... la guerre. 

Je n’avais jamais assisté à ce débat dans le monde réel. 

C’était... fascinant. 

Cyril m’avait pourtant prévenu : on ne devrait pas aborder ce sujet car c’est un sujet religieux. Ça ne tient jamais sur des arguments, chaque personne est convaincue et rien ne peut la faire bouger. 

Et... en effet... on aurait dit une guerre de religion. 

Je sais même pas comment te le raconter tellement ça m’a ébahi. 

« Si tu dis qu’on n’est pas obligé de faire le vaccin, je peux pas débattre avec toi »

« Mais ? C’est pas obligatoire du tout ? Tu peux faire un test PCR ou renoncer à aller dans les endroits sociaux »

On a commencé comme ça ... on a fini en criant. 

Mais c’était drôle. Quoi de mieux qu’un débat pour mon anniversaire ?

Un cadeau légendaire 

J’ouvre une enveloppe. Dedans ma mère a mis un chèque de 1000€ avec écrit trois phrases. Leur seul point commun était qu’il y avait le mot « temps ».

On me dit de deviner ce que ça représente. Je n’en ai aucune idée. Pourquoi avoir mis trois fois le mot temps ? On me dit que je suis trop littéral et de faire comme si l’indice c’était juste le mot temps...

D’un coup je comprends. 

Mais mon téléphone affiche 1185 mots. J’écris depuis au moins deux heures en étant interrompu à chaque fois car je suis avec Mélissa et qu’on a trop de trucs à se raconter. 

On y sera encore demain si je fais pas ça ... surtout que c’est que le premier jet : je n’ai pas encore relu.  Je sais... c’est chiant ... Certains d’entre vous détestent. Mais on n’a pas le choix …

On va devoir faire un cliffhanger. 

Je te raconte donc la suite demain. 

D’ici là, je mets les commentaires en ouvert à tout le monde et tu peux essayer de deviner le cadeau qu’ils m’ont offert...