Le flou des frontières des crises
Les définitions sont encore mouvantes
Avant toutes choses : la conférence en ligne gratuite sur les 4 crises autistiques c’est ce midi !
Si tu veux t’inscrire et accéder au replay c’est par ici : https://event.webinarjam.com/9y032/register/pv1k8hxo?utm_source=substack
Ne te prends pas trop la tête sur l’exactitude des définitions des crises
Bon… je sais… si t’as un besoin impérieux de correction, ça peut être compliqué. Mais, malheureusement, les personnes autistes ont été exclues des recherches scientifiques sur l’autisme pendant des décennies.
On a donc gaspillé énormément de temps, perdu un savoir expérientiel.
Par exemple, l’omniprésence de l’hyper réactivité sensorielle, les autistes en parlaient depuis les années 90 a minima, mais c’est rentré dans le DSM en 2013.
C’est d’ailleurs l’introduction d’une des études que j’ai lues sur l’inertie autistique :
On prend de plus en plus consciences que les façons conventionnelles d’appréhender l’autisme ont restreint la recherche et, par conséquent, notre compréhension de l’autisme et de ce que signifie être Autiste.
Ces dernières années, aussi bien des chercheurs professionnels que des membres de la communauté ont mis en évidence les limites de l’approche médicale conventionnelle de l’autisme, ainsi qu’une incapacité à prendre au sérieux les témoignages des personnes Autistes.
Cela aurait conduit, selon eux, à des cas de « science faite puis défaite » (undone science) — ou au désapprentissage de connaissances existantes sur l’autisme. Dans cet article, nous soutenons que « l’inertie autistique » constitue l’un de ces cas.1
La littérature scientifique en est donc à ses balbutiements. Les définitions sont émergentes. Tout ce que je t’ai partagé ces derniers jours est à prendre avec ces pincettes : nous sommes au début de la formalisation académique de ces concepts.
En lisant les quelques études sur le burnout, l’inertie, le shutdown et le meltdown j’ai vu tout ça passer à la fois :
“Un burnout peut durer quelques heures, pas forcément plusieurs mois”
Y’a une étude qui s’oppose frontalement à celle qui définit le burnout autistique comme devant durer des mois. Y’a une partie des autistes qui va appeler burnout un état qui peut durer quelques jours.
“Le shutdown/meltdown dure quelques minutes ou heures et ensuite c’est un burnout”
Dans la même logique que la vision précédente, les shutdowns et meltdowns ne sont définis que par le pic. Là où moi, quand je pense à mes shutdowns, je pense à l’ensemble des 3 jours à 3 semaines où je suis dérégulé. Oui, y’a effectivement un pic en minutes/heures mais justement, je le conceptualise comme un pic et non pas comme le shutdown entier.
Mais ça n’est qu’une question de définition. On pourrait effectivement dire que le shutdown c’est vraiment le moment où tu te sens “frozen”, que le meltdown c’est le moment où tu te sens “out of control” et que ça débouche ensuite sur un long moment où tu te sens “profondément épuisé·e” donc en burnout.
“On ne saurait pas différencier un long shutdown d’un burnout court”
Ici shutdown est conceptualisé comme chez moi : l’ensemble de l’épisode dérégulation suite à quelque chose qui le cause.
Et burnout est conceptualisé comme un état qui s’ancre sur la durée sans cause immédiate apparente.
“Il n’y a pas de shutdown il n’y a que des meltdowns”
Alors les gens le disent pas comme ça car ça serait invalider les autres qui le voient pas comme ça. Iels disent plutôt qu’elles ne voient pas de différence fondamentale entre les deux, que c’est juste une question de vocabulaire : qu’on appelle shutdown la version du meltdown qui est dirigé vers l’intérieur et meltdown la version du meltdown qui est dirigé vers l’extérieur.
Mais accroche-toi pour la dernière :
L’inertie EST un shutdown. L’inertie EST un burnout. Non l’inertie est la cause du burnout et/ou du shutdown. Et en même temps le burnout/shutdown cause l’inertie
Là c’est vraiment la quintessence du flou des frontières.
Bonus : le meltdown/shutdown est une crise d’angoisse
Certaines personnes envisagent leur meltdown/shutdown comme des versions particulières de la crise d’angoisse (l’attaque de panique) et je trouve que ça se tient énormément.
C’est le dernier rappel :
Source : Ward, T., Popazov, S., Adams, J., Clapham, H., Lawson, W., Karaminis, T., & Pellicano, E. (2026). Understanding phenomenological experiences of autistic inertia using online community discourse. Communications Psychology. https://doi.org/10.1038/s44271-025-00386-4

