La pire semaine de mon année

“J’voulais écrire une merde positive, mais mon stylo refuse”

Si tu as suivi la semaine avec Lino, tu as reconnu la citation.

Je crois que j’ai jamais été à ce point dans cet état d’esprit.

On entre dans la pire semaine de mon année, et je dois t’écrire. Parce que j’écris tous les jours.

Alors … normalement j’aurais eu des emails de secours. Grâce au confinement j’avais l’équivalent d’un mois d’avance. Mais j’ai tout cramé ces dernières semaines.

Comme un signe tu me diras ?

Je me retrouve obligé de t’écrire en direct un jour où j’ai tout sauf envie de t’écrire.

Mes anniversaires sont des supplices

Ce jeudi 16, j’aurai 31 ans.

L’âge importe peu. Le compte numérique change pas grand chose à ma vie. Si ce n’est qu’il me rappelle que j’ai fait un pas de plus vers la mort.

Non…je crois que c’est mon enfance qui explose à chaque fois.

J’ai eu une enfance heureuse. Baigné d’amour. Vraiment. Mes parents sont des gens géniaux.

Mais je n’ai jamais eu de joie à mon anniversaire. Déjà parce qu’on les fêtait rarement : le 16 juillet, les camarades de classe sont en vacances.

Sans compter que le 14 est ferié juste avant. Je viens de le comprendre. Hier je me suis demandé où étaient subitement passés tous les parisiens. En fait, ils profitent du weekend prolongé.

Ensuite parce que j’avais vraiment peur de la mort quand j’étais petit. Du coup je ne comprenais pas bien ce qu’on célébrait dans le fait d’avoir un an de plus.

Probablement qu’il y a quelque chose de plus profond…

…mais je ne sais pas quoi.

Toujours est-il que c’est un moment où je suis incapable de faire quoi que ce soit.

Avoir mis une fausse date (par accident au début) sur Facebook, n’a pas aidé : 90% des gens me souhaitent mon anniversaire selon la date de Facebook.

C’est devenu notre référence. Je suis rarement réac mais…sur ce point j’ai vraiment du mal à me faire à l’idée. Probablement parce que c’était déjà un sujet fragile de base.

Bref.

Je suis au moment de l’écriture où je me demande ce que tu peux retirer de ça. Sinon c’est juste un journal intime.

Laisse-moi réfléchir…

Dur.

Ok, c’est bon, j’ai.

Prends conscience de tes cycles

C’est ma prof d’impro qui m’a fait comprendre ça. Elle m’a dit “si tu es toujours triste à ton anniversaire et à Noël c’est qu’il s’est passé quelque chose à cette date et que ton esprit a choisi ces dates comme points de bascule pour tes cycles”.

Que sont les cycles ? C’est l’idée qu’on a une périodicité. En partie biologique, en partie mentale.

Depuis qu’elle m’a dit d’en prendre conscience j’ai fini par identifier mes cycles.

Grosso modo :

Mon énergie est au max en : Février, Mars, Juin, Septembre, Octobre

Mon énergie est moyenne en : Janvier, Novembre, Mai

Mon énergie est minimale en : Avril, Juillet, Aout, Décembre

Pareil, durant la semaine mon énergie est maximale le mercredi, le samedi. Elle est minimale le dimanche et le lundi (comme beaucoup de gens).

À quoi ça sert de le savoir ?

Ça permet de traverser la période sombre en s’accrochant à la lumière de la suite. Là par exemple, la seule raison qui me pousse à continuer, à ne pas abandonner c’est de savoir que Septembre 2020 existera. C’est loin. Mais c’est ce qui me fait tenir.

C’est d’autant plus important que les cycles sont de plus en plus violents à mesure que je vieillis.

Savoir que c’est un cycle permet de s’accrocher.

Si tu es actuellement dans un cycle bas : accroche-toi. N’abandonne pas.

Si tu es actuellement dans un cycle haut : fais le fructifier à fond. Ne le gaspille pas.

Je crois que c’est l’autre leçon des cycles : désormais quand je suis dans un cycle haut, je me dis qu’il faut vraiment que j’accomplisse tous les projets sur le feu. Car je sais que je n’ai pas un an pour les faire : j’ai 5 mois sur 12.

“Mes mots fusent au kilo, c'est mon refuge le rap. J'traverse l'Enfer sans ventilo, sans clim“