Deviens normal·e parmi les atypiques
Je ne suis pas un neurotypique bizarre, je suis un autiste parfaitement normal
(…)
Au-delà du soulagement et de l’épiphanie, recevoir un diagnostic tardif d’autisme permet de trouver un sentiment d’appartenance. Pour filer la métaphore, c’est un peu comme découvrir enfin votre tribu de martiens après avoir passé des années à croire que vous étiez le seul extraterrestre échoué sur la planète Terre:
“La chose la plus utile à faire après un diagnostic est de trouver une communauté autiste pour vous aider à naviguer votre identité. Il est important d’obtenir une validation à partir d’idiosyncrasies et d’expériences partagées, mais il est également vital pour la croissance personnelle d’avoir des opportunités de découvrir des différences uniques, que ce soit au sein de sa propre tribu ou en dehors.”
Ces mots sont issus de l’incroyable livre l’autisme autrement de Julie Dachez, un des rares ouvrages sur l’autisme que je peux te recommander en français.
Ce qui est fou c’est que j’ai eu la même pensée avant de l’avoir lu : une fois que j’ai compris que j’étais autiste le plus grand chamboulement mental c’est de réaliser à quel point j’étais un autiste lambda et non un alliste chelou.
Cette sensation était incroyable. J’ai passé ma vie à croire que j’avais une personnalité très spéciale et d’un coup je me suis rendu compte que 80% de ce que j’appelais ma personnalité c’était juste l’autisme.
Bien sûr, l’autisme est une composante de ma personnalité au sens large. Mais quand on dit “personnalité” généralement on parle de la partie spécifique. Comme tous les humains ont dans leur personnalité le fait de préférer le plaisir à la douleur on dit pas “ma personnalité c’est d’aimer le plaisir”. Enfin si… tu me diras… sur Tinder les gens font ça, ils font des profils où ils disent qu’ils aiment rigoler.
Pendant quelques mois j’ai même dit mais je n’ai plus de personnalité ! Arrêtez de voler ma biographie.
D’ailleurs, le premier truc qui m’a convaincu que j’étais autiste c’est que deux autistes sont venues me parler : Emma Schütz et H.R (j’ai mis les initiales parce que je sais pas si je peux te citer alors qu’Emma a déjà parlé de cette histoire en public). Et y’a un truc qui m’a immédiatement percuté c’est : cette personne a les mêmes tics écrits que moi, elle a une manière de communiquer qui ressemble vraiment beaucoup à la mienne.
Alors… je n’ai quasiment que des autistes dans mon entourage. Mais c’est pas pareil de parler à des autistes qui savent qu’iels sont autistes et qui n’atténuent plus leurs traits.
L’incrédulité de l’entourage
Si tu es autiste, il y a de grandes chances qu’une grande partie de ton entourage le soit. En revanche, être autiste ne protège pas contre le déni sur l’autisme, bien au contraire. Une personne aura tendance à te dire mais attends c’est pas être autiste, ça, moi aussi je fais ça.
Une des douleurs les plus souvent exprimées dans les interviews d’étude de marché que j’ai fait avec 40 autistes jusque là c’est : je ne sais pas comment convaincre mon entourage.
Julie Dachez en parle d’ailleurs juste après :
Concernant la famille et l’entourage proche, une réaction qui revient souvent, particulièrement en ce qui concerne les femmes autistes, c’est l’incrédulité.
Elles ont tellement bien camouflé, tellement bien joué le jeu, que lorsque le diagnostic d’autisme est posé à l’âge adulte, leur entourage doute de sa validité. Certains proches comprendront mieux les particularités de la personne, grâce à cette nouvelle donnée. D’autres continueront malheureusement de penser que c’est juste une phase ou qu’il suffit de faire un effort pour être “normal”.
Tu es peut-être dans cette phase : toi-même tu doutes d’être autiste alors c’est compliqué de devoir en plus convaincre les personnes incrédules.
D’ailleurs, quiconque a déjà essayé de produire une oeuvre artistique te le dira : il ne faut jamais commencer par critiquer un premier jet.
Une oeuvre d’art a besoin de couver comme un bébé… à l’abri des critiques, le temps de se développer suffisamment pour enfin se soumettre à une critique.
Orelsan le montre à merveille dans son documentaire : pour arriver à garder 15 chansons il en fait 100.
Le doute te fait mariner
Le doute est sain quand il est productif et temporaire afin d’arriver à une conclusion. Mais quand le doute est une stagnation paralysante c’est toxique.
