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Mirabelle Kirkland's avatar

Ouiiiii !!! Depuis que j'ai chaussé mes lunettes neurodiverses, je n'arrête pas de voir ces caractérisations dans des personnages de fiction. J'en arrive même à me demander si tous les personnages centraux de fiction ne sont pas inspirés par des neurotypes hors-norme, et c'est précisément ce qui les rendrait intéressants. Ce ne serait pas étonnant vu la quantité d'auteurs qui n'ont pas à chercher plus loin que leur propre cerveau pour trouve des sensibilites et des expériences neuroatypiques. Le souci... C'est que comme beaucoup de choses dans la neurosphere, ces fictions sont construites sans connaissance et sans conscience. Ainsi un personnage clairement caracterisé par des traits TSA va, au cours de l'histoire "évoluer", c'est à dire devenir plus souriant, plus sociable, moins autiste et plus normé grâce au parcours de l'histoire qu'il vit. En terme de systémie, c'est logique, les rouages nous abreuvent d'injonctions aspirationnels à maintenir et reinforcer les normes systémiques, quitte à broyer les individus nichés dans ses marges. Quitte à ignorer que si tant de gens sont touchés par ces personnages, ça nous apprend peut-etre quelque chose sur la réalité de cette prétendue majorité neurotypique. Bref. Pendant des années, j'étais scénariste neuroignorante j'écrivais ce genre de chose. Aujourd'hui je vois la toxicité de ces récits, qui renforcent encore et encore le mensonge que ces expériences neurologiques sont des états temporaires dont on peut se défaire grâce à l'amour, l'effort, la discipline, la détermination, l'amitié, le succès, l'illumination. Si je devais me remettre à écrire pour la télé, j'écrirai des histoires de personnes bizarres qui découvriraient que leur bizarrerie est riche et acceptable, et ce serait le monde autour d'eux qui évoluerait pour accueillir leurs dons comme leurs besoins. A voir si cela serait diffusé...

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