Des solutions à l'inertie autistique
La dernière fois je te parlais de l’inertie autistique mais on a pas eu le temps de parler de la partie solutions.
Je te préviens : y’aura pas de miracle. Mais y’a des pistes intéressantes.
On est toujours dans l’étude de 2021 de Buckle et ses collègues. À la fin iels proposent un tableau récapitulatif des solutions envisageables. Je l’ai passé à l’IA pour le traduire :
Connaître et distinguer le mécanisme
Déjà avant même de distinguer y’a le fait de comprendre que ça ne dépend pas de ta volonté. Comprendre que tu n’es pas fainéant·e.
Ensuite y’a la distinction entre l’inertie de motivation, l’inertie organisationnelle et l’inertie reliée à ta dyspraxie. Car oui, une des pistes c’est que l’inertie vient aussi du fait que la plupart des autistes sont un peu dyspraxiques même en temps normal et que ça contribue à l’inertie : quand on a du mal déjà à contrôler son corp, ça s’aggrave en inertie.
Avoir une aide extérieure
« La seule chose qui m’aide, la seule qui fonctionne, et qui fonctionne de manière constante, c’est d’avoir un·e “partenaire de déblocage” à qui envoyer un message. […] Tout ce que j’ai à faire, c’est écrire “je suis bloquée.” […] On échange par messages et on élabore une sorte de plan ensemble. » – Elizabeth.
Mais ça peut juste être une personne qui reste à côté de toi sans rien faire, juste être présente.
Parfois, ce qui m’aide, c’est d’avoir une autre personne présente, mais je ne veux pas forcément qu’elle interagisse avec moi. Juste là, à travailler à côté de moi, peut-être à faire la tâche avec moi, mais pas vraiment… juste travailler côte à côte, ça me motive, pour une raison que je n’arrive pas vraiment à expliquer. – Daniel.
Ou alors une personne qui te fait des incitations douces pour te pousser sans te braquer.
Ou encore une personne avec qui tu échanges les tâches. Par exemple, j’ai vidé la boîte aux lettres de ma voisine et elle a vidé la mienne.
« C’est beaucoup plus facile de faire quelque chose pour quelqu’un d’autre. J’arrive même à remplir des formulaires avec une autre personne, alors que les formulaires, c’est sans espoir pour moi. Donc pour quelqu’un d’autre, oui, ça me fait le faire. » – Nicky.
Accepter l’élan et/ou prévoir des temps explicites de transition
Tu acceptes que tu es une personne avec de l’inertie et tu adaptes ton rythme en fonction.
Programmer des activités contraintes par le temps
C’est, de loin, ce qui marche le mieux. Des VRAIES deadlines. Si elles sont fausses mon cerveau va me répondre mdr mais tu me prends pour un imbécile ?
Tu sais, genre, je dois préparer mes supports de la formation de vendredi, donc deadline le mercredi.
Ça n’a absolument aucune efficacité pour moi. Je vois bien que c’est absolument pas une deadline c’est juste une line. C’est pas une date-butoir. Si je les fais le jeudi matin, absolument rien ne va se passer.
S’il y a des choses que je dois faire — comme un don du sang il y a quelque temps —, je devais prendre rendez-vous, alors j’ai délibérément choisi un créneau vers 8h30 du matin pour me forcer à sortir du lit. Comme ça, j’étais obligé·e d’y aller. Et puis, le simple fait de sortir, de me forcer à prendre un petit-déjeuner et à m’y rendre, fait que je passe ensuite le reste de la journée bien mieux que si je n’avais pas quelque chose qui m’oblige à me lever relativement tôt. – William.
Attention cependant, d’autres autistes ont rapporté que le truc de la deadline fonctionnait mais au prix d’un stress énorme :
Je me suis retrouvé·e dans beaucoup de situations où je n’avais pratiquement pas le choix. Du genre : soit je termine ça avant l’échéance, soit je me retrouve à la rue. Ça me pousse à avancer, mais ça me fait aussi vivre dans un état de peur permanent. – Margaret.
D’autres ont carrément dit que ce stress annulait l’efficacité de la deadline :
Pour d’autres, comme Brian, le stress lié à l’obligation l’emportait sur l’effet incitatif, si bien qu’« une échéance n’aide pas vraiment. Au contraire, elle rend le démarrage encore plus difficile. »
Mais attention, les mauvaises solutions sont vécues comme du gaslighting
Les participant·es ont exprimé que les autres ne comprenaient souvent pas l’ampleur de leurs difficultés. Certain·es supposaient que le fait de ne pas accomplir une tâche venait d’un simple oubli et proposaient des solutions triviales comme des alarmes et des rappels.
Les gens disent : « eh bien, tu n’as qu’à faire ça, mettre un rappel, faire ceci ou cela », mais en fait ils n’ont aucune idée. Ils sont tellement loin de la réalité de mon existence. J’ai l’impression que tu me donnes le sentiment de mentir, et je finis par remettre en question ma propre vérité. Alors que je sais que c’est vrai. – Ruth.
Le replay de la conférence d’hier est disponible
Si tu as raté la conférence sur les 4 crises autistiques, le replay est disponible ici : https://nicolasgalita.podia.com/les4crises


