[Débrief] Célibataire ou sans amis ?

Hier je vous ai proposé un dilemme du génie maléfique. Voilà ce que ça disait :

Voici donc un génie du mal qui apparaît devant toi. Il te propose un dilemme avec uniquement des voies perdantes.

Le voici : soit tu choisis de renoncer pour toujours à avoir des ami·e·s, soit tu choisis de renoncer pour toujours à être en couple.

Si tu choisis la première solution, les personnes qui sont tes amies aujourd'hui oublient instantanément ton existence. Tu ne peux pas en avoir d’autres. C’est une vie sans amitiés.

Si tu choisis la seconde solution, et que tu es en couple, la personne qui est en couple avec toi te quittes. Elle ne t'oublie pas, vos relations sont cordiales et si vous avez des enfants vous trouvez une solution amiable, mais vous n'êtes plus en couple. Tu ne pourras plus jamais être en couple. Célibataire à vie.

Si tu choisis la seconde solution et que tu n’es pas en couple, tu ne le seras jamais plus. Tu seras donc célibataire à vie.

Tu choisis quoi ?

89% d’entre vous choisissez vos amis

J’ai volé ce dilemme à un auteur que je vais te présenter plus bas. Mais avant… petit retour sur vos réponses.

On est sur une quasi unanimité. 89% ont choisi leurs amis.

Mais surtout, 82% l’ont dit sans signe d’hésitation.

Je suis célibataire et je choisis 1000 fois de le rester mais d'avoir des ami.es !! Rester avec une seule personne que tu aimes ou plein que tu aimes aussi, le choix est vite fait. Sans compter qu'on peut aussi avoir des amitiés sexuelles, donc finalement, c'est la belle vie :)

Je choisis aussi les amis, plutôt que mon couple.

Je crois que je deviendrai folle avec juste mon amoureux dans ma vie. Je suis dépendante de la variété de mes amis. Et la perpective d'aller boire un verre avec juste mon amoureux toute ma vie est tellement triste...

Au point même de ne pas voir de dilemme :

La deuxième c'est quasi un no brainer...

Sans hésiter la seconde solution. Le couple est un enfermement plus qu’un épanouissement, dont on n’arrive pas à se sortir quand on est déçu...

(…) Peut être que je pense comme ça car pour moi la réponse est évidente : je ne pense pas que mon bonheur repose sur une seule personne et je préfère m’épanouir avec mes amis quitte à papillonner pour le restant de mes jours (ce qui est loin d’être désagréable).

Certaines personnes sont même enthousiastes :

Je choisis la 2 !!!

Je suis célibataire depuis la naissance du Christ, je peux continuer longtemps hahahahahahah

#CélibataireVie

11% choisissent le couple

Et encore… sur les 3 j’ai compté cette réponse comme étant en faveur du couple :

Horrible ta question ! 

réponses :

à 30 ans je chois les amis

et maintenant à 55 ans je choisis Mon Couple !!

Ainsi que celle-ci :

Aujourd'hui je choisirai la 1, y a 10 ans sans doute la 2

Je trouve qu'on peut facilement prédire les réponses quand même :

Ceux qui sont en couple et ont des amis qu'ils peuvent voir régulièrement choisissent plutôt la 2, idem pour ceux qui sont pas en couple, y pas vraiment de choix.. 

Ceux qui sont en couple qui voient peu ou moins d'amis choisissent le couple 

L'important c'est de pas être tout seul finalement

Une seule était vraiment tranchée :

Je choisis sans amis. J'adore mes amis mais si je devais choisir je choisirai mon couple, c'est une relation qui transcende toutes mes amitiés

Nous n’avons pas conscience de cette écrasante majorité

Quand on nous pose la question, on peut le projeter. Mais avant qu’on me la pose, je ne le conscientisais pas.

D’ailleurs, parmi vous, vous avez été pas mal à dire “je pense que ça dépend”. Alors que manifestement ça ne dépend pas tant que ça.

De quoi ça dépendrait ? J’ai eu comme hypothèse “si j’avais trouvé la bonne personne peut-être que je dirais pas ça”.

Alors que plusieurs personnes ont bien affirmé qu’elles adoraient leur couple mais qu’elles y renonceraient.

J’ai eu comme hypothèse “si j’avais eu des enfants j’aurais peut-être pas dit ça”… il semblerait que ça ne joue pas non plus. Quelqu’un m’a même fait un commentaire très juste :

La seconde, le génie c'est le père de mes 4 enfants qui fait sa crise de la 40aine :) pas le choix mais je dois avouer que j'aurai choisi la 2ème tout de même.

Elle a raison, ce scénario est courant : l’un des parents fait une crise de la quarantaine.

2 bulletins blancs et nuls

C’est la partie où je rage parce que je comprends pas pourquoi jouer si tu veux pas jouer. Tu peux sauter cette partie et aller à la suivante.

