Le texte danse avec les photos #3

Les maternités sont un manège fade

Bienvenue dans ce troisième épisode du texte danse avec les photos. Si tu as raté l’épisode précédent, je t’invite à le lire ici :

Le deuxième épisode

Si tu as carrément tout raté, je t’invite à lire le premier épisode :

Le premier épisode

Tu as l’habitude maintenant : voici la photo que vous avez choisie, hier. Et à la fin tu pourras :

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Les maternités sont un manège fade

Je l’aime.

Je l’aime ?

On a le droit de ne pas aimer sa mère ? Non...

Je l’aime.

Je l’aime ?

Je l’aime !

Elle m’étouffe en fait. Voilà c’est ça : elle m’étouffe.

Mais elle aussi... je l’aime. Sans douter. Je veux faire ma vie avec elle. Je sais, c’est cliché. Mais les clichés existent pour une raison.

Mais ma mère ... Avec ses valeurs chrétiennes. Ces valeurs qu’elle brandit à chaque fois. Je sais qu’elle fait ça pour mon bien. Mais ...

Je l’aime ?

Je l’aime. Elle m’aime.

Mais elle aussi... je l’aime. De tout mon coeur. Alors on ne pouvait pas se cacher indéfiniment. Pourquoi serait-ce à nous de nous cacher ?

Mais ma mère ... a toujours tout fait pour moi. Devant ce manège tout ce qu’il y’a de plus fade (et que personne ne choisirait jamais dans un concours artistique tellement on ne peut rien dire dessus) j’ai les souvenirs qui me submergent.

Elle adorait m’emmener au manège. En même temps, maintenant je comprends : c’est le jeu qui représente le mieux son esprit. Toujours à tourner en rond dans le vieux, le formaté, le rance.

Je suis mauvaise langue. Quand j’étais petite j’adorais ça. C’est con au final un manège. Pourquoi ça marche ?

Si seulement je pouvais revenir à cette époque où tourner en rond était un jeu... cette époque où ma mère était mon héroïne.

Putain je pleure. J’en ai marre. Pleurer, toujours pleurer. Ça fait plus de deux mois maintenant. Plus de deux mois que quelque chose s’est brisé en moi, qu’elle a brisé quelque chose en moi. Je passe mes journée à les passer.

Mais qui ne pleurerait pas ? Ma mère m’aime. Mais ma mère déteste ce que je suis. Ma mère m’aime. Mais ma mère hait que j’aime.

Je n’oublierai jamais le dégoût, l’horreur, sur son visage. La haine.

Elle m’aime ? Elle me hait.

Et ça me fait si mal ...

J’en ai marre. Marre d’avoir mal. Il faudrait que je coupe les ponts avec elle. Mais... je l’aime ?

(...)

Positif ! Le test est positif ! J’en reviens pas. J’en reviens encore moins d’être aussi contente d’avoir pissé sur un truc.

Positif...

Je vais être... maman.

Vues les circonstances, je pensais que ça prendrait beaucoup plus de temps. Mais on a réussi.

Tu sais quoi, maman ? Je vais être maman. Et tu ne verras jamais cet enfant.

Cet enfant à venir m’ouvre les yeux : je n’ai pas à m’excuser de mon bonheur.

Je suis une maman. Je n’ai pas besoin d’une maman.

D’ailleurs, à partir d’aujourd’hui je ne t’appellerai plus maman. À partir d’aujourd’hui, je t’appellerai Léna Sorel.


Le sommaire complet

Chapitre 1 : comme tous les enfants, comme tous les parents

Chapitre 2 : le dernier Galita

Chapitre 3 : les maternités sont un manège fade

Chapitre 4 : l’alcool est doux comme la mort

Chapitre 5 : la gloire ne soigne pas les blessures


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Si tu veux participer, à l’épisode 4, tu peux me proposer une photo. Comment ? En me répondant directement par retour d’email.

Si tout se passe bien, on la soumettra au vote, demain, à la fin du prochain texte.

À demain :D