Le 05 août 2026, je me réveille déjà épuisé. Le premier mot qui m’est venu c’est déjà mort. Comme dans mort de fatigue. Mais aussi comme mort tout court.
La sensation est beaucoup trop dure à décrire mais c’est un peu comme être dans une énorme gueule de bois qui ne passe pas.
J’apprendrais quelques jours plus tard que ça s’appelle la dysphorie. Mais pour l’instant on va dire la dépression.
Mon cycle dépressif
C’est un état que je connais bien puisque j’ai passé une grande partie de ma vie à faire des dépressions tous les 4 à 6 mois. Décembre / Juillet-Août et parfois Avril.
La dernière fois c’était à l’été 2024. C’est aussi l’été où j’ai découvert que j’étais autiste. Je l’ai découvert en lisant deux livres : Unmasked et Unmasking autism. Et dans Unmasked j’ai été particulièrement frappé par ce passage :
La Dr Belcher a raconté qu'avec le temps, à mesure qu'elle suivait une thérapie et renouait avec son moi autiste, les crises de santé mentale qu'elle avait connues tout au long de sa vie étaient devenues de moins en moins fréquentes. Comme moi, elle avait auparavant traversé une phase de burnout et de mauvaise santé mentale tous les six mois, réglée comme une horloge – mais aujourd'hui, elle n'atteint ce point que tous les deux ou trois ans, au maximum.
Tu as déjà vu ce passage si tu me suis depuis un moment. J’en parle beaucoup comme du moment de ma révélation : c’était la première fois que je voyais quelqu’un parlais de “dépression” qui aurait un cycle précis. Surtout que c’était le même cycle que moi : six mois.
Sauf que, jusqu’ici, je ne savais pas à quel point j’allais vraiment suivre la même trajectoire. Je dirais même plus : je me suis totalement persuadé que ça serait fini pour de bon.
Bon bah… non, deux ans après, je suis de nouveau cloué dans mon lit. Exactement la même trajectoire.
C’est venu d’un coup, lentement
Le pire c’est que c’est venu brutalement ET progressivement.
Commençons par la partie brutale : mon état s’est effondré vraiment du jour au lendemain. Le 04 août j’étais capable de sortir, marcher, faire des choses. Le 05 août c’était fini.
Manque de pot, j’étais pile en train de commencer un grand vide grenier chez moi et ça m’a percuté au moment où y’avait toutes les affaires étalées partout dans l’appartement, en attente d’être jetées ou rangées.
Non seulement j’étais désormais dans un état où même sortir du lit pour aller aux toilettes était compliqué mais en plus je me cognais sur le bordel en le faisant.
Mais la dégradation a AUSSI été progressive. Je sens que ma santé mentale se dégrade depuis au moins juin. En tout cas je m’interroge, je disais autour de moi que je ne savais pas si j’étais pas en burnout.
Et surtout, y’a eu un point de bascule début juillet où c’est devenu absolument certain qu’il y avait un problème. Je te raconterai.
Si on récapitule avec une unité fictive de “bien-être” ça donnerait un truc comme ça :
Avril - Mai (90%) : je sens que je suis souvent à 90%, ça peut être la fatigue, mais ça peut aussi être le début d’un burnout
Juin (75%) : je sens que parfois j’ai envie de pleurer sans raison, mais c’est encore très léger. Au point que je me demande si je vais mal. Ça n’est pas une certitude à ce moment
Juillet (40%) : un événement me fait totalement basculer, j’atteins le 0% très brièvement mais c’est un signal d’alarme limpide. Cette fois ci, je ne doute plus.
05 août (0%) : c’est de ça dont je te parlais. Je passe en un seul jour de 40 à 0. Pendant environ 5 jours (j’ai l’impression que ça duré 3 semaines).
Puis, à partir de la deuxième semaine d’août, j’ai commencé à remonter la pente.
Je dirais que je suis aux alentours de 80% au moment où j’écris. D’ailleurs, j’ai énormément appréhendé l’écriture de ce mail. Je ne savais pas si j’en étais capable. Ça m’a angoissé toute la journée. Je me suis même demandé si je ne devais pas simplement arrêter d’écrire, pour une durée indéterminée. Puis je me suis dit que je devais peut être rajouter une semaine de best of.
Mais en réalité… même si je suis un peu rouillé, j’ai adoré écrire à nouveau. Et surtout, je peux écouter l’angoisse en comprenant que c’est aussi un signal de reprendre doucement et donc de pas tout de suite me relancer dans des emails de 1800 mots.
D’ailleurs, si un jour je sens que ça va pas… bah je sauterai un jour. Je crois qu’après bientôt 7 ans à publier tous les jours, c’est pas très grave.