Et en même temps… peut-être que tu as conscience que ce serait bien d’essayer une communauté autistique et TDAH.
Mais tu as le paradoxe de la boîte de nuit :
Tu aimerais rentrer et découvrir si tu kiffes…
Mais pour rentrer, le videur veut que tu sois un·e habitué·e
Bah… comment on fait pour devenir habitué·e si on peut pas rentrer quand on l’est pas
Ici ça donne :
Tu aimerais voir comment tu te sens dans une communauté d’autistes
Mais du coup toi tu vas être une forme d’intrus·e
Sauf que… comment savoir si tu es intrus·e sans jamais avoir été puisque précisément tu veux y aller parce que tu doutes ?
Viens dans un endroit ouvert aux gens qui doutent
Y’a une chanson que j’adore. Voici quelques extraits :
J’aime les gens qui doutent, les gens qui trop écoutent leur cœur se balancer
(…)
J’aime les gens qui passent moitié dans leurs godasses et moitié à côtéJ’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons(…)
J'aime les gens qui doutent mais voudraient qu'on leur foute la paix de temps en temps
Et bah ça pourrait être l’hymne de ma communauté Skool.
J’ai créé un espace ouvert aux gens qui doutent.
Tu n’as pas besoin d’être sûr·e d’être autiste pour venir.
D’ailleurs, y’a une personne qui l’a rejointe avant-hier et qui a mis ça comme bio :
Pas certaine d’être autiste, mais je me sens moins seule depuis que j’ai découvert que mes aspects bizarres sont tout à fait banals parmi les autistes
Ça résume bien l’état d’esprit
Tu peux même venir parce que tu as un·e proche autiste et que tu souhaites mieux comprendre.
Ce que tu trouveras
Déjà, c’est le seul endroit où je te garantis une réponse. Pas forcément dans la seconde, ça peut être un mois après, mais je réponds à peu près à tout quand on me pose directement la question.
Alors que ce n’est pas moi qui gère d’Instagram de l’Atelier, que les commentaires YouTube sont fermés et que je lis un email sur 100…
Mon Skool c’est mon espace commentaires. Ça permet de créer un espace safe puisqu’un “haterz” fera rarement l’effort de se créer un compte Skool juste pour ça.
Ensuite, tu auras de quoi solidifier ton identité. C’est important car une bonne identité autistique est directement corrélé avec une meilleure estime de soi. Et si ça te fait dire que tu n’es probablement pas autiste, tu as quand même avancé. Tu rayes ça de ta liste et tu passes à l’autre chose que tu envisages.
Parce que, par contre, oui je t’affirme que la probabilité que y’ait pas d’étiquette pour toi est quasiment de 0%. Y’a des choses qui peuvent se confondre avec l’autisme : le syndrome du stress post traumatique par exemple. Mais si tu sens un décalage au point de te demander si tu es autiste, y’a quelque chose : tu n’es pas en train de l’inventer. Peut-être que tu te trompes sur le nom de ce que c’est, mais ça n’invalide pas ton ressenti.
Enfin, tu trouveras plein de ressources. Le Skool c’est l’endroit où je réunis toutes les ressources que je trouve au même endroit. Par exemple :
Une liste de psys spécialisé·es dans l’autisme et/ou le TDAH
Les réponses à des questions que tu te poses et que d’autres ont déjà posées
Des vidéos à regarder
Y’a plein de gens qui me disent : je n’ai jamais rien posté dans le Skool mais je me sens bien à y lire les témoignages et échanges.
Et, de facto, te sentir mieux dans une communauté autiste que dans une communauté alliste est en soi un bon indice que tu es autiste.
C’est gratuit
Tu ne prends donc aucun risque à part perdre un peu de temps. Bien sûr, en contrepartie tu acceptes que de temps en temps je te propose de m’acheter une formation. Mais si tu reçois cet email, a priori, c’est que tu connais déjà ma position philosophique et ma haine du contenu gratuit financé par la publicité. Je finance mon contenu en vendant des formations parce que c’est la seule voie non-toxique selon moi : la publicité est dangereuse pour la démocratie et ta santé mentale, le bénévolat est une idée qui semble noble mais qui en réalité favorise les créateurs qui ont un héritage de papa ou maman.
Viens jeter un coup d’oeil : https://www.skool.com/le-coin-des-autistes
Un dernier truc
Demain, si tout se passe bien, je vais proposer un projet qui sera en exclusivité sur ce Skool. Ce ne sera pas possible d’y accéder ailleurs. C’est pour ça qu’aujourd’hui je commence par introduire ce qu’est le Skool.
À demain.

