La ritaline : la pilule du capitalisme
Bon bah après avoir dit tout ça… c’est quoi la suite ?
En commençant cette série, j’ai presque espéré que quelqu’un me dise : mais non Nicolas t’es pas TDAH !
Non pas parce que ça m’aurait fait changé d’avis : ça fait 5 mois que je solidifie cette piste.
Y’a tellement de gens qui racontent que leur entourage est sceptique de leur TDAH et/ou autisme !
Ils sont où ces gens dans mon entourage ?
La prochaine étape : la “ritaline”
Je mets des guillemets car c’est le nom de la marque. Le vrai nom c’est le méthylphénidate et y’a plusieurs marques. Ce n’est d’ailleurs pas un détail car tu as des effets différents.
Je n’y connais absolument rien, mais de ce que j’ai compris c’est un peu comme le café et le thé. Dans les deux cas c’est de la caféine, mais tout se joue dans la vitesse de diffusion.
Là encore de ce que j’ai compris (mais je redis que je m’y connais pas assez), tu as la Ritaline qui est comme le café et le Concerta qui est plus comme le thé. Et la ritaline a une version “LP” (libération prolongée) pour atténuer l’effet shot qui retombe en 4 heures.
La pilule du capitalisme
Emma Schütz appelle ça la pilule du capitalisme. C’est une formulation qui résume bien. Tu prends une pilule et tu deviens une personne beaucoup plus compatible avec les exigences de productivité du capitalisme.
Je trouve ça beaucoup mieux dit que médicament ou traitement. Parce que ça rappelle que tu n’aurais probablement pas de cette substance si tu ne devais pas te plier à l’impératif de productivité.
La ritaline permet aux personnes TDAH, de faire des tâches qu’elles n’arrivent pas à faire habituellement. Ça simule pendant quelques heures l’état d’un cerveau qui n’aurait pas de difficulté de gestion de sa dopamine.
Est-ce que la ritaline est une amphétamine ?
Non.
Les gens disent ça pour dénigrer la molécule.
Je rigole tout seul devant mon écran car à la base j’avais la flemme de développer, c’est tellement absurde, tellement faux et pourtant tellement répandu que j’avais juste envie de mettre “non”, et passer à la partie d’après. Mais par acquis de conscience j’ai voulu te donner des pistes pour sourcer et Google m’a donné ça :
Okay. Y’a pas que moi qui suis fatigué. Alors que je le sais que depuis quelques mois. J’imagine pas les militant·es pour les droits des TDAH qui doivent répondre à ce truc depuis des années.
La confusion vient du fait que dans le langage médical, on appelle “amphétamine” toute la famille. Voilà ce que dit le MSD, le manuel de médecine :
Le médicament d’origine dans cette catégorie, l’amphétamine, a été modifié par diverses substitutions sur son noyau phényle, résultant en de nombreuses variantes, y compris la méthamphétamine, la méthylène-dioxyméthamphétamine (Ecstasy, MDMA), méthylène-dioxyéthylamphétamine (MDEA), et de nombreux autres.
Mais si on parle d’un point de vue chimique, ce n’est pas la même chose.
Tu te rappelles le graphique de la dangerosité des substances qu’on avait vu y’a 2 ans quand on a parlé de l’alcool ? On y voyait que l’alcool était une des drogues les plus dangereuses du monde.
Dans ce top y’avait également le crack, l’héroïne et les métamphétamines. Et effectivement quand j’entends amphétamine j’entends un truc de ce niveau de dangerosité.
Mais comme tu peux le voir sur le graphique, l’amphétamine originale est au milieu (donc beaucoup moins dangereuse) et la Ritaline fait le score minimal.
Tout simplement parce que un dérivé de c’est pas un détail.
Si tu veux l’explication de la différence fondamentale tu la trouveras dans cette vidéo incroyablement bien faite :
Mais en même temps… quelle était la chance que dans un pays comme la France où même le Cannabis est interdit, un truc aussi dangereux et mal famé que l’amphétamine soit autorisé, même médicalement ?
Le méthylphénidate marche sur 70% des TDAH
C’est beaucoup et peu à la fois. Je crois que c’est ce qui me paralyse le plus : imagine je fais l’effort d’obtenir le diagnostic d’un psychiatre, qu’on essaie ça et… pas de chance je suis dans les 30%.
Selon l’auteur de ADHD Explained, on trouve un dosage et une “marque” qui fonctionne dans 70% des cas.
“Fonctionner” ici ça veut dire que la personne sent sa vie s’améliorer sans aucun autre effet secondaire qu’une légère perte d’appétit.
Mais surtout, ce n’est pas comme un antidépresseur : tu peux arrêter quand tu veux. Ce qui permet de faire davantage de tests.
Encore un autre sujet à creuser…
Je me rends compte en finissant cet email que c’est aussi ça qui fait que j’ai eu de la réticence sur le TDAH : j’ai déjà tellement de choses à apprendre sur l’autisme… et là faut retourner au charbon et apprendre des trucs ?
Piouf…
Flemme.
Mais je vais pas y couper.
Probablement qu’un jour je reviendrai avec un email (voire une semaine d’emails) où j’aurais acquis une expertise sur la ritaline qui me permettra d’en parler vraiment sérieusement.



