L'acceptation autistique
Une citation sur l'autisme #1
Cette semaine j’entre dans la dernière ligne droite de mon marathon qui a commencé au tout début de l’année : créer un programme d’accompagnement.
Je me suis demandé quoi t’envoyer puisque j’allais avoir peu de temps pour écrire.
Et je me suis dit que ça pourrait être intéressant de juste t’envoyer des passages de livres que j’ai bien aimé.
On commence donc avec What I mean when I say I’m autistic. Je t’ai déjà beaucoup parlé de ce livre. En réalité mes deux citations préférées sont, de loin :
celle où elle dit que l’autisme et le trouble autistique sont deux choses différentes et que c’est dommage qu’on mélange toujours les deux choses. Que le trouble autistique c’est ce que les médecins ont observé que fait une personne autiste quand elle va mal. Mais que l’autisme ne se limite pas à ça. Premièrement parce que y’a aussi un état quand on va bien. Deuxièmement parce que y’a des choses qui ne sont pas observables de l’extérieur.
celle où elle dit qu’elle était convaincue d’être la seule personne normale de son groupe d’ami·es weird… jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle était tout simplement comme elleux
Mais y’a un passage que je pense n’avoir jamais partagé. Le voici :
L’acceptation
Comment savoir quand le cœur d’une personne autiste guérit et s’oriente vers l’acceptation de soi ? À mesure que j’échange la lourde armure de l’autopréservation hypervigilante contre la robe légère de l’authenticité apaisée, chaque pas en avant peut sembler être un pas en arrière.
Je peux avoir l’air « davantage autiste », à mesure que j’accueille le pouvoir apaisant de mes mouvements naturels.
Je peux demander davantage de soutien, à mesure que je reconnais le coût d’affronter les difficultés seule.
Je peux réagir plus brusquement pour protéger mes yeux et mes oreilles des images et des sons.
Quand cela a commencé à arriver, on m’a accusé de faire semblant, comme si je me forçais à correspondre à ma nouvelle étiquette. Mais j’ai toujours été comme ça à l’intérieur : c’est juste que maintenant ça se voit à l’extérieur.
Cependant, l’acceptation va dans les deux sens. Quand j’ai décidé d’utiliser « Neurobeautiful » comme titre de blog et nom de plume, je n’ai jamais voulu que cela ne décrive que l’autisme. Au contraire, cela reflète ma conviction de la beauté de la neurodiversité, qui inclut tous les cerveaux, neurotypiques comme neurodivergents.
Je n’ai pourtant pas toujours été une adepte de la neurodiversité. Adolescente, je croyais souvent que ma façon inhabituelle de penser était simplement la meilleure, et que les autres avaient simplement tort.
(…)
Et elle conclut en montrant comment découvrir son autisme puis autoriser les allistes à prendre de l’espace, l’a conduite à davantage d’acceptation.
J’aime beaucoup ce passage pour cette raison : je parle beaucoup de ce que l’autisme m’a permis de comprendre chez moi, mais ça m’a aussi permis de comprendre et accepter les autres.
Je ne me dis plus que les allistes mentent, je me dis qu’iels parlent un autre langage.
Je ne me dis plus qu’iels sont fades, je me dis qu’iels ont besoin du small talk pour ne pas affronter un rejet trop rapide de leur être profond.
Je me dis plus que les allistes sont étranges, je me dis qu’iels sont une autre culture.
