Coucher ensemble n'est pas une raison de se maltraiter

La sacralisation du couple n’est pas gratuite : elle nous conduit à faire des énormes dégâts collatéraux.

Le mythe du couple et du plan cul

On a intégré une binarité cheloue : d’un côté les couples, de l’autre les plans culs. Avec des règles encore plus cheloues. Si on s’attache alors on doit faire un couple ou arrêter le sexe.

Quand on s’attache ça devient “sérieux” (mot tout autant chelou).

La peur de l’engagement vient de ce choix binaire

Les sentiments d’attachement sont plutôt cool. Quand on commence à s’attacher à un collègue et qu’il devient un ami… on n’a pas peur. D’ailleurs on imaginerait pas la scène suivante :

- Je suis désolé, Bernard, on doit arrêter de se voir hors du boulot

- Ah ? Pourquoi ?

- Parce que je commence à m’attacher à toi. Or, je ne veux pas avoir d’amis dans ma sphère professionnelle.

On se dirait que c’est une réaction de psychopathe. Ou au moins un manque de maturité émotionnelle.

Alors pourquoi acceptons-nous ce genre de comportement dès que du sexe est impliqué ?

Parce que cette peur est légitime dans notre modèle de couple/plan cul. En effet… s’il n’existe rien à part les couples et les relations sexuelles instrumentales… il est normal d’avoir peur de sortir du sexe pur. Il est normal d’avoir peur des sentiments.

Cette peur nous rend dangereux

La peur est mauvaise conseillère. Et, ici, elle nous conduit aux pires comportements. Comme celui consistant à rompre toute relation avec quelqu’un, dès qu’il commence à avoir des sentiments d’attachement.

Ce comportement est d’une violence…

Il renforce le sentiment d’instrumentalisation du concept de plan cul.

Le pacte des sentiments

Parfois, les gens font même des pactes du type : on couche ensemble mais interdiction de développer des sentiments.

Comme si c’était possible de contrôler une telle chose ?

Encore une fois, notre vision binaire du monde nous empêche de comprendre qu’il peut exister des liens d’attachement sans nécessairement imposer l’existence d’un couple.

Tu peux développer une amitié sexuelle avec quelqu’un, sans pour autant avoir envie de t’engager avec.

Mieux encore, tu peux coucher avec quelqu’un sans le maltraiter émotionnellement

C’est l’effet secondaire le plus terrible du mythe couple/plan cul. Par peur de l’attachement on s’interdit de faire preuve de tendresse, de soutien, de solidarité avec les personnes avec qui on couche.

Dommage, non ?

Pourquoi ne pas traiter les personnes avec qui on couche aussi bien que l’on traite ses amis et ses amies ? Ni plus, ni moins.

Après tout… la personne n’a rien fait de grave si ce n’est d’accepter de partager du sexe avec nous.

Alors pourquoi la punir en lui accordant moins de considération qu’on en donne à ses potes ? Pourquoi la déshumaniser ? Pourquoi fuir parce que l’autre s’attache plutôt que d’avoir une conversation franche ?

Une conversation du type : je ne veux toujours pas faire un couple, même si on s’attache. Est-ce que cela te convient ? Tout simplement.

Développe un réseau affectif

Sortir de ce modèle couple/plan cul te permettra de développer un réseau affectif. C’est-à-dire des partenaires que tu as traité avec respect et vice-versa. Ce qui vous permettra de maintenir des liens bienveillants, même quand vos situations auront évoluées.

Des liens particuliers, puisque vous avez partagé quelque chose de particulier.

Accessoirement, ça permet de ne pas mettre tous ses oeufs affectifs dans le même panier (le couple).

Où ai-je volé ça ?

Cette notion de réseau affectif me vient du podcast Le coeur sur la table, deuxième épisode :