Dans la catégorie hein-mais-quoi-mais-pourquoi-tu-joues-si-taimes-pas-le-jeu j’ai eu un bulletin blanc :

Génie sans génie... A tes questions, je n'y réponds pas !

Ainsi qu’un bulletin nul :

Dans ce cas, je dis m... au génie et je me fiche des conséquences.

Je supporte mal les ultimatums quels qu'ils soient, à moins qu'ils ne soient motivés par une nécessité supérieure. Or, le bon vouloir d'un génie aigri ne fait pas partie des choses que j'accepte.

Je dois reconnaître que ça me laisse toujours pantois. J’ai l’impression de voir ces gens qui viennent en Guadeloupe et me disent toutes les 15 minutes “j’ai chaud !”.

Je me retiens de répondre : Bah oui t’as chaud : c’est la GUADELOUPE.

Pareil pour les gens qui vont au cinéma mais ne regardent pas le film tout en faisant du bruit. Je me retiens de crier : mais pourquoi vous venez au cinéma ?

Mais surtout… dans les élections… les gens qui votent blanc. Pourquoi faites-vous ça ? Quels sont vos réseaux ? Vous vous levez un dimanche, vous sortez de chez vous, vous vous dites là j’ai un super projet, je vais aller voter pour dire que je veux pas voter ?

Pour avoir eu l’occasion de parler avec certains, c’est souvent à cause d’une sacralisation de l’acte de voter. Comme si c’était une religion laïque. Mais ici… pourquoi ?

Au passage… j’ai remarqué que souvent, y’a une démarche de jeu de mot. Je dois reconnaître que c’est un angle de mort de mon humour. On me le reproche souvent : je suis insensible aux jeux de mot. Alors peut-être que ces réponses sont des blagues et c’est moi qui passe à côté ?

Le post Facebook d’où m’est venue l’idée

Cette question, je l’ai prise dans un post Facebook de Mark Manson. Voici ce que ça disait :

Imagine ceci : tu es célibataire. Pour toujours. Fin.

Maintenant imagine ceci : tu n'as pas d'amis. Pour toujours. Fin.

Beaucoup d'entre nous confondent notre besoin d'amitiés fortes avec un besoin d'amour romantique. C'est une manière malsaine de considérer la vie. Rester célibataire pour toujours peut donner l'impression d'être une catastrophe mais ce n'est pas la fin du monde.

Tu pourrais toujours avoir une putain de vie qui déchire. Plein de gens sont dans ce cas. Plein de gens choisissent de rester célibataires pour la majorité de leur vie et n'ont pas l'impression de rater quelque chose. Nous avons tous et toutes été célibataires avant. Et, beaucoup d'entre nous qui sont actuellement en couple seront un jour célibataires à nouveaux.

Alors que sans amis pour le reste de ta vie ? Disons simplement que c'est souvent un ingrédient pour un suicide. Tu peux être heureux ou heureuse sans partenaire amoureux. Tu ne peux pas être heureux sans amis. Fais passer tes amitiés en priorité.

Je ne sais pas quoi rajouter.

On a besoin d'amour. On ne peut pas vivre sans. Car l'amour est le liant qui permet de tenir l'animal social que nous sommes.

J'ai un ami qui dit "je sais pas si je crois en Dieu comme un grand barbu, mais si je me dis que Dieu est l'amour, ce lien étrange qui fait que toi et moi on se protège sans raison rationnelle… alors oui, j'y crois".

Le français utilise un seul mot pour parler de tous les amours : l'amour pour sa famille, pour ses amis, pour son animal, pour un partenaire amoureux. À l'inverse du Grec Ancien qui avait plusieurs mots.

Ce choix a des défauts : c'est dur de conceptualiser quand on n'a pas les mots. Mais il devrait avoir un avantage : reconnaître que tous ces amours sont de l'amour.

Pourtant… on a tendance à réduire le mot "amour" à "amour romantique"… avec tous les dégâts que ça engendre.

L’amour que tu as pour tes ami·e·s n’est pas un sous-amour. Être célibataire est tout sauf une tare. Pour beaucoup de personnes c’est même un choix émancipateur.

Je ne te dis pas que le couple est une tare : ce serait tomber dans le problème inverse. Mais je nous invite à prendre du recul sur ce modèle qui nous est vendu. Le couple comme étant l’alpha et l’oméga d’une vie.

D’ailleurs, on peut se demander comment cette idée circule puisque, individuellement, il y a un grand consensus dans l’autre sens. C’est pour ça que je voulais, par cette question, qu’on puisse briser le silence et constater ensemble l’ampleur de ce consensus.

Peut-être que tu seras célibataire pour la plus grande partie de ta vie : et c’est ok. Sans couple, ne veut pas dire sans amour. Parce que l’amitié est un amour.