Je ne suis pas un gourou

Si un jour tu veux me faire mal, profondément. Si un jour tu me veux du mal…dis-moi que je suis un gourou.

Des gens que j’aime me l’ont déjà dit. Je me rappelle de chacune des fois. C’est pire quand c’est quelqu’un que j’aime.

Quand j’étais petit j’étais le vilain petit canard…

J’avais une sale dégaine au collège :

  • un sac à dos carré alors que tout le monde avait un sac type quicksilver/eastpack

  • une coupe carrée à la Steve Urkel

  • mon tshirt rentré dans mon jean parce que mon père avait lu que c’était dans le règlement vestimentaire du collège

Et si ce n’était que ça… j’étais chelou. Comme tout le monde. Sauf qu’au collège t’es censé le cacher. J’avais pas compris ça. Ou plutôt, j’avais compris mais je n’y arrivais pas. J’ai compris comment le cacher seulement au lycée.

Aujourd’hui, je suis toujours chelou. Et, bizarrement, ça a un effet magnétique sur les gens. Ça repousse certains jusqu’au dégoût…

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Ceci est l’extrait d’une conversation entre un de mes élèves et quelqu’un que je ne connais pas… Je précise car on me dit souvent “t’as dû lui faire quelque chose”. Non. J’ai été lui demander.

Et bien entendu le magnétisme…ça attire aussi jusqu’à l’adulation…

Je ne maîtrise aucune des deux réactions. Je ne cherche aucune des deux réactions. Je me contente juste d’être moi, pleinement, sans le cacher.

Ce qui était un handicap au collège, est devenu un truc à double tranchant aujourd’hui.

Quand j’étais petit j’étais chrétien…

Je ne te parle pas d’être chrétien comme un catholique. Je te parle d’être chrétien comme un évangéliste.

J’ai vu de mes yeux ce que pouvait faire un gourou. J’ai vu de mes yeux des femmes se rouler par terre en parlant “hébreu”.

Je connais la différence entre ce qui aliène et ce qui libère.

Et voilà pourquoi je ne suis pas ton gourou…

…ni celui de quiconque.

Je cherche simplement à me libérer moi-même. Et si d’autres personnes se libèrent en m’écoutant, tant mieux. Mais je ne cherche jamais à avoir une cour de personnes qui dépendent de moi.

D’ailleurs… ironiquement … mes relations amoureuses finissent souvent comme ça : au début l’autre avait l’habitude de sacrifier sa volonté à quelqu’un d’autre. Puis, à force de lui apprendre qu’il faut suivre sa propre volonté bah … elle va accomplir sa volonté sans moi.

Appeler gourou les gens qui disent ce qu’ils pensent…

…c’est aussi une manière inconsciente de nous priver d’émancipation. Un peu comme s’il fallait faire rentrer dans les rangs une tête qui dépasse.

Et, accessoirement, c’est cruel. C’est une manière de dévaloriser leur parole. Ce qui est sous-entendu c’est que les gens qui écoutent sont un peu bêtes. Ce n’est pas le message qui est de qualité, c’est le public qui est manipulable.

En plus c’est une insulte passive-agressive. C’est-à-dire qu’elle n’assume pas d’être une insulte. Ce qui retire à la personne qui la reçoit, la capacité de réagir. Si je réagis on me dira “non mais je voulais pas dire comme un gourou de secte”.

Le plus ironique c’est que face aux vrais gourous, les mêmes diront “non mais c’est la religion de chacun, je respecte”.